Pour un entrepreneur, la décision de vendre ou de transmettre son entreprise constitue l’un des moments les plus marquants de son parcours. Elle marque l’aboutissement d’années, voire de décennies d’efforts consacrés à créer de la valeur, à constituer une équipe et à développer son activité. Une cession ne marque pas la fin de l’aventure. Bien préparée, cette transition peut également définir les bases pour écrire la suite.
Que ce nouveau chapitre consiste à créer une nouvelle entreprise, à investir dans d’autres sociétés, à participer à des projets philanthropiques ou à consacrer plus de temps à la famille, se projeter dans « l’après-cession » fait partie intégrante de la préparation de la transaction elle-même.
Chez Lombard Odier, Maxime Dubouloz et Jules Boudrand, Directeurs du département Corporate Advisory, accompagnent les entrepreneurs dans les décisions stratégiques liées à la cession, à la transmission et à la valorisation de leur entreprise. Leur travail auprès des dirigeants de l’entreprise souligne l’importance de voir plus loin que la transaction et d’anticiper ses conséquences pour l’entrepreneur, l’entreprise et la famille.
Une préparation suffisamment en amont permet aux entrepreneurs de définir clairement leurs objectifs, de consolider leur entreprise en vue de la cession et de réfléchir à la manière dont le produit de la vente s’intègre à leur stratégie patrimoniale et à leurs projets personnels. La cession peut alors servir de tremplin pour de nouvelles initiatives entrepreneuriales, des investissements, des projets familiaux ou des actions philanthropiques.
Il est tout aussi important de regarder au-delà des aspects techniques de la transaction que de préparer l’entreprise à la vente
Il est donc tout aussi important de regarder au-delà des aspects techniques de la transaction que de préparer l’entreprise à la vente. Quel rôle l’entrepreneur souhaite-t-il jouer par la suite ? Que doit-il advenir de l’entreprise ? Et comment préparer la famille et le patrimoine généré par la vente à cette transition ?
Préparer l’avenir au-delà de l’entreprise
Pour de nombreux entrepreneurs, une entreprise représente bien plus qu’un simple actif financier. Après des années passées à développer et à diriger leur entreprise, celle-ci fait souvent partie intégrante de leur identité, de leur projet professionnel et de leur vie quotidienne. Un départ peut donc entraîner un changement profond, même après une transaction réussie sur le plan financier.
La suite, elle, varie d’un entrepreneur à l’autre et dépend souvent de l’étape de vie dans laquelle il se trouve. Certains voudront créer une autre entreprise ou investir leur expérience et leur capital dans d’autres activités. D’autres préféreront peut-être des fonctions de conseil, la philanthropie, des projets familiaux ou simplement une plus grande liberté dans leur emploi du temps.
La préparation est indissociable de la définition des objectifs. La prise en compte de ces deux aspects avant la transaction aide les entrepreneurs à aborder la cession non pas comme un simple départ de leur entreprise, mais comme le début d’une nouvelle étape
S’il n’est pas nécessaire de tout planifier dans les moindres détails avant la cession, réfléchir à ces possibilités dès le début peut donner aux entrepreneurs une vision plus claire de la direction à suivre et leur permettre de s’assurer que la transaction s’inscrit dans leurs priorités à long terme.
Il en va de même pour le patrimoine généré par la transaction. Une cession peut transformer du jour au lendemain la situation financière d’un entrepreneur, convertissant des actifs d’entreprise illiquides en un important patrimoine financier. Anticiper les conséquences de la cession sur les investissements, les besoins de liquidités, l’organisation patrimoniale et familiale, ainsi que les projets futurs permet de mieux structurer cette transition. C’est là que le conseil aux entreprises, la planification patrimoniale et l’expertise en investissement peuvent se révéler particulièrement utiles lorsqu’ils sont combinés.
La préparation est donc indissociable de la définition des objectifs. La prise en compte de ces deux aspects avant la transaction aide les entrepreneurs à aborder la cession non pas comme un simple départ de leur entreprise, mais comme le début d’une nouvelle étape.
