Comment diriger une banque à une époque où plus d’une centaine de monnaies circulent en Suisse ? Échanger des informations des décennies avant l’invention du téléphone ? Ou encore protéger les avoirs des clients à travers les révolutions, les changements de régime et les risques de confiscation ?
Alors que Lombard Odier est honorée d’avoir remporté le prix de l’économie 2026 de la CCIG en partenariat avec l’Etat de Genève, nous vous invitons à découvrir 230 ans d’histoire qui ont contribué à façonner les économies genevoise et suisse.
Dans la vidéo ci-dessous, notre Associé-gérant senior, Hubert Keller, revient sur l’héritage durable de la Maison, les valeurs qui l’ont guidée au fil des siècles et l’esprit d’innovation qui continue de définir Lombard Odier aujourd’hui.
Précurseurs dans les billets de banque et les prémisses du franc suisse
Avant la création du franc suisse en 1850, le paysage monétaire helvétique est un véritable casse-tête, à l’image de celui de nombreux pays européens. Une multitude de monnaies cantonales, étrangères et locales circulent alors simultanément, compliquant les échanges commerciaux.
Dès 1835, Jean-Eloi Lombard et Albert Hentsch s'engagent en faveur d’une réforme du système monétaire genevois. Convaincus de la nécessité d’une standardisation monétaire, ils défendent une idée novatrice pour l’époque : une seule monnaie pour un même territoire. Grâce à leur engagement, le Franc genevois est introduit en 1839. Cette réforme procure à Genève un avantage considérable, plusieurs années avant que d'autres cantons ne suivent la même voie.
Dans ce contexte, Lombard Odier joue un autre rôle pionnier. Dès 1832, la banque émet des bons au porteur, précurseurs des billets de banque. Convertibles en espèces, ces bons permettent d’effectuer des paiements sans devoir transporter de lourdes pièces métalliques. À une époque où le papier-monnaie suscite encore la méfiance, leur acceptation repose avant tout sur la réputation et la solidité de la banque.
En 1846, les billets de Lombard, Odier & Cie sont acceptés dans plus de 70 établissements à l'étranger, une avancée remarquable pour l'époque
Le succès est rapide : en 1846, les billets de Lombard, Odier & Cie sont acceptés dans plus de 70 établissements à l'étranger, une avancée remarquable pour l'époque.
En 1845, la banque participe également à la création de la Banque du Commerce de Genève, qui deviendra l'un des principaux émetteurs de billets du pays jusqu'à la fondation de la Banque nationale suisse en 1907.
À une époque où la confiance constituait déjà la plus précieuse des monnaies, ces initiatives ont contribué à moderniser les échanges économiques et à faciliter les transactions. Elles ont également posé les bases d’un système monétaire plus simple et efficace.
Révolution industrielle : financement des chemins de fer, de l’électricité et du télégraphe
Aujourd'hui, nous parlons d'intelligence artificielle, de transition énergétique ou d'infrastructures numériques. Au XIXe siècle, les grandes innovations s’appellent chemins de fer, gaz, électricité ou télégraphe.
Les Associés de Lombard Odier ne se contentent pas d'observer ces transformations. Ils contribuent à leur financement et accompagnent le développement de nombreuses entreprises dans les secteurs de l'industrie, de l'énergie, des transports ou de la finance. La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest Suisse, l’Union financière de Genève, ou encore la Compagnie genevoise pour l’industrie du gaz figurent parmi les entreprises fondées, administrées ou présidées par les Associés de la Maison.
Le chemin de fer en est sans doute l'illustration la plus marquante. À mesure que les réseaux ferroviaires se déploient en Suisse, en Europe, puis aux États-Unis, ils rapprochent les villes, accélèrent les échanges et transforment durablement l'économie mondiale. Lombard Odier & Cie participe au financement de plusieurs de ces projets. Après avoir présidé l’assemblée constitutive de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest Suisse, Charles Odier en restera administrateur pendant 20 ans.
Les Associés de Lombard Odier & Cie participent également, dès les années 1850, aux fondements de la Bourse de Genève, première place de négoce de titres établie en Suisse
Le télégraphe illustre une autre révolution majeure. Lorsque la Suisse entreprend le déploiement de ce nouveau réseau de communication, la banque contribue aux souscriptions nécessaires à son financement. Pour la première fois dans l'histoire, l’information peut voyager plus vite que les personnes. Une révolution aussi profonde, en son temps, que celle d'internet.
