notre histoire.

les sept innovations.

Création de Lombard Odier : choix délibéré ou nécessité ?

chapitre 1.

Depuis le Moyen Age, Genève bénéficie de l’atout que lui offre sa position géographique, idéalement située pour le commerce à travers les Alpes. Les importantes foires commerciales attirent des banquiers et commerçants de toute l’Europe. Pour cette raison, au XVe siècle, la fameuse Banque des Médicis ouvre, après Florence et Avignon, une succursale à Genève. Entourée par la Savoie, la France, l’Autriche et la Suisse, la cité lémanique, république indépendante depuis 1535, joue habilement de ses pouvoirs et gagne ainsi une renommée internationale grâce aux foires commerciales, aussi réputées, à cette époque, que celles de Lyon ou de Bruges.

Quand Genève se convertit aux principes de Jean Calvin et devient protestante en 1536, un flux de protestants s’y installe, fuyant les persécutions religieuses dont ils font l’objet. Italiens (dont la famille Lombard), néerlandais et anglais ; ce sont des commerçants et artisans qualifiés qui s’intègrent rapidement à la vie genevoise.  Après la révocation de l’Edit de Nantes  en 1685, une immense vague de réfugiés s’établit à Genève. On dénombre alors quatre mille Huguenots français (dont la famille Odier de Valence).

C’est au cours du XVIIIe siècle que ces Huguenots deviennent la première génération de banquiers genevois. En effet, en ce temps-là, la soif de conquête et de gloire de Louis XIV ruine l’Etat français. Ironie suprême de l’histoire ! Le Roi Soleil, à court de moyens pour remplir les caisses de l’Etat, se tourne vers ces mêmes Huguenots, qu’il avait persécutés sans pitié pour payer ses armées en Italie et dans le Sud de l’Allemagne.  Ces accords permettent la montée en puissance de banquiers tels les Mallet, Lullins et Gallatins – bâtisseurs des magnifiques hôtels particuliers qui dessinent la ville de Genève. Cependant, moins de cent ans plus tard, la Révolution française de 1789 marquera la fin brutale de cette période florissante. Avec tout leur patrimoine investi en prêts à la Monarchie et à l’aristocratie française, les puissants banquiers sont ruinés. Par ailleurs, la Révolution  n’arrête pas là sa course folle, elle met fin aux exportations traditionnelles -  notamment de la soie, des produits de luxe et du coton imprimé - et les potentiels acquéreurs sont décédés, emprisonnés ou exilés.

C’est dans ce contexte difficile , avec la première génération de banquiers en faillite et le commerce traditionnel souffrant d’une crise sans précédent, qu’en 1796, Henri Hentsch crée la banque Hentsch & Cie. Il est rejoint 2 ans plus tard par Jean Gédéon Lombard. La banque est alors renommée Henri Hentsch & Lombard. Est-ce le fruit d’un choix délibéré ou une nécessité pour trouver de nouvelles opportunités d’affaires ?

Choix ou nécessité ? Nous ne le saurons jamais. Ce que nous savons, est que nos fondateurs ont en commun un sens inné du négoce, une habilité à gérer de l’argent et une foi profonde qui prend racine dans la culture protestante. Ils partagent les valeurs fondamentales de travail acharné, de curiosité et d’ouverture d’esprit. En constituant une banque indépendante, dont les revenus proviennent exclusivement des commissions de la clientèle, ils créent l’une des premières innovations de notre longue histoire.

Lombard Odier sous Napoléon

chapitre 2.

Le 15 avril 1798, Genève signe le Traité de Réunion avec la France. En devenant Préfecture du Département du Léman et cernée par les douanes françaises, la ville n’a alors plus aucun accès au commerce avec l’étranger. Jean Gédéon Lombard, un des pères fondateurs de Lombard Odier, est pourtant parmi les onze notables genevois signataires du Traité de Réunion. Quelle fut la motivation de cette prise de position politique ?

L’annexion à la France se fait assez docilement, malgré quelques protestations. Si certains se retirent à la campagne, la majorité rejoint l’administration française ou s’enrôle dans l’armée impériale. Jean Gédéon Lombard se mobilise, non seulement pour laisser Genève administrer ses propres biens - estimés à 4,4 millions de Florins -  en les incorporant à la Société Economique, mais encore, pour exempter les jeunes hommes du service militaire. Tous les espoirs reposent sur une reprise économique grâce à l’ouverture du marché français.

