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Combler l'écart de valorisation : comment les femmes entrepreneures peuvent préparer une cession réussie
points clés.
Les femmes fondatrices représentent une part croissante des cessions d'entreprises, les données américaines faisant état d'une dynamique soutenue au cours de la dernière décennie.
Un écart de valorisation subsiste toutefois. Les entreprises comptant au moins une femme fondatrice affichent une valorisation pré-money moyenne de 33,3 millions USD, contre 39 millions USD pour l'ensemble du marché américain du capital-risque.
Les entreprises fondées par des femmes font face à un écart plus important, avec une valorisation pré-money moyenne de 19 millions USD.
Les entreprises fondées par des femmes sont souvent cédées plus rapidement, atteignant le point médian jusqu'à la cession en 7,9 ans, contre 8,5 ans pour l'ensemble du marché.
Une préparation anticipée peut renforcer le pouvoir de négociation des fondatrices, en leur permettant d'anticiper les enjeux liés à l'entreprise, à la fiscalité et à la gestion de patrimoine avant le lancement d'une transaction.
Une bonne préparation à la cession crée des opportunités, offrant aux fondatrices une plus grande liberté d'action lorsque la bonne opportunité se présente.
Pour de nombreux entrepreneurs, vendre leur entreprise représente l'aboutissement de plusieurs années, voire de plusieurs décennies, d'ambition, de prise de risque et de travail acharné. Pourtant, créer une entreprise prospère et la préparer à une cession réussie ne sont pas tout à fait la même chose.
Pour les femmes fondatrices, cette distinction est particulièrement pertinente. Les données européennes sur le sujet sont limitées, mais les statistiques américaines donnent une indication utile de la tendance. Selon PitchBook US All In 2025, les licornes fondées par des femmes, c'est-à-dire les sociétés non cotées valorisées à plus d'un milliard USD, ont franchi un nouveau cap en 2025, avec une progression à la fois de leur nombre et de leur valeur de marché globale. Les femmes fondatrices ont également augmenté de manière régulière leur part des cessions d'entreprises au cours de la dernière décennie.
Un écart de valorisation subsiste toutefois. Aux États-Unis, les entreprises financées par le capital-risque comptant au moins une femme fondatrice affichent une valorisation pré-money moyenne de 33,3 millions USD, contre 39 millions USD pour l'ensemble du marché américain du capital-risque. Pour les entreprises fondées exclusivement par des femmes, ce chiffre tombe à 19 millions USD.
Fait intéressant, le calendrier raconte une autre histoire. La moitié des entreprises fondées par des femmes atteignent une cession en 7,9 ans, contre 8,5 ans pour l'ensemble du marché. Toutefois, parvenir à une cession plus rapidement ne se traduit pas nécessairement par une valorisation plus élevée.
C'est là que la préparation joue un rôle essentiel. Les fondatrices ne peuvent pas toujours choisir le moment où une opportunité de vente se présentera. Maximiser la valorisation au moment de la cession dépend de nombreux facteurs. Les conditions de marché évoluent, de nouveaux concurrents émergent et des approches non sollicitées peuvent accélérer les projets de manière inattendue. En revanche, les fondatrices gardent la maîtrise d'un élément essentiel : le degré de préparation de l'entreprise, ainsi que de leur propre situation financière, lorsque le moment se présente.
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Avant la cession : se préparer 12 à 24 mois à l’avance
Les cessions les plus réussies commencent souvent bien avant qu’un acquéreur ne se manifeste.
