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Décryptages croisés : investir dans l’incertitude et penser la finance de demain
Les forces directrices qui redessinent l’investissement se lisent désormais ensemble. D’un côté, la géopolitique demeure plus que jamais une variable de marché centrale, entre tensions au Moyen-Orient, incertitudes sur l’énergie, inflation et trajectoire des taux. De l’autre, une transformation structurelle poursuit son cours : celle de l’infrastructure financière, avec la digitalisation des titres, les actifs numériques et la tokenisation.
C’est dans ce contexte que clients et experts se sont réunis lors de la conférence « Décryptages croisés : perspectives macroéconomiques et révolution numérique des actifs ». En ouverture, Nadine Mottu, Associée et Co-responsable des Grandes Familles Internationales chez Lombard Odier, a rappelé la portée symbolique de 1Roof qui rassemble une vision : celle de réunir les expertises du Groupe dans un cadre fondé sur « la transparence, la flexibilité, la durabilité et le sur mesure ». Dans le contexte actuel, plusieurs interrogations ont émergé : comment rester investi avec discipline lorsque le contexte géopolitique s’intensifie ? Sous quelles conditions un choc énergétique pourrait-il déstabiliser durablement l’économie mondiale ? Et pour décorréler la réflexion de l’actualité macroéconomique, comment la tokenisation commence-t-elle déjà à redessiner les usages et les infrastructures financières ?
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Pour répondre à ces questions, la conférence s’est décomposée en deux actes : Samy Chaar, Associé, Chef économiste et CIO Suisse de Lombard Odier, a d’abord analysé les ressorts macroéconomiques d’un début d’année particulièrement mouvementé, entre conflits, pétrole, croissance mondiale, taux d’intérêt et profits des entreprises américaines. Puis Sébastien Dessimoz, Cofondateur et Managing Partner de Taurus, a démontré en quoi la tokenisation relève déjà d’une évolution concrète des marchés de capitaux et de leurs infrastructures.
Un conflit ne constitue pas, en soi, un motif de désengagement tant que les fondamentaux financiers ne se détériorent pas
Garder le cap face au choc géopolitique
Samy Chaar a proposé une lecture limpide d’un début d’année marqué par la montée des tensions au Moyen-Orient : « Douze mois après le début d’un conflit, les marchés sont généralement en hausse. » Derrière ce constat, l’enjeu n’est évidemment pas de minimiser le choc, mais de rappeler que les marchés arbitrent d’abord des trajectoires de croissance, de profits et de taux. Une thèse au cœur de sa présentation, Samy Chaar appuyant : « il faut rester investi tant que l’économie mondiale demeure en expansion. »
Samy Chaar articule son raisonnement autour de deux mécanismes. Le premier tient à la résilience de l’activité mondiale : « Dans une expansion économique, les entreprises continuent de générer des profits, les ménages restent en emploi et continuent d’alimenter la consommation », a-t-il résumé. Le second concerne les taux d’intérêt : les phases de faiblesse durable des marchés coïncident le plus souvent avec des cycles rapides de remontée des taux, lorsque le coût du capital comprime les valorisations et fragilise les bilans. Son message est clair : « un conflit ne constitue pas, en soi, un motif de désengagement tant que les fondamentaux financiers ne se détériorent pas ».
Cette lecture suppose toutefois de surveiller de près le cours du pétrole. Samy Chaar insiste ainsi sur un point essentiel : « les répercussions économiques du conflit dépendront de sa durée et des effets sur le marché pétrolier », soulignant que le détroit d’Ormuz – au cœur du conflit – demeure un point de passage stratégique, « clé pour la Chine », tandis que la capacité inutilisée de l’OPEP pourrait amortir une partie de la volatilité dans un scénario de perturbation limitée.
Il faut ainsi distinguer un scénario de base et des scénarios de risque avec choc pétrolier, en notant que l’Europe et l’Asie seraient plus exposées en tant qu’importateurs nets d’énergie. En l’état actuel, il s’agit de préciser les mécanismes de transmission : « Il faudrait une envolée très marquée des prix du pétrole pour remettre en cause l’expansion économique dont nous bénéficions » a insisté Samy Chaar, expliquant que la géopolitique ne se transmet pas mécaniquement aux marchés : elle passe par l’énergie, l’inflation, les taux d’intérêt et la confiance.
Il faudrait une envolée très marquée des prix du pétrole pour remettre en cause l’expansion économique dont nous bénéficions… la géopolitique ne se transmet pas mécaniquement aux marchés : elle passe par l’énergie, l’inflation, les taux d’intérêt et la confiance
Les profits américains comme amortisseurs
L’autre axe majeur sur lequel le Chef économiste de Lombard Odier a appuyé concerne la dynamique des bénéfices américains, notamment sur les titres technologiques. Samy Chaar l’a souligné : « Le marché ne valorise en définitive qu’un seul facteur : la capacité des entreprises à générer des profits », preuve en est avec les États-Unis, qui continuent d’attirer les flux de capitaux mondiaux.