L’appartenance à la France a un impact sur le business model de notre banque. Henri Hentsch, issu du monde du commerce, élabore de grands projets avec le nouveau gouvernement, alors que Jean Gédéon Lombard est beaucoup plus prudent. Deux ans après la création de la banque, les associés se séparent sur des conceptions divergentes du travail. Jean Gédéon Lombard souhaite que les revenus proviennent exclusivement des commissions de la clientèle, tandis que Henri Hentsch veut s’appuyer sur le bilan de la banque pour réaliser des opérations pour son propre compte.

Alors que la campagne italienne bat son plein, la Banque Hentsch, désormais indépendante, devient un agent financier de Bonaparte. Elle gère la trésorerie, organise les envois de fonds de la Grande Armée et s’aventure dans la souscription, la distribution et la détention de titres publics français. Entre temps, Jean Gédéon Lombard rejoint son beau-frère, Jean-Jacques Lullin, en 1800 Ils fondent Lombard, Lullin &Cie, société qui  se centre sur les lettres d’escompte et de change pour les voyageurs et les entreprises locales genevoises.

Malheureusement, l’occupation française n’apporte pas l’essor économique attendu. Genève subit la limitation des importations et l’industrie textile s’expose durement à la concurrence de Lyon et Mulhouse. Les exportations sont soumises à de nombreuses restrictions. Les marchés internationaux, comme l’Angleterre et la Russie, bloqués par l’embargo français, sont devenus inaccessibles pour les produits de luxe tels l’horlogerie. Au lieu de se redresser, l’économie décline, les magasins ferment les uns après les autres et les Genevois se retrouvent sans emploi.

Au siècle précédent, les banquiers genevois connaissent gloire et fortune grâce aux guerres incessantes de Louis XIV et ses dépenses insensées (Versailles). Ces occasions ne se présentent pas sous Napoléon. Contrairement à l’Angleterre qui s’était endettée auprès de la  Banque d’Angleterre, la France finance ses guerres par des levées d’impôts. Les opportunités financières se font rares. Henri Hentsch se voit contraint de s’installer à Paris, où il s’associe à une nouvelle banque nommée Hentsch, Blanc &Cie en 1812. Pendant la restauration de la monarchie française, elle acquiert une renommée importante dans le milieu de la Haute Banque.
A Genève,  Lombard, Lullin & Cie souffre de la conjoncture. En 1801, la faillite de Corsange à Lyon ruine Jean-Jacques Lullin et coûte à Jean Gédéon Lombard la somme considérable de 30'000 Livres. Pourtant, la banque reste dans les affaires malgré une rentabilité restreinte.

Nonobstant les années de déclin et une situation économique complexe, les pères fondateurs de Lombard Odier tiennent le cap fermement et se concentrent sur la construction d’une entreprise durable. Les premiers jalons sont posés pour assurer un développement impressionnant à partir de 1815.Expansion qui instituera Genève comme un carrefour de la place  financière, liant désormais son propre marché aux marchés parisien et étranger.

Banque d’investissement francophone

chapitre 3.

Alors que le Traité de Vienne, en 1815, redessine les frontières de l’Europe, Genève se remet tout doucement de la « période française ». Politiquement, la Cité est incorporée à la Fédération Suisse et sa neutralité est reconnue. Economiquement, les vingt années qui suivent les guerres napoléoniennes ne sont pas propices aux opportunités d’affaires. L'industrie du coton, exposée à la concurrence sévère des usines textiles anglaises, connait de grave difficultés. L'industrie de l’horlogerie fait un peu mieux : associant avec succès montres et bijoux, elle récupère et reconquiert les marchés d'exportation perdus depuis l'époque napoléonienne.

En France, la restauration du roi bourbon Louis XVIII apporte une stabilité nouvelle au pays. Pourtant, les réformes napoléoniennes de grande envergure telles que la structure départementale, le régime fiscal, les écoles supérieures, la Banque de France ou le Code Civil sont maintenues et garantissent l’ordre national. Avec l’aide bienveillante du Souverain, l’économie prend finalement son envol.