Dans l’idéal, les fondatrices devraient commencer à porter un regard plus critique sur leur entreprise un à deux ans avant une éventuelle vente. Cette période permet de remédier aux points faibles sans subir la pression d’un processus de cession en cours. L’objectif est triple :
Renforcer les fondations commerciales et opérationnelles de l’entreprise
Réduire la dépendance excessive à l’égard de la fondatrice
Optimiser la situation fiscale et patrimoniale des actionnaires
Éliminer les points de friction : renforcer les fondamentaux de l’entreprise
Un acquéreur examinera inévitablement l’entreprise au-delà des chiffres de croissance affichés. Les contrats, la propriété intellectuelle, le reporting financier, l’infrastructure technologique et la résilience opérationnelle peuvent tous influencer le niveau de confiance et la valorisation. Des éléments qui semblent mineurs dans le cadre des activités quotidiennes peuvent devenir significatifs lorsqu’une transaction fait l’objet d’un examen approfondi.
Les accords commerciaux constituent un bon point de départ. Les fondatrices devraient revoir de manière proactive leurs contrats commerciaux et s’assurer que les principaux contrats clients ou fournisseurs sont examinés afin d’identifier d’éventuelles clauses de changement de contrôle ou d’autres droits susceptibles d’être déclenchés par une vente. Il en va de même pour les fondations opérationnelles de l’entreprise. L’accès aux actifs essentiels, tels que les locaux, doit être sécurisé, tandis que les systèmes informatiques, les dispositifs de protection des données et les plans de continuité des activités doivent être suffisamment robustes pour résister à l’exercice de due diligence.
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La propriété intellectuelle constitue un autre domaine essentiel. Tous les actifs, y compris les marques, les brevets, les logiciels et les technologies propriétaires, doivent appartenir clairement à l’entreprise et être correctement documentés.
La transparence financière est tout aussi importante. Les acquéreurs attendent des états financiers irréprochables, des prévisions crédibles et des indicateurs clés de performance (KPI) pertinents, qui mettent clairement en évidence la trajectoire de croissance de l’entreprise et la pérennité de ses résultats.
Identifier les questions difficiles avant qu’un acquéreur ne les pose permet de disposer du temps nécessaire pour résoudre en amont les problèmes potentiels, réduire les risques d’exécution et aborder les négociations dans une position plus favorable
En pratique, de nombreuses fondatrices choisissent de réaliser une vendor due diligence avant de lancer formellement un processus de cession. Identifier les questions difficiles avant qu’un acquéreur ne les pose permet de disposer du temps nécessaire pour résoudre en amont les problèmes potentiels, réduire les risques d’exécution et aborder les négociations dans une position plus favorable.
Construire une équipe de direction capable d’accompagner la croissance
Une entreprise de valeur doit être capable de prospérer sans que sa fondatrice soit au centre de chaque décision. Pour une entrepreneure qui a créé son entreprise de toutes pièces, se retirer de la gestion quotidienne peut constituer l’un des aspects les plus difficiles de la préparation d’une cession. Pourtant, du point de vue d’un acquéreur, une dépendance excessive à l’égard d’une seule personne peut représenter un risque, en particulier si la fondatrice envisage de se retirer après la transaction.
Une entreprise prête pour une cession doit démontrer l’existence d’une structure de management solide et autonome, avec des responsabilités clairement déléguées et des capacités de leadership qui ne reposent pas uniquement sur la fondatrice. Cette évolution peut être particulièrement importante pour les femmes fondatrices, qui restent souvent très impliquées dans les opérations. L’objectif n’est pas de rendre la fondatrice moins importante ; il s’agit de démontrer que l’entreprise qu’elle a créée est en mesure de poursuivre sa croissance au-delà de sa personne.
Considérations relatives aux actionnaires
Préparer l’entreprise n’est qu’une partie de l’équation. Les fondatrices doivent également se préparer elles-mêmes.
Bien avant le lancement d’une transaction, les fondatrices devraient s’interroger sur la manière dont la valeur est actuellement créée, partagée et, à terme, réalisée. Cela implique notamment d’examiner le mode de rémunération des actionnaires, leur relation financière avec l’entreprise ainsi que la répartition de la valeur entre salaires, dividendes et plus-values.
