Des aciéries aux satellites : une autre vision des actifs non cotés

Des aciéries aux satellites : une autre vision des actifs non cotés

Les actifs non cotés traversent une phase complexe. Performances hétérogènes, interrogations sur la liquidité, montée en puissance de l’intelligence artificielle, tensions géopolitiques persistantes : le bruit ambiant est réel. Pourtant, les fondamentaux demeurent solides pour les investisseurs de long terme.

C’est autour de cette conviction qu’experts de Lombard Odier, gérants de private equity et cadre dirigeante d’une entreprise du spatial en plein essor se sont réunis lors d’un événement organisé à notre siège 1Roof. Leur message est clair : dans un environnement plus exigeant pour les actifs non cotés, la diversification ne se décrète plus. Elle se construit, avec méthode, discipline et accès différenciant.

Un environnement plus bruyant, mais des fondamentaux solides

Les dernières années ont été marquées par une succession de chocs économiques : normalisation des taux, hausse du coût du capital et tensions géopolitiques ont pesé sur l’activité et sur les performances de certains segments des actifs non cotés.

Dans un environnement plus exigeant pour les actifs non cotés, la diversification ne se décrète plus. Elle se construit

Pour Samy Chaar, Associé et Chef économiste du groupe Lombard Odier, le contexte global appelle certes à la vigilance, mais pas au désengagement. La concurrence mondiale sur les dépenses d’investissement, notamment autour de l’intelligence artificielle, est intense. La situation au Moyen‑Orient reste préoccupante. Toutefois, à ce stade, elle ne remet pas en cause les grands équilibres économiques. Surtout, le secteur privé aborde, selon lui, cette phase avec des bilans plus solides qu’il y a quinze ans. Pour l’économiste, le cap doit ainsi être maintenu : rester investi, tout en continuant à « stress tester » les portefeuilles face aux risques macroéconomiques.

Performances : le court terme sous pression, le long terme en soutien

Les questionnements sur la performance des actifs non cotés sont légitimes. Comme le souligne Daniel Matson, Global Head of Private Assets, les trois dernières années ont été plus difficiles pour certains segments des marchés privés. Le private credit, en particulier, a suscité de nombreuses interrogations.

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Mais la lecture est différente sur le long terme. Sur la durée, les actifs non cotés continuent d’afficher des performances supérieures à celles des marchés cotés, en particulier en Europe1. Dans le private credit, les rendements devraient progressivement se normaliser, après une période marquée par les hausses de taux et l’arrivée massive de capitaux d’investisseurs non institutionnels, dont une partie s’est depuis retirée. Aucun risque systémique majeur n’est identifié à ce stade.

Même constat du côté de l’intelligence artificielle : le secteur est traversé par une compétition intense entre acteurs établis et nouveaux entrants. Là encore, la sélectivité est déterminante, en adoptant une approche prudente, avec des gérants dont l’expérience est éprouvée.

L’avantage structurel du segment intermédiaire

Au cœur des échanges, un thème s’est imposé : le « mid‑market », ou segment intermédiaire, à savoir les entreprises générant un chiffre d’affaires annuel compris entre 10 et 300 millions de dollars. Elles représentent la très grande majorité des entreprises, offrant ainsi une large profondeur de marché.

Dans un univers où le capital a afflué massivement ces dernières années, éviter les stratégies trop encombrées devient un véritable facteur de performance

Pour Gonzague Bernard, Head of Investments Private Assets, ce segment présente des avantages structurels souvent sous‑estimés. Les entreprises de taille intermédiaire peuvent offrir des points d’entrée plus attractifs, un potentiel de création de valeur opérationnelle élevé et une moindre dépendance aux conditions de marché que leurs consœurs plus grandes, souvent à l’affût de la fenêtre idéale pour une IPO. Elles sont aussi moins exposées aux « effets de foule » qui caractérisent parfois les segments les plus médiatisés du private equity.

Comme le rappelle Thierry Célestin, Head of Private Assets Client Services, les écarts de performance entre gérants y sont particulièrement marqués. La sélection est donc cruciale. Dans un univers où le capital a afflué massivement ces dernières années, éviter les stratégies trop encombrées devient un véritable facteur de performance. Plus globalement, la diversification est également clé : là où le risque de perte en capital est de 24 % pour un investisseur exposé à un seul fonds d’actifs non cotés, ce taux chute à 4 % pour un investisseur ayant réparti ses avoirs entre cinq fonds.

