Lorsque vous visitez notre Site, des informations peuvent être stockées ou récupérées sur votre dispositif, principalement sous forme de cookies. Nous utilisons des cookies nécessaires au bon fonctionnement du Site, ainsi que des cookies statistiques et marketing pour mesurer l’audience et personnaliser notre contenu. Nous faisons appel à Google pour les cookies statistiques et marketing, afin de mesurer la performance du site et diffuser des publicités pertinentes. Pour plus d’information, nous vous renvoyons également à la Politique Google Responsabilité des données d'entreprise.
Dans ce Centre des Cookies, vous pouvez définir vos choix en matière d’utilisation des cookies : accepter ou refuser certaines catégories, tout accepter ou tout refuser. Pour obtenir des informations détaillées sur l’ensemble des cookies utilisés parmi ces 3 catégories, veuillez consulter notre politique en matière de cookies.
Veuillez noter que le blocage de certains cookies peut affecter votre expérience et les services proposés.
Cookies nécessaires - Toujours actif
Les cookies nécessaires contribuent au bon fonctionnement du site en activant des fonctionnalités essentielles comme la navigation et l’accès aux zones sécurisées. Ils ne peuvent pas être désactivés dans nos systèmes.
Cookies statistiques
Les cookies statistiques nous aident à comprendre comment les visiteurs interagissent avec notre site en collectant et en communiquant des informations sur la navigation. Ils permettent d’identifier les pages les plus et les moins consultées et d’améliorer la performance globale du site.
En activant cette catégorie de cookies, vous permettez à Lombard Odier d’utiliser les services de Google pour mesurer l’audience et l’utilisation du Site.
Cookies marketing
Les cookies marketing sont utilisés pour diffuser des publicités pertinentes et mesurer la performance des campagnes. Si vous choisissez de ne pas activer ces cookies, vous continuerez à voir des publicités, mais elles seront moins adaptées à vos centres d’intérêt.
Choisissez dans quel but nous pouvons collecter et utiliser vos données au moyen des produits Google :
Stockage utilisateur : pour permettre techniquement les fonctionnalités publicitaires.
Données utilisateur pour la publicité : pour permettre l’optimisation de nos campagnes publicitaires
Personnalisation des publicités : pour adapter les publicités à vos intérêts.
Un climat qui change, El Niño et l’économie de l’adaptation
Sophie Chardon
Responsable investissement durable, Banque privée
Homin Lee
Stratège macro senior
points clés.
Les canicules qui sévissent en Europe mettent en lumière la façon dont les risques physiques liés au dérèglement climatique perturbent déjà des pans essentiels de l’économie, des transports et de l'énergie, jusqu’aux chaînes d'approvisionnement industrielles
La volatilité climatique devient un phénomène mondial, avec des événements récurrents tels qu’El Niño qui présentent une intensité et des rythmes de plus en plus inhabituels, amplifiant la fréquence et la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes dans de nombreuses régions, avec de potentielles répercussions macroéconomiques
Une évolution majeure est en cours, l'analyse de l'exposition aux risques climatiques cédant la place à l'évaluation du degré de préparation des entreprises, qui passent de la publication d’informations à la mise en œuvre de stratégies actives d'atténuation et d'adaptation
Du point de vue des investisseurs, l'essor de « l'économie de l'adaptation » crée des opportunités et permet de distinguer parmi les entreprises celles qui font preuve de résilience opérationnelle et de souplesse stratégique.
La vague de chaleur qui frappe l'Europe a fait baisser le niveau du Rhin, deuxième plus long fleuve du continent. Les péniches transportant des matières premières, du carburant et des marchandises ont diminué de moitié leur capacité. En France, la production d'énergie nucléaire a dû être réduite, les rivières étant trop chaudes pour refroidir les réacteurs. En Allemagne, les compagnies ferroviaires ont limité leurs services, les rails se déformant sous l'effet de la chaleur. Ces perturbations, à première vue localisées, révèlent en réalité que le changement climatique s’est mué en risque économique, contraignant les entreprises à s'adapter et les investisseurs à revoir leurs critères d’analyse.