La structuration de la transaction elle-même est tout aussi importante, car la forme de l’opération peut avoir une incidence significative sur son traitement fiscal. Ces considérations varient selon les juridictions, mais dans tous les cas, une anticipation précoce des implications fiscales permet aux fondatrices d’optimiser le résultat final et d’éviter des conséquences inattendues.
Il existe également une dimension familiale plus large. Dans les entreprises familiales et les entreprises dirigées par leur fondatrice, les actionnaires peuvent avoir des attentes différentes en matière de prix, de calendrier ou quant à la suite des événements
Cette dimension familiale revêt également une importance particulière. Dans les entreprises familiales et les entreprises dirigées par leur fondatrice, les actionnaires peuvent avoir des attentes différentes en matière de prix, de calendrier ou quant à la suite des événements. Un membre de la famille peut considérer la cession comme l'aboutissement naturel du parcours entrepreneurial, tandis qu'un autre peut voir l'entreprise comme un héritage à préserver. Clarifier les structures de détention, les attentes et les questions de succession avant le début des négociations peut éviter que ces divergences ne deviennent des obstacles au mauvais moment.
Au moment de la cession : exécuter avec rigueur et préserver la valeur
Une fois la transaction engagée, la nature du défi change. La fondatrice ne se contente plus de diriger une entreprise. Elle doit en réalité mener de front deux processus exigeants : poursuivre la performance commerciale tout en pilotant la cession.
Deux priorités, un même défi
La transaction peut rapidement mobiliser l'attention de l'équipe dirigeante. Réunions avec les conseillers, négociations avec les acquéreurs potentiels, demandes d'informations, documentation juridique et multiples phases de due diligence s'enchaînent. Pourtant, il faut continuer à servir les clients, fidéliser les collaborateurs et atteindre les objectifs fixés. Cet équilibre est essentiel, car la valeur en cours de négociation repose en partie sur une entreprise qui doit continuer à afficher de solides performances tout au long du processus. Une cession réussie exige donc de la discipline afin d'éviter que l'entreprise ne perde son élan.
La bonne équipe fait la différence
La réussite d'une cession repose sur l'équipe de conseillers qui accompagne la fondatrice. Conseillers en fusions-acquisitions, avocats, spécialistes fiscaux et experts en gestion de patrimoine abordent chacun la transaction sous un angle différent. En travaillant ensemble, ils peuvent aider une fondatrice à comprendre non seulement la valorisation affichée, mais aussi les implications des conditions qui la sous-tendent.
Pour une personne qui a consacré des années à bâtir une entreprise, une cession revêt inévitablement une dimension personnelle. Des conseillers expérimentés peuvent apporter l'objectivité nécessaire aux négociations. Leur rôle est essentiel pour naviguer dans la complexité de la transaction et veiller à ce que les intérêts de la fondatrice soient efficacement défendus.
Due diligence : l'épreuve de vérité pour la valeur
La due diligence constitue une étape déterminante du processus, car c'est à ce moment-là que la valeur de l'entreprise est examinée en détail et validée. Les questions deviennent plus précises et les hypothèses sont mises à l'épreuve. Le récit de croissance, la propriété intellectuelle, la clientèle, les prévisions, les contrats et la structure de management feront tous l'objet d'un examen approfondi.
Une préparation rigoureuse est donc essentielle. Les informations doivent être bien organisées ; les données financières, juridiques et opérationnelles doivent présenter un récit cohérent ; et l'équipe dirigeante doit être en mesure d'expliquer avec assurance à la fois les performances passées et les perspectives futures.
Dans le même temps, elle doit veiller à ce que l'entreprise continue de bien fonctionner, en préservant son chiffre d'affaires, ses relations clients et la stabilité de ses équipes. Une baisse des revenus, la perte d'un client clé ou des départs inattendus au sein de l'équipe de direction pendant le processus de cession peuvent rapidement affecter à la fois le pouvoir de négociation et la valorisation.