La création de valeur repose sur des leviers concrets : restructuration opérationnelle, développement des talents, alignement des intérêts via la participation des employés

Industrie et actifs réels : le contrepoint d’Atlas Holdings

L’intervention de Tim Fazio, cofondateur et Managing Partner d’Atlas Holdings, a apporté un éclairage complémentaire. Depuis les années 1990, son approche est résolument industrielle. À contre‑courant des tendances dominantes, Atlas investit dans des entreprises manufacturières (composants automobiles, construction, agroalimentaire, métallurgie, énergie, etc.), souvent en difficulté.

La création de valeur repose sur des leviers concrets : restructuration opérationnelle, développement des talents, alignement des intérêts via la participation des employés. Une approche de long terme, fondée sur une connaissance intime des métiers, qui a démontré son efficacité.

Son constat est clair : l’afflux massif de capitaux dans le private equity a parfois conduit certains gérants à se diversifier hors de leur cœur d’expertise ces dernières années, au détriment de la performance. Là encore, la discipline et l’expertise font la différence.

Technologie et intelligence artificielle : l’adoption privilégiée

À l’autre extrémité du spectre, Joseph O’Mara, fondateur d’Aspirity Partners, illustre une approche technologique tout aussi sélective. Son fonds figure parmi les plus importants levés récemment en Europe dans les technologies pour les entreprises et la finance, avec 875 millions d’euros levés l’an dernier. Il adopte une stratégie thématique centrée sur des tendances structurelles de long terme.

Lire aussi : L’intelligence artificielle : la révolution est garantie, pas les rendements

Dans le domaine de l’intelligence artificielle, Aspirity privilégie l’angle de l’adoption. L’enjeu n’est pas tant l’innovation pure que la capacité des entreprises à intégrer l’IA de manière concrète dans leurs modèles économiques et dans les systèmes financiers. Les solutions B2B, scalables et peu intensives en capital y occupent une place centrale. Une approche qui rejoint le constat partagé par d’autres intervenants : la technologie ne crée de la valeur que lorsqu’elle est effectivement déployée.

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Les ambitions spatiales d’Isar Aerospace

En clôture de cette après‑midi d’échanges, l’intervention de Stella Guillen, Chief Commercial Officer d’Isar Aerospace, a ouvert une fenêtre sur un univers encore peu exploré par les investisseurs.

Ancienne de SpaceX et d’Arianespace, elle a rappelé une évidence souvent oubliée : notre monde repose de plus en plus sur les données spatiales. Or, le nombre de satellites en orbite a doublé en quelques années et les lancements prévus sont exponentiels, créant une pénurie critique de capacités de lancement, qui n’a pas suivi ce rythme.

Isar Aerospace se positionne précisément sur ce goulet d’étranglement stratégique, avec des lanceurs conçus pour placer en orbite des satellites de petite et moyenne taille ainsi que des constellations de satellites. L’entreprise a développé une approche industrielle rigoureuse, intégrant en interne presque chaque étape de la chaîne de valeur, de la conception au lancement, afin de garantir fiabilité et capacité de montée en charge.

Selon Stella Guillen, cette approche permet à l’entreprise de réduire drastiquement les délais entre le développement, la production, les tests et l’exploitation de ses lanceurs. Dans un délai record de seulement onze mois, Isar Aerospace a même construit sa propre plateforme de lancement en Europe du Nord.

La société a levé plus de 500 millions et dispose d’un carnet de commandes largement rempli. Un exemple emblématique d’une diversification hors des sentiers battus, ancrée dans des fondamentaux industriels solides.

Dans les actifs non cotés, le temps long demeure l’un des meilleurs alliés de la performance

Discipline, diversification et solutions sur mesure

Pour Xavier Bonna, Associé‑gérant du groupe Lombard Odier, l’approche en matière d’actifs non cotés repose sur trois piliers : indépendance, sélectivité et alignement avec les besoins des clients. L’ambition est claire : générer de la performance, sans compromis sur la gestion des risques.

Dans cet univers, il n’existe pas de solution universelle. Chaque allocation en actifs non cotés se construit sur mesure, en fonction du profil de risque, de l’horizon d’investissement et des contraintes de liquidité propres à chaque client.

Le rôle de la banque privée est dès lors central : identifier les opportunités, sélectionner les gérants et structurer l’accès dans la durée. Comme le résume Thierry Célestin, time in the market  beats timing the market. Dans les actifs non cotés, le temps long demeure l’un des meilleurs alliés de la performance.

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