Les Hentsch et les Odier, solidement établis à Paris depuis l'Empire, saisissent l'occasion de financer, dans le Nord, les premiers canaux et les lignes de chemin de fer reliant les gisements de charbon et la production d'acier aux centres industriels traditionnels à Paris et à Lyon. Ils s’associent également à une nouvelle génération de banquiers d’affaires, qui forment la Haute Banque à Paris. Ils assument non seulement des postes de direction au sein de la Banque de France, mais sont aussi pionniers dans la création de banques de crédit mobilier finançant des projets de développement industriel. Une branche de la famille Hentsch devient cofondatrice de BNP Paribas, de la Banque Indosuez, de la Société Générale et de plusieurs caisses d’épargne.

Alors que la branche française de la Banque prospère à Paris et dirige les plus grandes innovations financières, l’association de Jean Eloi Lombard avec Charles Odier, à Genève en 1830, transforme le modèle d’affaires plus traditionnel de notre Banque. Charles Odier apporte non seulement une contribution de 80'000 Livres, mais également son important réseau de connaissance français. Lombard Odier , fort de son expérience française, participe activement à la révolution industrielle en investissant particulièrement en France et en Romandie.

En quelques années, Lombard Odier se place comme la banque d’affaires la plus entreprenante et sa réputation dépasse rapidement les frontières. En 1850, elle participe à la création de la Bourse de Genève et à la société d’assurance La Genevoise . Elle forme un syndicat distribuant actions et obligations à l’étranger. A la fin du XIXe siècle, elle souscrit la plupart des titres de créance américains placés en Europe.

Pourtant, notre Banque reste profondément conservatrice, pourvue de fonds propres et gérée rigoureusement au niveau des risques. Lorsqu’en 1857 et en 1889, la branche française fait face à des pertes importantes et fait faillite, la branche suisse, solide et solvable, met en place un système de « check and balance » entre associés, consistant à séparer les pouvoirs afin de limiter l’arbitraire et d’empêcher les abus.

Une fois de plus, les pères fondateurs de Lombard Odier ont su s’adapter à un nouvel environnement économique et repenser leur modèle d’affaires. Le résultat en est une banque d'affaires genevoise dynamique, qui a largement contribué au développement de notre société Que cela ait été possible sans devoir assumer un risque excessif est encore plus remarquable.

A Trans-Atlantic Merchant Bank: discovering the beauty of diversified returns

chapitre 4.

De 1790 à 1915, les Etats-Unis enregistrent la plus extraordinaire croissance que les marchés émergents n’aient jamais vue ! En seulement 125 ans, une société essentiellement agricole, recensant quatre millions de personnes, se transforme en un géant industriel bénéficiant du plus grand produit intérieur brut IB au monde et comptant cent millions de citoyens. De plus, elle se place en pionnière du développement en ingénierie et en télécommunication, ainsi qu’en production d’acier, de pétrole et d’énergie électrique.

Ce formidable essor a été financé par un marché jeune et dynamique soutenu par un système fiscal moderne. Sans être entravées par une législation pénible, en matière de responsabilité, comme c’était le cas au Royaume-Uni, les sociétés anonymes peuvent être librement établies et les échanges facilités dans presque tous les états. Cela explique pourquoi la Bourse de New York voit le jour en 1792. Ce marché émergent représente une opportunité d'investissement extrêmement intéressante au cours du XIXe siècle et permet aux investisseurs étrangers de diversifier leur portefeuille, qui consiste principalement en dettes souveraines européennes et en diverses actions dans les canaux, chemins de fer ou mines. Ce n’est donc guère surprenant que notre banque ait saisi l’occasion qui se présente à elle en Amérique entre la guerre d’indépendance et la première guerre mondiale.

Avec l'arrivée de Charles Odier en 1830, notre banque devient une banque d'affaires classique avec une tendance francophile. Pourtant, c’est Charles Odier qui encourage Alexandre Lombard, l'un de ses associés, à s’intéresser au marché américain et qui l'incite à utiliser ses connaissances d’Outre-Mer pour conseiller la clientèle. Alors qu’il dirigeait avec succès son entreprise de coton au Havre, Charles Odier rencontre, à l'âge de 22 ans, la famille Iselin, qui allait créer l'une des banques d'affaires les plus importantes de l'Amérique du Nord. Nous savons peu de choses sur la relation précise entre Lombard Odier et la Banque Iselin & Co, sauf qu'il y avait un échange fréquent entre partenaires- tant James Odier, qu’Alexis Lombard se sont rendus à New York- et que la Banque Iselin a également été la banque correspondante de Lombard Odier aux Etats Unis.