Une lecture macroéconomique qui, en outre, conduit à relativiser le parallèle avec la bulle technologique de la fin des années 1990. Aujourd’hui, a-t-il expliqué, « il n’y a pas de déconnexion entre les prix et les profits », ajoutant que « la hausse des cours reste cohérente avec celle des bénéfices par action ». Autrement dit, le marché peut être vulnérable à des corrections, mais la hausse ne s’appuie pas sur des fondamentaux, contrairement à la situation qui prévalait à l’époque de la bulle internet.
La rivalité sino-américaine comme moteur d’investissement
Au-delà du cycle économique, Samy Chaar a replacé la séquence actuelle dans une compétition stratégique plus large entre les États-Unis et la Chine, qui agit comme un puissant moteur d’investissement et d’accélération technologique. Les deux puissances ont ainsi « des raisons de se sentir bousculées et d’investir davantage ». D’un côté, la Chine conserve une avance marquée sur le plan industriel et énergétique ; de l’autre, les États-Unis gardent des atouts décisifs dans la capacité de calcul liée à l’intelligence artificielle ainsi que dans plusieurs segments technologiques stratégiques.
Quelle conséquence pour les investisseurs ? « Cette compétition amène un point important : elle injecte de l’investissement dans le système. » Technologie, énergie, défense, infrastructures productives : cette rivalité alimente un cycle d’investissement massif, susceptible de jouer un rôle d’amortisseur macroéconomique. Dans ce contexte, le sous-investissement chronique de l’Europe pourrait lui aussi commencer à se résorber, sous l’effet d’une géopolitique incitant les États à renforcer et sécuriser leurs capacités industrielles stratégiques.
La tokenisation, qu’est-ce que c’est et pour quoi faire ?
Après une première partie consacrée aux marchés et à la conjoncture, Samy Chaar a laissé la place à Sébastien Dessimoz, Cofondateur et Managing Partner de Taurus, pour une intervention portant sur l’évolution des infrastructures financières, plus précisément les actifs numériques et la tokenisation. Son point de départ se voulait délibérément simple : la tokenisation consiste, en substance, à digitaliser des titres classiques sous la forme de jetons inscrits sur une blockchain. Plus largement, l’actif numérique peut être compris comme la représentation électronique d’un actif, d’un titre, d’un droit ou d’une unité de compte sur un registre distribué.
L’actif numérique peut être compris comme la représentation électronique d’un actif, d’un titre, d’un droit ou d’une unité de compte sur un registre distribué
L’intérêt du sujet ne se limite donc ni aux cryptoactifs ni à un simple effet de mode. Il touche plus fondamentalement à la manière dont des droits financiers peuvent être émis, conservés, transférés et échangés au sein d’une infrastructure numérique.
Sébastien Dessimoz, Cofondateur et Managing Partner de Taurus
Un cadre suisse opérationnel et structuré
Sébastien Dessimoz a également insisté sur un point décisif : en Suisse, la tokenisation n’évolue plus dans une zone grise. Depuis l’adoption, en 2021, de la loi sur la technologie des registres distribués1, le pays s’est doté d’une base juridique permettant d’inscrire certains droits sur registre distribué et d’encadrer plus clairement l’émission de titres sous forme numérique.
Autrement dit, le sujet a cessé d’être purement prospectif : il est pour de bon entré dans le champ du praticable. Une évolution qui a rendu envisageables des usages relevant jusqu’alors de l’expérimentation : émission de droits-valeurs inscrits, transfert plus fluide de titres nativement numériques, échange électronique sur des plateformes ou bourses numériques, etc. La tokenisation n’apparaît donc plus seulement comme une promesse technologique ou un discours d’avant-garde mais s’impose peu à peu comme un terrain concret, où droit, standards opérationnels et infrastructure de marché commencent enfin à converger.
La tokenisation réduit la barrière entre les marchés des capitaux privés et publics… elle permet de rendre électroniques, transférables et plus liquides des titres qui demeuraient peu standardisés et surtout lourds à traiter d’un point de vue administratif
Réduire la frontière entre marchés privés et publics
Comme l’a rappelé Sébastien Dessimoz, les bénéfices sont clairement identifiés : « la tokenisation réduit la barrière entre les marchés des capitaux privés et publics ». Pourquoi ? Car cette dernière permet de rendre électroniques, transférables et potentiellement plus liquides des titres qui, historiquement, demeuraient peu standardisés et surtout lourds à traiter d’un point de vue administratif.