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Formuler des attentes réalistes quant à la valorisation de l’entreprise
La valorisation joue naturellement un rôle important dans la façon dont les entrepreneurs perçoivent le résultat d’une cession. Cela étant, la valeur que les propriétaires attribuent à l’entreprise qu’ils ont bâtie ne correspond pas nécessairement à celle qu’un acquéreur lui accordera.
Une valorisation crédible et objective constitue un élément essentiel de la préparation d’une cession
Comme l’expliquent Maxime Dubouloz et Jules Boudrand aux entrepreneurs, une valorisation crédible et objective constitue un élément essentiel de la préparation d’une cession. Elle doit tenir compte des performances financières et des perspectives de l’entreprise, de sa position concurrentielle, de la résilience de son modèle d’affaires, des conditions du marché et de l’univers des acquéreurs potentiels. Une analyse en amont peut aider un entrepreneur à comprendre ce que le marché serait réellement disposé à payer et à identifier les mesures susceptibles de renforcer son entreprise avant une transaction.
Cette préparation permet également de disposer d’une base de négociation plus solide. Plutôt que d’aborder la transaction avec un seul prix cible en tête, les entrepreneurs peuvent déterminer la valeur de leur entreprise dans le contexte plus large de la transaction, en tenant compte notamment de sa structure, du calendrier et de l’adéquation stratégique avec les acquéreurs potentiels.
Définir le rôle de l’entrepreneur après la transaction
Le rôle que l’entrepreneur souhaite jouer après la transaction est un autre élément important à prendre en compte, et qui devrait idéalement être abordé avant le début du processus de vente, car il peut influer à la fois sur le choix de l’acquéreur et sur la structure de la transaction.
Dans le cadre d’une cession à un acquéreur industriel ou stratégique, par exemple, un fondateur peut conserver ses fonctions pendant une période de transition avant de se retirer, le temps d’intégrer l’entreprise dans une structure plus large. Lorsque l’entreprise reste fortement dépendante de son fondateur, l’acquéreur peut souhaiter une transition plus longue ou envisager d’intégrer une clause d’ajustement de prix. La constitution d’une équipe de direction solide et la réduction de la dépendance vis-à-vis des personnes clés avant la cession peuvent donc accroître la flexibilité stratégique.
Un investisseur financier, en revanche, pourrait chercher à conserver le fondateur ou l’équipe de direction en place afin d’accompagner la prochaine phase de croissance de l’entreprise. Dans ce contexte, la volonté de l’entrepreneur de rester impliqué peut donc entrer en ligne de compte dans l’évaluation des différentes options de cession.
Il convient donc de clarifier cette question dès le début pour aligner les objectifs personnels de l’entrepreneur sur le type de transaction envisagée et les attentes des acquéreurs potentiels.
Quand la relève reprend le flambeau
Pour Maxime Dubouloz et Jules Boudrand, l’une des questions clés dans tout processus de succession est de savoir si une cession constitue réellement la meilleure solution. Pour les entreprises familiales, la transmission de l’entreprise à la génération suivante, son transfert à l’équipe de direction ou l’arrivée d’un investisseur externe peuvent tous constituer des options viables. Le choix de la solution la plus adaptée dépend des objectifs de l’entrepreneur, des besoins de l’entreprise et, surtout, de la volonté et de la capacité de la nouvelle génération à faire progresser l’entreprise.
Le choix de la solution la plus adaptée dépend des objectifs de l’entrepreneur, des besoins de l’entreprise et, surtout, de la volonté et de la capacité de la nouvelle génération à faire progresser l’entreprise
Si une succession familiale est envisagée, l’équipe Corporate Advisory encourage les entrepreneurs à commencer à s’y préparer bien avant le passage de témoin. Les questions relatives à la responsabilité de la direction, au contrôle, à l’actionnariat et à la gouvernance doivent être abordées en toute transparence. Les ambitions des différents membres de la famille peuvent varier considérablement : un enfant peut souhaiter diriger l’entreprise, un autre préférer rester actionnaire, tandis que d’autres encore peuvent choisir de ne pas s’impliquer du tout. Le fait de définir un cadre clair peut aider à concilier ces intérêts tout en assurant la continuité de l’entreprise.
