Post-Iran, amélioration des perspectives pour les actifs risqués

Samy Chaar - Chef économiste et CIO Suisse
Samy Chaar
Chef économiste et CIO Suisse
Dr. Luca Bindelli - Responsable de la stratégie d'investissement
Dr. Luca Bindelli
Responsable de la stratégie d'investissement
Post-Iran, amélioration des perspectives pour les actifs risqués

Le conflit au Moyen-Orient a sensiblement modifié le contexte économique et financier pour les investisseurs. Les économies continuent de digérer le choc énergétique, avec ses effets sur l’inflation et la croissance, et les marchés pétroliers s’en retrouvent transformés. Mais globalement, l’impact reste maîtrisable. L’économie mondiale continue de faire preuve de résilience et les perspectives se sont même légèrement améliorées.

L’économie américaine s’est révélée plus robuste que prévu, soutenue par un marché de l’emploi stable. Cela permet à la Réserve fédérale de se recentrer sur la stabilité des prix. Avec une inflation supérieure à la cible, les taux directeurs devraient rester inchangés au second semestre, selon le rythme de désinflation. Il ne fait cependant aucun doute que des hausses de taux sont bien plus probables que des baisses à moyen terme.

L’investissement continue de soutenir la croissance américaine, mais les revenus réels des ménages reculent et de nouveaux droits de douane pèseraient sur l’activité.

L’économie mondiale continue de faire preuve de résilience et les perspectives se sont légèrement améliorées

En Europe, les gouvernements réduisent leurs dépenses budgétaires et les financements de l’Union européenne arrivent à échéance, même si l’expansion budgétaire allemande devrait compenser cet effet. Au Royaume-Uni, les incertitudes politiques devraient entretenir la volatilité.

En Asie et dans certains marchés émergents, le cycle technologique a permis d’amortir le choc énergétique. La Chine et le Japon ont mobilisé leurs réserves stratégiques de pétrole et des mécanismes de subventions ont permis de soutenir la croissance.

Bien sûr, les risques d’escalade au Moyen-Orient demeurent, mais notre scénario de base reste inchangé. L’expansion économique se poursuit et les risques de récession sont limités. Ce cycle reste solide, porté par des investissements sans précédent, dans un contexte de recherche de sécurité économique et d’autonomie. Un recalibrage qui se poursuit désormais dans l’énergie et la technologie.

Dans ce contexte, un point de tension clé est en train de s’atténuer sur les marchés financiers. La reprise du trafic dans le détroit d’Hormuz allège les pressions sur l’énergie. Conséquence : les cours du pétrole, l’inflation et les rendements obligataires devraient reculer dans les prochains mois. Les conditions monétaires et de liquidité restent favorables, tandis que la normalisation des taux d’intérêt et de la volatilité devrait apporter un soutien supplémentaire aux marchés actions. Nous conservons donc notre posture pro-risque.

Les conditions monétaires et de liquidité restent favorables

S’agissant des actions, nous maintenons notre surpondération. Les bénéfices restent solides et continuent d’être révisés à la hausse jusqu’en 2027. Jusqu’ici, le rallye a surtout été porté par la technologie, les introductions en Bourse concentrant également l’attention des investisseurs. La performance devrait toutefois s’élargir. Après un fort parcours, la technologie affiche des perspectives plus neutres, tandis que les secteurs cycliques devraient rebondir. Nous privilégions les financières, ainsi que la santé et les services publics.

Où sont les meilleures opportunités ? Les marchés émergents continuent de se démarquer, avec une dynamique bénéficiaire forte et des valorisations attractives.

Dans nos expositions aux obligations, nous relevons les emprunts d’État à des niveaux neutres, afin de verrouiller les rendements encore élevés. Les opportunités les plus attractives se situent néanmoins dans le segment de la dette émergente en devises fortes.

Sur le marché des changes, une posture stable de la Fed et une économie américaine solide soutiennent le dollar. Nous avons donc adopté une posture neutre sur la monnaie américaine face aux devises développées à faible rendement, comme l’euro et le franc suisse, tout en restant positifs sur les monnaies à rendement élevé, dont celles des marchés émergents.

Les marchés abordent le second semestre après avoir absorbé un conflit, un choc énergétique et des craintes d’inflation. Nous sommes positifs sur les actifs risqués, tout en restant attentifs aux risques, notamment l’inflation, une Fed plus restrictive, des tensions géopolitiques ou de nouveaux tarifs.

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