Les Associés de Lombard Odier & Cie participent également, dès les années 1850, aux fondements de la Bourse de Genève, première place de négoce de titres établie en Suisse.

Cette réputation d’entrepreneurs visionnaires dépasse même le monde de la finance. Dans son roman De la Terre à la Lune, publié en 1865, Jules Verne cite Lombard, Odier & Cie parmi les souscripteurs d'un projet aussi audacieux qu'imaginaire : l’envoi d’un projectile vers la Lune. La référence n'est pas anodine. Elle témoigne déjà de la notoriété de la Maison et de son association avec les projets les plus ambitieux de son temps.
Traverser les crises, regarder au-delà des frontières et tout repenser
Le XXe siècle apporte son lot de bouleversements : deux guerres mondiales, des crises économiques et des transformations technologiques majeures.
En Suisse, Lombard Odier & Cie participe à l'effort collectif durant les deux conflits mondiaux. Les jeunes Associés et collaborateurs sont mobilisés aux frontières, tandis que les femmes et les retraités jouent un rôle essentiel dans la continuité des activités de la Maison.
Puis vient le temps de la reconstruction et de l'ouverture internationale. Lombard, Odier & Cie est la première banque privée suisse à s'implanter à l'étranger avec l’ouverture d’un bureau à Montréal en 1951, une place reconnue pour sa stabilité hors d’Europe dans le contexte de la Guerre froide.
Lombard, Odier & Cie est la première banque privée suisse à s'implanter à l'étranger avec l’ouverture d’un bureau à Montréal en 1951
Au même moment, toujours attentive aux grandes évolutions de son époque, Lombard Odier & Cie investit dans l’informatique avec l’achat de son premier ordinateur IBM en 1957. La banque développe dès lors sa propre infrastructure technologique, faisant figure de précurseur dans la digitalisation des métiers bancaires.
La dynamique avant-gardiste de la banque se poursuit au fil des décennies, tout comme son expansion internationale. Grâce à sa filiale canadienne, Lombard Odier & Cie devient en 1979 la première banque étrangère à obtenir un siège à la Bourse de New York.
Ces 25 dernières années ont été marquées tant par la poursuite du développement international que par le développement des expertises de la Maison, notamment dans les domaines de la finance durable et du Private Equity.
Dès ses origines, la Maison s'est développée dans un monde en constante évolution, avec la volonté de protéger les intérêts de ses clients et de préparer l'avenir. Inauguré en 2025, le nouveau siège de Lombard Odier à Bellevue en est le reflet.
Cette capacité à anticiper les transformations de son époque est devenue l’un des fils conducteurs de son histoire et s’incarne aujourd’hui dans notre philosophie Rethink Everything.
Résolument tournés vers l’avenir
Au cours de ses 230 années d’existence, Lombard Odier a traversé de profondes transformations économiques, politiques et technologiques. De l’émergence des monnaies modernes et de l’industrialisation à l’ère numérique et à la transition durable, la Maison n’a cessé d’évoluer tout en restant fidèle à sa mission fondatrice : préserver et faire fructifier le patrimoine de ses clients à travers les générations.
Alors que Lombard Odier a l’honneur de recevoir le Prix de l’Économie 2026 décerné par la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève, cette histoire est non seulement l’occasion de se retourner sur le chemin parcouru, mais aussi de rappeler qu’une réussite durable repose sur la capacité à anticiper le changement, à s’adapter avec conviction et à continuer de réinventer l’avenir.
La plus ancienne banque privée genevoise
En 1796, le Genevois Henri Hentsch fonde sa banque à Genève et est rejoint deux ans plus tard par son cousin Jean Gédéon Lombard.
L'adresse de notre nouveau siège à Bellevue,1 Chemin Messidor, n'a rien d'un hasard. Elle fait référence à la date de cette première association entre Hentsch et Lombard, le 1er Messidor an IV, soit le 19 juin 1798. Dans le calendrier révolutionnaire français, en vigueur à l’époque à Genève, le mois de « Messidor » évoque la période des moissons.
Cette symbolique a accompagné notre Maison à travers les générations : les épis de blé qui ornaient la porte du siège historique de la Corraterie depuis le début du XXe siècle en étaient déjà l’expression. Réinterprétés au fil du temps, ils ont donné naissance au fleuron qui accompagne aujourd’hui l’identité visuelle de Lombard Odier.
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