Influencé par les écrits du philosophe Alexis de Tocqueville, Alexandre Lombard, qui n'a pourtant jamais eu l’opportunité de visiter les États-Unis, publie plusieurs livres brillants sur la situation financière en Amérique du Nord. Une autre raison de l'affection particulière d’Alexandre Lombard pour l'Amérique est l'affinité spirituelle qu'il ressent pour la culture américaine. Puritains, presbytériens et autres protestants partagent alors son éthique de travail. Quand il meurt, la moitié de ses investissements personnels sont placés dans des actions américaines.

A la fin du XIXe siècle, Lombard Odier est le plus grand souscripteur de titres de créances américains investis en Europe, bien avant la Société Bancaire Suisse à Bâle ou le Crédit Suisse à Zurich. Comme tout marché émergent, le marché américain, peu réglementé, a connu sa juste part de paniques et de crises, mais Lombard Odier a su prudemment gérer les risques et a été en mesure de bâtir une entreprise de souscription durable. La décision d’investir dans des titres américains est extrêmement profitable pour les clients de la banque surtout lorsque la valeur des titres allemands, autrichiens, russes, turcs ou français s’effondrent dès le début de la première guerre mondiale.

En 1923 Henry Odier, un de nos associés, écrit : « Si la grande guerre n'a pas détruit 50% de tous les portefeuilles genevois, on peut dire qu'une grande partie de ce succès doit être attribuée à Alexandre Lombard. Nos pères fondateurs sont devenus les plus grands distributeurs de titres américains parce qu’’ils voulaient diversifier leurs portefeuilles d’obligations européennes ; ce qui s’avéra être une formidable occasion d’innover dans ce domaine. Une fois de plus, ils ont repensé leur modèle d’affaires et sont devenus un trait d’union fiable et précieux, entre l'Europe et l'Amérique, dans la recherche des investissements pour leurs clients. »

Une banque d’investissement transatlantique

chapitre 5.

De 1914 à 1945 notre banque affronte ses années les plus sombres. Une période de misère économique qui débute avec le déclenchement de la première guerre mondiale et se termine avec la victoire des Forces alliées en août 1945. Non seulement, les deux guerres mondiales et la dépression des années trente freinent brutalement la croissance économique de l’Europe et son intégration mondiale, mais elles entraînent également des pertes massives pour les investisseurs.

Après la première guerre mondiale, les empires autrichiens, russes et ottomans s’effondrent, sans jamais plus pouvoir honorer leurs dettes de guerre. Quelques années plus tard, l’Allemagne tombe dans l’hyperinflation, dévalorisant complètement le Reichsmark. Même les devises des nations victorieuses, telles la France ou l’Italie, se déprécient à plus de 80%. Seuls les placements en Livre Sterling, Dollars et Francs suisses conservent leur valeur. La grande dépression des années trente a un impact catastrophique sur les investissements. De 1929 à 1932, le Dow Jones chute de 85%, les actions anglaises suivant de près. Des barrières commerciales sont érigées entre tous les grands pays et les tensions en Extrême-Orient se transforment en conflit ouvert entre le Japon et la Chine.

La seconde guerre mondiale, qui s’en suit, est probablement la guerre totale la plus dévastatrice qu’ait connu l’histoire de l’humanité. Les nations impliquées vont mobiliser toutes leurs ressources disponibles et consacrer leurs économies entières à l’effort de guerre. Alors que l’industrie américaine prend la distance pour prétexte afin de se protéger du théâtre des événements, l’économie des puissances de l’axe Allemagne, Italie et Japon est détruite et réduite à néant. Sauf pour les Etats-Unis, la seconde guerre mondiale est une catastrophe pour les investissements, des centaines de milliards étant anéantis.

Notre banque est également affectée par les conflits mondiaux, et ce, dès le premier jour. Nos associés, ainsi que de nombreux autres membres du personnel masculin, sont mobilisés par l’armée suisse pour protéger nos frontières. Grâce au personnel féminin, la banque est toujours restée active.. Compte tenu des restrictions imposées sur le libre-échange, les affaires ralentissent et il n’y a pas ou peu d’argent à gagner. De plus, les gouvernements établissent des règles extrêmement contraignantes sur les transactions financières et la gestion de portefeuille devient presque impossible. Les années d’entre-deux guerres ne sont pas plus rentables. Beaucoup de familles genevoises parviennent à préserver leur patrimoine grâce aux titres américains achetés avant 1914. Mais, la fin de la guerre enregistre une nouvelle baisse des affaires. Seules les années de 1925 à1928 voient une stabilisation du marché, mais le krach de 1929 éteint rapidement cette petite lueur d’espoir.