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Une solution n’en exclut pas une autre. Selon les circonstances, la propriété peut être transférée intégralement aux membres de la famille, une partie du capital peut être ouverte à des investisseurs extérieurs, ou différents éléments de l’entreprise peuvent suivre des voies différentes. Ce qui importe, c’est que la structure choisie reflète les intérêts à long terme de l’entreprise, ainsi que les objectifs familiaux et patrimoniaux du fondateur.
De la succession d’entreprise au patrimoine familial
La cession d’une entreprise peut également modifier en profondeur la nature du patrimoine d’une famille. Pour la première fois, une part importante de la valeur créée par l’entrepreneur peut devenir liquide et donc plus facile à transférer, à investir ou à mettre à profit pour les générations futures. Cela soulève des questions qui vont au-delà de la transaction elle-même : quel montant faut-il transmettre, à quel moment et à quelles fins ?
Il n’existe pas de réponse unique. L’approche appropriée dépendra de la situation de la famille, de la maturité et des aspirations de la prochaine génération, ainsi que des objectifs de l’entrepreneur. Il peut s’avérer particulièrement utile d’impliquer les membres de la famille suffisamment tôt pour qu’ils comprennent les origines, la finalité et les responsabilités liées au patrimoine ainsi constitué.
Préparer la prochaine génération à gérer ce patrimoine peut, en fin de compte, s’avérer tout aussi important que de déterminer les modalités de sa transmission
Ces discussions peuvent s’inscrire dans le cadre d’un processus plus large de gouvernance familiale et de planification patrimoniale, contribuant ainsi à établir des principes communs en matière de propriété, d’investissement, d’entrepreneuriat, de philanthropie et de transmissions futures. Préparer la prochaine génération à gérer ce patrimoine peut, en fin de compte, s’avérer tout aussi important que de déterminer les modalités de sa transmission.
Convertir le produit de la vente en stratégie patrimoniale à long terme
Une fois la transaction finalisée, la situation financière de l’entrepreneur peut changer radicalement. Les actifs jusque-là concentrés dans l’entreprise deviennent liquides, ce qui ouvre un tout autre éventail de décisions en matière d’investissement, de liquidités, de besoins familiaux et de projets futurs. Il convient d’examiner ces questions en tenant compte des objectifs à court, moyen et long terme, ainsi que de la nouvelle situation financière et du profil de risque de l’entrepreneur.
C’est là que l’expertise globale de Lombard Odier peut venir compléter le travail entrepris en amont de la transaction. En considérant l’entreprise, la transaction et le patrimoine personnel de l’entrepreneur comme les composantes interdépendantes d’un même ensemble, plutôt que comme des enjeux distincts, il devient possible de planifier la transition dans une perspective à plus long terme.
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Pour Maxime Dubouloz et Jules Boudrand, le succès d'une cession d’entreprise ne se résume donc pas à la conclusion d’une transaction réussie au juste prix. Il s’agit également de préparer l’entreprise à l’avenir, de comprendre les priorités de l’entrepreneur et, le cas échéant, d’impliquer la famille suffisamment tôt afin de prendre des décisions réfléchies. En s’appuyant sur l’expertise globale de Lombard Odier en matière de gestion de patrimoine, Maxime Dubouloz, Jules Boudrand et l’équipe Corporate Advisory accompagnent les entrepreneurs tout au long de ce processus, depuis la valorisation de leur entreprise et l’analyse des options stratégiques jusqu’à la préparation et la mise en œuvre d’une cession ou d’une transmission. En anticipant ces décisions, les entrepreneurs peuvent protéger le patrimoine qu’ils ont constitué tout en conservant la flexibilité nécessaire pour écrire eux-mêmes le prochain chapitre de leur histoire.
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