Entrepreneurs et fondateurs de start-up en France : comment organiser son patrimoine après un exit ?

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Entrepreneurs et fondateurs de start-up en France : comment organiser son patrimoine après un exit ?

Joëlle Pacteau - Head Europe francophone

Joëlle Pacteau

Head Europe francophone
Valérie Montel - Wealth planning expert

Valérie Montel

Wealth planning expert

Les fondateurs de start-up et entrepreneurs ont souvent dédié l’essentiel de leur temps au développement de leur entreprise. Après un exit, ils ont des projets très variés qu’ils souhaitent financer grâce au montant de la cession. Qu’il s’agisse de devenir business angel, de vivre leur passion ou d’acheter une résidence pour leur famille, la planification et la gestion de leur patrimoine devra être adaptée.

 

Que font les entrepreneurs que vous accompagnez après avoir vendu leur start-up ?

La plupart sont des créateurs d’entreprise dans l’âme et ont déjà souvent de nouvelles idées en tête à développer. Souvent, c’est d’ailleurs parce qu’ils sont davantage des « créateurs » que des « dirigeants » d’entreprise qu’ils ont choisi de mettre fin à une belle aventure. Bien intégrés à leur écosystème, certains peuvent devenir des business angels et prennent des participations pour participer à financer d’autres jeunes pousses, ou créent une nouvelle entreprise. Cependant, pour eux, le fait d’avoir réalisé un exit est une opportunité de sécuriser une partie de leur patrimoine.

 

Est-ce qu’il y a des différences notables avec les générations précédentes d’entrepreneurs?

Je dirais qu’à la différence de leurs ainés, les entrepreneurs dans les start-up n’ont bien souvent pas ou peu profité des fruits de leur travail, ni accumulé des bénéfices dans le temps. Ainsi, pour eux, la cession constitue une occasion importante pour réaliser leurs aspirations avec des moyens financiers différents, et certains diront même de réaliser leurs rêves. Sur le plan personnel, certains réalisent des projets qui leur tiennent à cœur comme des voyages ou s’autorisent quelques mois voire années à s’occuper de leur famille, profiter de leur passion ou se tourner vers un projet à très fort impact social ou philanthropique. C’est aussi quelque chose qui les distinguent de leurs prédécesseurs. Même si on les dit moins attachés aux possessions matérielles, il n’en demeure pas moins que, ce sera souvent l’occasion d’acquérir une résidence principale, chose qu’ils avaient dû reléguer au second plan avec le niveau des prix de l‘immobilier. Ainsi, pour pouvoir bénéficier au mieux des fruits de leur travail, il faut organiser et planifier leur patrimoine, d’autant que certains fondateurs qui réalisent un exit sont encore assez jeunes. 

A la différence de leurs ainés, les entrepreneurs dans les start-up n’ont bien souvent pas ou peu profité des fruits de leur travail (…). Ainsi, pour eux, la cession constitue une occasion importante pour réaliser leurs aspirations avec des moyens financiers différents.

Quelles sont les premières étapes de la gestion du patrimoine d’un entrepreneur ayant réalisé un exit ? Certains éléments doivent-ils être mis en place avant la vente ?

Oui absolument, il faut penser à anticiper l’impact patrimonial avant même l’exit. En effet, en procédant à certaines opérations préalables, telles que la création d’une holding ou des donations, la fiscalité de la vente peut être sensiblement allégée, ce qui augmente d’autant les capitaux provenant de la cession. Dans ce cadre, il est important de ne pas se focaliser sur l’économie fiscale immédiate mais de mener d’emblée une analyse patrimoniale globale. Il s’agit de se projeter dans le temps pour s’assurer que les décisions prises répondent aux aspirations et aux valeurs de l’entrepreneur sur le long terme. La réflexion intègre les choix de projets professionnels futurs, de besoins financiers personnels mais aussi une dimension familiale avec les questions relatives à la protection du conjoint ou partenaire et à celle des enfants. Cette réflexion doit bien sûr être menée en prenant en compte les nouvelles formes d’union (PACS, pacte civil de solidarité, ou concubinage), le développement des familles recomposées, le jeune âge des enfants et l’allongement de la durée de la vie. Pour certains, il y aussi l’aide à la réalisation d’un projet philanthropique.

