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En 2026, les titres pharmaceutiques se sont redressés, les inquiétudes liées à la politique américaine s’étant atténuées et les valorisations ayant bien résisté à la hausse des taux d’intérêt
L’accélération de l’adoption de l’IA et l’innovation demeurent de solides moteurs de croissance ; les traitements contre l’obésité, les immunothérapies et les nouveaux médicaments contre le cancer mènent le mouvement
Les entreprises biotechnologiques bénéficient de conditions de financement plus favorables et d’une activité de fusions-acquisitions en hausse, tandis que les technologies médicales et les outils pour les sciences de la vie profitent d’une reprise cyclique
Nous conservons notre surpondération des actions mondiales et notre préférence pour le secteur de la santé, soutenu par des bénéfices résilients et en accélération, et par des tendances structurellement favorables en matière de demande à long terme.
Après une période difficile, les actions pharmaceutiques ont progressé depuis le début de l’année, sur fond d’atténuation des vents contraires liés à la politique américaine, d’innovation dans le développement de médicaments et d’adoption croissante de l’intelligence artificielle. Vu les tendances structurelles et tactiques favorables, le secteur de la santé au sens large demeure l’un de nos préférés.
Depuis 2022, le secteur de la santé a connu une longue période de sous-performance, due à une incertitude politique croissante aux États-Unis, son marché le plus important et le plus rentable. Les prix et les remboursements ont subi des pressions, et les droits de douane à l’importation ont été rehaussés. Un décret présidentiel visant à aligner les prix des médicaments américains sur ceux, plus bas, pratiqués dans d’autres pays développés, s’est accompagné de réformes du remboursement des médicaments et de menaces de tarifs sectoriels élevés.
Dans le même temps, les grands groupes pharmaceutiques font face à une menace pour leurs bénéfices, à l’approche de la plus importante vague d’expiration de brevets depuis des décennies. D’ici à 2035, des médicaments de marque représentant USD 300-400 milliards de chiffre d’affaires verront leur protection par brevet expirer et seront exposés à la concurrence de génériques moins chers.
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Ainsi, pendant la majeure partie de 2025, les actions pharmaceutiques américaines et européennes ont sous-performé leurs marchés boursiers nationaux respectifs, et le sentiment des investisseurs à leur égard est devenu très négatif. Le secteur de la santé demeure une composante majeure des indices boursiers des marchés développés, malgré un recul récent de sa pondération. En Suisse, il reste ainsi le secteur le plus important de l’indice SMI, avec une pondération de près de 40%. Son poids dans le S&P 500 est d’environ 10% et celui dans le MSCI Europe de 6%.
Les vents contraires politiques se sont atténués
L’incertitude liée à la politique américaine s’est considérablement résorbée, permettant aux valorisations des entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques de regagner du terrain. Les grands groupes pharmaceutiques ont promis d’investir davantage dans la production sur sol américain et la plupart ont désormais conclu avec les États-Unis des accords sur les prix des médicaments plus favorables que prévu initialement. Certains signes indiquent que les entreprises de technologies médicales suivent une chemin similaire, avec leurs propres accords et promesses d’investissement.
Les grands groupes pharmaceutiques ont promis d’investir davantage dans la production sur sol américain et la plupart ont désormais conclu avec les États-Unis des accords sur les prix des médicaments plus favorables que prévu initialement
Pour autant, cela ne signifie pas que la pression politique a disparu. La réduction de près de USD 1’000 milliards des dépenses précédemment prévues pour le programme Medicaid aux États-Unis, et les coupes budgétaires supplémentaires de l’ordre de USD 500 milliards au programme Medicare, sont significatives et pourraient à terme réduire la couverture santé et la demande de médicaments dans le pays. Même si l’enquête sur le secteur pharmaceutique en vertu de la Section 232 de la loi commerciale américaine est terminée, la menace de nouveaux droits de douane ou de perturbations supplémentaires des chaînes d’approvisionnement continue de planer sur le secteur des dispositifs et équipements médicaux.
Cela étant, la menace législative émanant de l’administration Trump a, dans l’ensemble, été moins importante que prévu. La pression exercée sur les prix des médicaments aux États-Unis n’est pas non plus un phénomène nouveau. Les responsables politiques tentent de contenir les prix américains depuis des décennies, et les entreprises pharmaceutiques intègrent de plus en plus cet aspect dans leur planification stratégique. Il en va de même pour l’érosion des revenus due à l’expiration des brevets, un phénomène modélisé tant par les entreprises pharmaceutiques que par leurs investisseurs.
Innovation dans les portefeuilles de médicaments
Mais avant tout, la pression exercée par les futures expirations de brevets agit désormais comme un puissant moteur d’innovation, les entreprises pharmaceutiques cherchant à renouveler leurs portefeuilles de produits et leurs sources de revenus.
La pression exercée par les futures expirations de brevets agit désormais comme un puissant moteur d’innovation
Le principal moteur de croissance réside dans les médicaments contre l’obésité. Les traitements GLP-1, initialement conçus pour soigner le diabète, se sont rapidement développés dans le domaine de l’obésité. La prévalence de ces deux affections est en hausse, et les estimations du consensus prévoient que le marché mondial des médicaments GLP-1 devrait passer d’un peu moins de USD 97 milliards en 2026 à près de USD 148 milliards d’ici 2030. De nouvelles formulations et des traitements par voie orale contribuent à élargir la population de patients concernés.