Une baisse du chiffre d’affaires, la perte d’un client clé ou des départs imprévus au sein de l’équipe dirigeante pendant le processus de cession peuvent rapidement affecter à la fois le pouvoir de négociation et la valorisation
Au-delà du prix : structurer la transaction
Le succès d’une cession ne dépend pas uniquement du prix affiché, mais également de la structure de la transaction. L’offre la plus élevée n’est pas toujours la plus avantageuse. Des éléments tels que le calendrier et la composition des paiements, l’inclusion de mécanismes d’earn-out ou encore la répartition des risques au travers des déclarations et garanties peuvent avoir une influence significative sur le résultat final.
D’un point de vue personnel, les fondatrices doivent également prendre en compte la manière dont le produit de la cession sera perçu, imposé et réinvesti. La question ne se limite donc plus à « Combien vaut mon entreprise ? », mais devient : « Que vais-je réellement percevoir, dans quelles conditions, et quelles en seront les implications pour moi après la transaction ? »
Une approche globale, intégrant les dimensions financières, fiscales et stratégiques, est essentielle pour obtenir un résultat optimal.
Après la cession : de l’événement de liquidité à une vision de long terme
Un moment de transformation
Pour de nombreux entrepreneurs, l’essentiel de leur patrimoine a historiquement été concentré dans un seul actif : l’entreprise qu’ils ont créée. Une cession change cette réalité.
Sur le plan financier, elle transforme un actif concentré et largement illiquide en un capital liquide et diversifié, créant souvent un niveau de liberté financière qui implique une manière totalement différente d’envisager le risque, l’identité et les priorités.
Première étape : sécuriser et structurer le patrimoine
Dans les semaines qui suivent la transaction, la première priorité consiste généralement à sécuriser le produit de la cession et à le structurer de manière appropriée, tout en évaluant les besoins de liquidité à court et moyen terme, les obligations fiscales et les dispositifs de planification successorale déjà en place. Cette période appelle à une réflexion approfondie plutôt qu’à des décisions précipitées.
De la concentration à la diversification
À plus long terme, l’attention se déplace naturellement de la création de richesse au travers d’une entreprise concentrée vers la préservation du patrimoine grâce à la diversification. Cela implique de définir des objectifs d’investissement clairs, de s’exposer à différentes classes d’actifs et de veiller à ce que le portefeuille reflète la tolérance au risque de la fondatrice, ses besoins en liquidité et ses priorités de long terme.
Pour de nombreux entrepreneurs, cela représente un changement de perspective majeur : passer du soutien à une entreprise qu’ils connaissent intimement à la gestion d’un patrimoine réparti entre un éventail plus large d’opportunités.
Une cession réussie commence rarement par une offre. Elle débute bien en amont, avec des décisions concernant la structuration de l’entreprise, le développement de son leadership et la gestion de ses risques. Elle est le résultat d’une préparation rigoureuse, d’une exécution disciplinée et d’une vision claire à long terme.
Pour les femmes fondatrices, ces bases peuvent être particulièrement importantes sur un marché où les données continuent de mettre en évidence un écart de valorisation. Combler cet écart dépendra de nombreux facteurs qui échappent au contrôle d’une fondatrice prise individuellement. Une préparation rigoureuse peut néanmoins renforcer leur position, en consolidant les fondamentaux de l’entreprise, en renforçant son positionnement stratégique et en intégrant les dimensions fiscales et patrimoniales bien avant le lancement d’une transaction.
Une préparation anticipée peut également renforcer le pouvoir de négociation des fondatrices et leur offrir une plus grande liberté d’action lorsque la bonne opportunité se présente.
Finalement, être prête à une cession ne consiste pas à préparer son entreprise à être vendue demain. Il s’agit de construire une entreprise, ainsi qu’une stratégie financière personnelle, qui permettent à sa fondatrice de choisir quand agir, comment agir et à quelles conditions.
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