Parmi les principaux apports évoqués figurent ainsi la « transférabilité instantanée », la « gestion électronique du registre des actionnaires », ou encore le « règlement-livraison instantané, avec échange simultané du titre et du paiement, sans intermédiaire de confiance ». Un dernier point qui s’avère essentiel : en pratique, pour que le processus soit fluide, il ne suffit pas que le titre soit numérisé dans la blockchain : il faut aussi que le paiement puisse circuler dans le même environnement. Autrement, une partie de la transaction devra encore « repasser » par les circuits financiers traditionnels, limitant l’intérêt du processus.
C’est dans cette logique que Sébastien Dessimoz a souligné l’importance des « stablecoins » (monnaies numériques qui conservent une valeur stable, généralement indexées sur une monnaie comme le dollar ou le franc suisse) et, plus largement, de formes de monnaie numérique pouvant être utilisées directement dans ce type d’échange.
Fonds monétaires « tokenisés » : cas d’usage très concret
L’exemple le plus convaincant concernait les fonds monétaires tokenisés. À première vue, le sujet peut sembler marginal, mais il vise en réalité un cas institutionnel précis : l’utilisation de parts de fonds monétaires comme garantie dans le cadre de transactions dérivés de gré à gré (OTC2) nécessitant des appels de marge.
Aujourd’hui, ces instruments sont théoriquement éligibles dans certains cadres réglementaires, mais restent peu utilisés en pratique à cause des délais opérationnels. S’ils sont « tokenisés » (et donc transférables quasi instantanément), ces derniers peuvent ainsi circuler beaucoup plus efficacement comme garantie. « Les fonds de placement, et plus particulièrement les fonds monétaires, figurent parmi les domaines d’application les plus observés » précise Sébastien Dessimoz, dans un marché que McKinsey estime à USD 2’000 milliards à l’horizon 2030.
Les fonds de placement figurent parmi les domaines d’application les plus observés, dans un marché que McKinsey estime à USD 2’000 milliards à l’horizon 2030
Un potentiel avec encore certains défis à relever
Le cofondateur de Taurus conserve toutefois un ton mesuré : « le marché est actuellement encore à ses débuts, et il reste certains défis à relever ». En d’autres termes, la technologie seule ne suffit pas. Pour que la tokenisation change d’échelle, il faut que l’ensemble des acteurs (émetteurs, banques, infrastructures, dépositaires, investisseurs et régulateurs) puissent fonctionner avec des lois, des règles et des standards unifiés et compatibles. C’est ce à quoi s’attellent des associations, comme la CMTA (www.cmta.ch) par exemple.
Comme l’a souligné Sébastien Dessimoz en fin de présentation : « si vous êtes le seul à pouvoir stocker les jetons sur votre portefeuille et que personne d’autre ne les accepte, il est difficile de les échanger avec une contrepartie ». Le potentiel et les applicatifs de la tokenisation ne sont donc plus à démontrer, et leur déploiement dépend maintenant de la capacité du marché à créer des usages partagés, une infrastructure commune et un véritable effet de réseau. Les récents développements dans l’industrie sont très encourageants, puisqu’on qu’on observe un nombre croissant de banques et d’acteurs institutionnels, dans le monde entier, qui s’équipent pour offrir des services dans ce domaine.
Le potentiel et les applicatifs de la tokenisation ne sont donc plus à démontrer, et leur déploiement dépend maintenant de la capacité du marché à créer des usages partagés, une infrastructure commune et un véritable effet de réseau
Penser au-delà du bruit
En clôture de la conférence, Nicolas Chatillon, Associé et Co-responsable des Grandes Familles Internationales de Lombard Odier, a rappelé que face au choc géopolitique actuel, il faut « garder la tête froide ». Revenant sur la numérisation des actifs, il a également déclaré qu’avec la tokenisation, « la finance n’en est qu’à l’aube d’une révolution qui sera certainement systémique », rapprochant deux temporalités que l’on oppose trop souvent : l’urgence des marchés et le temps long des infrastructures.
La finance n’en est qu’à l’aube d’une révolution qui sera certainement systémique
Dans un monde où l’incertitude géopolitique, la fragmentation économique et l’innovation technologique s’intensifient mutuellement, la capacité à distinguer le bruit de la tendance de fond devient un avantage décisif pour les investisseurs. C’est précisément sur ce terrain que Lombard Odier, grâce à une lecture rigoureuse et de long terme, accompagne ses clients à prendre du recul lorsque le cycle se tend, tout en identifiant les transformations structurelles qui redessinent déjà l’économie et la finance.
Le présent document de marketing a été préparé par Banque Lombard Odier & Cie SA (ci-après « Lombard Odier »).
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