Il est important de ne pas se focaliser sur l’économie fiscale immédiate mais de mener d’emblée une analyse patrimoniale globale. Il s’agit de se projeter dans le temps pour s’assurer que les décisions prises répondent aux aspirations et aux valeurs de l’entrepreneur sur le long terme.

 

Comment la fiscalité française et son évolution impactent le patrimoine et sa gestion ?

Avec la nouvelle flat tax de 30%, prélèvements sociaux inclus, qui s’applique à tous les revenus financiers et le remplacement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), la fiscalité sur les placements financiers s’est nettement améliorée en France. Par ailleurs, le capital financier peut se valoriser hors impôts en utilisant des enveloppes de capitalisation (assurance-vie, capitalisation, PEA, …), seuls les retraits étant fiscalisés (et encore, partiellement).

Quant à la partie immobilière du patrimoine, il peut être intéressant de réfléchir à l’opportunité d’un financement par emprunt compte tenu des conditions de marché, du recours au statut de LMNP (loueur en meublé non professionnel) donnant droit à des avantages particuliers par rapport à la location nue et à la constitution d’une SCI (société civile immobilière). Souvent, les capitaux déjà détenus en holding suite à la cession de l’entreprise pourront être réinvestis en investissements immobiliers (en cas de contrainte de réinvestissement de 60% dans des sociétés opérationnelles dans le cadre d’un apport-cession, au moins pour les 40% restants).

La fiscalité française étant en constante évolution, il est important de choisir des organisations souples et de réévaluer constamment la situation au regard des changements législatifs.

La fiscalité française étant en constante évolution, il est important de choisir des organisations souples et de réévaluer constamment la situation au regard des changements législatifs.

Et au niveau des investissements, comment se met en place l’organisation ?

Les banquiers doivent déterminer quelle sera l’allocation d’actifs adaptée à la situation personnelle de l’entrepreneur et à ses objectifs financiers. Cette allocation est réalisée en fonction des caractéristiques des différentes classes d’actifs comme les liquidités, les actifs financiers, l’immobilier et les autres actifs non cotés. A cet égard, elle prendra notamment en compte le fait qu’une partie du patrimoine pourra être déjà investie dans des actifs non cotés, soit que l’entrepreneur est resté partiellement investi dans sa start-up pour continuer à accompagner son développement soit qu’il a recréé une autre entreprise ou encore qu’il soit devenu business angel, en investissant dans d’autres jeunes pousses.

Ensuite, pour chacune de ces classes d’actifs, et en fonction de la manière dont sont détenues les liquidités (en direct ou dans une holding), il faut déterminer quels en seront les modes de gestion, faire le choix des supports, des valeurs et des gérants. En fonction des préférences, d’autres critères seront à prendre en compte, comme par exemple une approche d’investissement durable, reposant sur des critères sociaux et environnementaux pour laquelle les entrepreneurs de cette génération manifestent de plus en plus d’intérêt.  

En matière financière, comme la génération précédente, les entrepreneurs d’aujourd’hui cherchent à sécuriser leur patrimoine et obtenir des rendements stables à long terme, tout en ayant pour ambition d’exercer une influence positive sur la société.

1Lombard Odier (Europe) S.A., succursale en France ne fournit pas de conseils fiscaux. Le client doit s’adresser à un conseiller fiscal indépendant pour en obtenir.

Sources officielles précisant les textes de loi évoqués :
Loi de Finances pour 2018 (article 31) 
Article 150-0 A du code général des impôt
Imposition de la location meublée

 

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