Cependant, nos partenaires continuent de croire en un avenir prospère. Loin de se laisser aller, ils fusionnent avec d’autres établissements bancaires et développent leur clientèle. En 1923, ils établissent un nouveau siège social au 11 rue de la Corraterie à Genève et recapitalisent la banque en 1934, quand ils font face à de graves difficultés financières. Par ailleurs, en 1926, Lombard Odier est l’une des premières entreprises en Suisse à mettre en place un régime de retraite pour ses employés. Et, pendant la grande dépression, alors que le chômage est très élevé, aucun collaborateur n’est licencié.

Au cours de la seconde guerre mondiale, la situation n’est pas plus facile. Avec toute la finance européenne bloquée par l’Allemagne nazie et les avoirs suisses aux Etats-Unis, gelés par le gouvernement américain, les affaires ne sont pas florissantes. La banque est alors une nouvelle fois dirigée par le personnel féminin qui remplace les hommes appelés au front.

Durant ces terribles décennies, nos partenaires développent un nouveau modèle d’affaires , qui deviendra une des plus importantes activités de Lombard Odier : le conseil à la clientèle. Né d’une requête des clients désireux de protéger leur patrimoine endommagé, nos associés y répondent en gérant leur fortune. Etait- ce une nécessité ou un pur désir de changer ? Probablement les deux – mais ce fut, certainement, l’une de nos plus importantes innovations.

Protéger les richesses en temps de guerre

chapitre 6.

La seconde guerre mondiale redéfinit les axes du monde. Avec l’Europe et l’Asie en cendres, l’Amérique suit son propre chemin et vit le « rêve américain ». Les Etats-Unis deviennent la nation la plus riche du monde. Rapidement, de grandes et belles banlieues se multiplient, un réseau ferroviaire inter-états est construit, tout le monde peut s’offrir une voiture, les enfants sont envoyés au collège, une classe moyenne riche et blanche voit le jour.

Pendant que l’Amérique prospère, la Russie et la Chine disparaissent derrière le rideau de fer. Avec l’aide américaine, l’Europe et le Japon se reconstruisent. Les réformes monétaires de 1948/49 en sont le point de départ. En dix ans, le « Wirtschaftswunder » ou miracle économique, permet à l’Allemagne et au Japon de rattraper leur retard. L’Union européenne est créée en 1957. Un an plus tard, le contrôle sur le capital et les changes est levé.

Pendant ce temps, la balance commerciale positive de l’Amérique permet à ses citoyens de consommer et d’épargner. De grandes quantités d’argent sont versées dans les fonds de pension, les assurances-vie et les fonds de placement. Ces épargnes institutionnelles soutiennent le marché florissant des capitaux américains, qui bénéficient également des réformes menées pendant la grande dépression de 1929 à 1939. Lors de la Conférence de Bretton Woods en 1944, un nouvel ordre financier de l’après-guerre est établi et substitue le Dollar américain à l’or. Le dollar devient la monnaie mondiale. Le système financier américain domine le monde de l’ investissement.

Au cours de ces années, le Dollar américain et le Franc suisse sont les deux seules monnaies librement convertibles. Notre banque propose des titres canadiens et américains à la clientèle. En 1950, Lombard Odier ouvre un bureau à Montréal. Lorsque les bourses européennes redémarrent dans les années cinquante et soixante, notre banque met en place les méthodes d’investissements US en Europe et facilite l’accès du marché européen aux américains. Par ailleurs, Lombard Odier crée des titres transatlantiques, ouvre un bureau à Londres en 1973 et est la première banque étrangère à acquérir un siège à la bourse de New York en 1979. Notre banque entre dans le monde de la gestion institutionnelle.

En 1971, lors d’un référendum, les citoyens suisses décident de renforcer le système d’assurance vieillesse en le complétant par des plans de retraite obligatoires. Lombard Odier possède déjà une grande expérience dans ce domaine en raison de son propre plan de retraite établi en 1926 et de ses liens d’affaires avec les investisseurs institutionnels américains.