Les laboratoires pharmaceutiques réalisent également des avancées dans d’autres maladies, notamment grâce aux médicaments stimulant le système immunitaire, tels que le nouveau vaccin personnalisé à ARNm contre le mélanome, dont le lancement est prévu en 2027. Les immunothérapies sont désormais utilisées à des stades plus précoces du traitement du cancer, tandis qu’une nouvelle génération de médicaments ciblés et d’associations thérapeutiques affiche des résultats encourageants. Par ailleurs, alors que le brevet du principal médicament contre la sclérose en plaques arrive à expiration, son créateur se prépare à lancer un nouveau traitement couvrant un large spectre de la maladie.
Le principal moteur de croissance réside dans les médicaments contre l’obésité
Les perspectives pour les autres entreprises du secteur de la santé paraissent également plus positives. Les investissements conséquents des grands laboratoires pharmaceutiques dans la recherche et le développement (R&D) apportent un soutien aux entreprises qui fournissent des outils pour les sciences de la vie, ainsi qu’aux sociétés auxquelles les laboratoires pharmaceutiques confient leurs activités de recherche et de production.
Rebond des titres biotechnologiques
Les entreprises biotechnologiques bénéficient également de la quête de nouveaux médicaments menée par les grands groupes pharmaceutiques, celles qui présentent des traitements prometteurs se transformant en cibles d’acquisition. L’activité de fusions-acquisitions s’est accélérée depuis 2025, une tendance qui nous semble appelée à se poursuivre. Pour l’heure, le secteur voit surtout des acquisitions ciblées de candidats-médicaments plutôt que des méga-fusions, dont l’intérêt pour les investisseurs serait plus incertain.
À terme, l’amélioration des conditions de financement des biotechnologies et la relocalisation d’une partie de la production pharmaceutique aux États-Unis devraient également soutenir la demande d’équipements pour les sciences de la vie. Les entreprises de technologies médicales font toujours face à un environnement difficile en Chine, lié aux réformes du coût des soins, aux mesures anticorruption et à la baisse des dépenses hospitalières, même si nombre de leurs valorisations reflètent déjà ces défis.
L’expiration des brevets s’étendant désormais aux traitements biologiques complexes, de nouvelles opportunités s’ouvrent pour les fabricants de médicaments génériques. Le marché mondial des « biosimilaires » représentait quelque USD 40 milliards en 2025 et devrait, selon les projections du secteur, afficher un taux de croissance annuel composé d’environ 18% au cours de la prochaine décennie.
Bénéfices de l’adoption de l’IA
Les entreprises du secteur de la santé devraient également réaliser de nouveaux gains d’efficacité grâce à l’IA. L’IA est déjà intégrée aux services de santé, où elle a permis d’alléger la charge administrative. Pour les cliniciens, les outils d’IA sont principalement utilisés en radiologie et en imagerie, avec des applications qui s’étendent à la cardiologie et à la neurologie. Les entreprises pharmaceutiques l’utilisent pour identifier de nouveaux candidats-médicaments et améliorer l’efficacité des essais cliniques. Dans les années à venir, les entreprises pharmaceutiques s’attendent à ce que l’IA prenne en charge 10 à 30% des travaux précliniques, ce qui pourrait réduire de 16% les coûts de développement des médicaments et raccourcir leur délai de mise sur le marché, selon Bloomberg Research. Les entreprises chinoises, en particulier, adoptent l’IA à un rythme soutenu.
Compte tenu de tous ces vents favorables, nous prévoyons que la croissance des bénéfices s’accélérera dans l’ensemble du secteur de la santé pour atteindre 18% en 2027, soit la croissance la plus forte après celle des technologies de l’information. Cette croissance est alimentée par plusieurs éléments non récurrents, mais aussi par la progression des profits des grands groupes pharmaceutiques, qui représentent plus de la moitié des bénéfices du secteur, et par le redressement de la rentabilité des organismes de soins gérés. La croissance sous-jacente des bénéfices est plus lente, mais avoisine tout de même les 10%.
Le rebond des bénéfices conforte notre préférence actuelle pour le secteur de la santé
Au deuxième trimestre, les grands groupes pharmaceutiques américains et européens ont affiché une croissance sous-jacente de leurs bénéfices supérieure aux attentes, atteignant presque 10%. Pour le troisième trimestre, nous la voyons s’établir à 5 ou 6%. Les bénéfices reflètent également une demande accrue liée aux tendances de plus long terme, telles que le vieillissement de la population, l’expansion de la classe moyenne, la sédentarité croissante et la médecine préventive.
À plus brève échéance, le rebond des bénéfices conforte notre préférence actuelle pour le secteur de la santé. Les valorisations des grands groupes pharmaceutiques américains sont désormais conformes à leurs moyennes historiques, sans paraître excessives au regard de leurs perspectives de croissance. Dans d’autres sous-segments du secteur de la santé, les multiples sont plus bas. Les valeurs du secteur de la santé offrent aux investisseurs en actions une source de diversification par rapport aux indices fortement pondérés en valeurs technologiques, ainsi qu’une autre façon de tirer parti des promesses de l’IA.
Dans les prochains mois, les valorisations devraient selon nous bénéficier d’une modération des rendements mondiaux, à mesure que les investisseurs reverront à la baisse leurs anticipations de resserrement monétaire. Nous prévoyons également que les élections de mi-mandat américaines aboutiront à un gouvernement divisé, ce qui devrait entraîner un blocage législatif et limiter la marge de manœuvre pour des réformes politiques radicales.
Le présent document de marketing a été préparé par Banque Lombard Odier & Cie SA (ci-après « Lombard Odier »).
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