Parallèlement, nos associés étendent leurs opérations à Londres. Le bureau commence à émettre des fonds thématiques et introduit des opportunités d’investissement asiatiques en Europe. En 1996, Lombard Odier emploie cent employés à Londres et gère plus de dix milliards de Francs suisses d’actifs. Naturellement, notre banque se fait bientôt connaître sur le marché institutionnel international, couvrant les deux côtés de l’Atlantique. Un nouveau modèle d’affaires est né, qui, en parallèle à la gestion privée, devient le deuxième pôle d’activité le plus important de Lombard Odier.

Construction d’un « filet de sécurité » pour nos citoyens

chapitre 7.

Avec des millions de clients et des opérations de courtage de plus en plus pointues, les services financiers ont toujours été confrontés à un défi de taille pour traiter et stocker leurs données. Dans les années vingt, les premières machines comptables mécaniques gagnent les back-offices. Il est donc assez logique que, dès le début des années cinquante, les banques soient désireuses de se munir d’ordinateurs. Assez rapidement, on développe d’importants serveurs informatiques pour gérer le traitement de chèques, le calcul des intérêts et des commissions, le règlement des transactions et des compensations sur titres, ainsi que d'autres processus d'infrastructure.

Lombard Odier est avant-gardiste en technologie ! En 1957, le premier ordinateur IBM est installé au 11, rue de la Corraterie, à Genève, pour traiter les comptes des clients. Moins de 12 ans plus tard, il est remplacé par le nouveau modèle 360/30 IBM, qui permet le traitement d’ opérations sur titres et le calcul de la performance des portefeuilles de la clientèle. Lombard Odier est alors l'une des premières banques en Suisse capable d’imprimer, pour ses clients, des rapports mensuels sur la performance de leur portefeuille.

En phase avec le besoin croissant d’utilisation de puces électroniques, Lombard Odier passe des gros serveurs informatiques aux mini-ordinateurs. En 1987, la banque acquiert le premier VAX de Digital Equipment. VAX donne à notre établissement une plus grande flexibilité opérationnelle et permet, entre autres, le développement d'une architecture qui reflète parfaitement la structure légale de la banque. Quelques années plus tard, Lombard Odier remplace tous les terminaux par des ordinateurs personnels (PC). Nous nous acheminons ainsi vers un monde technologique totalement décentralisé.

Une autre décision de première importance est celle de développer des systèmes modernes de gestion de portefeuille pour aider nos clients à gérer leurs fonds. Le premier système rudimentaire est élaboré sur notre ordinateur central en 1980 ; il est simplement appelé « Gestion ». Douze ans plus tard, il est remplacé par G1 (« Gestion 1 »), qui permet la passation d’ordres électroniques et automatise le règlement et la compensation de titres.

En 2002, G2 est créé, offrant un portefeuille global dynamique avec, chaque jour, une estimation du rendement dans le temps, ainsi que des analyses prospectives et d’attrayantes interfaces graphiques. Le système est tellement apprécié par les clients, que la banque met des écrans à disposition dans chaque salle de réunion.

En 2001, lorsque la banque privée Valiant à Berne s’enquiert, si elle peut développer le même modèle d’infrastructure technologique de Lombard Odier plutôt que de créer le leur, la décision est facile à prendre. Valiant est établie comme filiale non consolidée dans notre système informatique bancaire et a immédiatement accès aux mêmes produits et services que notre banque. Il faut moins de six mois à Valiant pour assimiler toutes les données. Un nouveau modèle d'affaires est né. Aujourd'hui, Lombard Odier fournit, grâce à sa technologie bancaire, douze banques externes.

En 2002, lors de la fusion de notre banque avec Darier, Hentsch & Cie, cette dernière bénéficie également de notre architecture informatique révolutionnaire. Plutôt que d'avoir à agréger deux systèmes informatiques différents, les données des clients et les transactions de Darier, Hentsch & Cie sont tout simplement intégrées sur notre plateforme, comme s’il s’agissait d’une nouvelle filiale. L'effort coûteux d'avoir à fusionner deux systèmes est évité et les nouveaux clients peuvent avoir accès immédiatement à la gamme de produits sophistiqués offerts par Lombard Odier.

Désormais, Lombard Odier met l'accent sur la mobilité et rend ses méthodes disponibles sur tablettes et téléphones portables, avec des solutions mobiles et interactives, « G2 mobile » et « My LO », permettant à nos clients de rester connectés en tout temps, en tout lieu et en toute sécurité.

depuis 1796.

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