Au-delà de l'Europe, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) prédit un nouvel épisode El Niño au cours des prochains mois, plus intense encore. Ce phénomène météorologique du Pacifique accroît la probabilité de canicules, ainsi que d'épisodes de sécheresse ou de précipitations extrêmes en Afrique subsaharienne, en Asie, en Océanie et en Amérique latine. Bien qu'il ne soit pas directement à l’origine des récentes vagues de chaleur qui se sont abattues sur l’Europe, il amplifie le réchauffement et augmente la probabilité de situations climatiques extrêmes. Il n'est donc pas à considérer comme un événement météorologique isolé, mais comme un avant-goût de la manière dont un monde plus chaud et plus instable affectera les économies, les entreprises et leurs investisseurs.
Les conséquences macroéconomiques d'El Niño sont difficiles à prédire et à quantifier, mais elles concernent l’ensemble des secteurs, de la production agricole et des prix des aliments, jusqu’à la production et la demande d'énergie hydroélectrique. Nous estimons que la production agricole pourrait être la plus touchée, notamment celle de blé, de maïs, de riz et de soja, avec un risque d’interruption des activités agricoles et de coupures d’électricité dans de nombreux marchés émergents clés. Ces phénomènes météorologiques survenant dans le sillage de l’important choc subi par l’offre d’engrais azotés en provenance du Moyen-Orient, la rentabilité de la production céréalière restera exceptionnellement fragile jusqu’en fin d’année. La production agricole, l’inflation des prix alimentaires et la politique monétaire seront particulièrement vulnérables en Inde et en Asie du Sud-Est.
S'inscrire à la newsletter
Un monde qui se réchauffe accroît ainsi les risques physiques liés au dérèglement climatique à long terme, avec des répercussions sur les infrastructures et la sécurité dans des secteurs allant de l'énergie et des transports jusqu’aux ressources naturelles et à la production alimentaire, mettant en lumière les carences des systèmes économiques, désormais inadaptés à un environnement changeant. Le risque climatique ne relève donc plus uniquement des experts en développement durable ; il devrait devenir un enjeu central pour les décisions des entreprises en matière d’investissement, avec des répercussions dans tous les domaines, des politiques d'approvisionnement à la planification stratégique.
Jusqu'à récemment, les marchés étaient plus prompts à intégrer les perspectives liées à la transition, incarnées par les entreprises offrant des solutions abordables et évolutives aux enjeux de durabilité, qu’à évaluer la résilience intrinsèque des entreprises face aux risques physiques. De fait, les investisseurs tendaient à se concentrer uniquement sur les entreprises exposées au changement climatique. De plus en plus, la véritable question sera de savoir quelles sont les entreprises réellement préparées, ces événements extrêmes impactant plus fréquemment les bénéfices, les marges et les valorisations à l'échelle mondiale.
Les investisseurs tendaient à se concentrer uniquement sur les entreprises exposées au changement climatique. De plus en plus, la véritable question sera de savoir quelles sont les entreprises réellement préparées
Les entreprises passent de plus en plus d'une communication passive à une gestion active de ces risques. La publication d’informations demeure un levier important pour accélérer les efforts d’atténuation des risques climatiques dans certaines régions du monde, attirant les capitaux d’investisseurs qui ont des intérêts ou des engagements en matière de développement durable, mais les pressions environnementales imposent partout des mesures d’adaptation pour assurer la résilience.
Précisons que l'« atténuation » vise à agir sur les causes du dérèglement climatique, tandis que l'« adaptation » traite des conséquences déjà visibles. Les investisseurs doivent prendre en compte ces deux dimensions.
Certaines entreprises procèdent déjà à l’évaluation de leurs sites, fournisseurs et principaux intrants, et en utilisent les résultats pour repenser leurs opérations et leurs décisions d'investissement. Les entreprises qui identifient les vulnérabilités de manière précoce et adaptent leurs chaînes d’approvisionnement avant que les perturbations ne deviennent extrêmes, seront mieux armées pour relever ces défis que celles dont les engagements en matière de durabilité commencent et finissent par la publication a postériori d’informations sur les risques.
La deuxième évolution notable est que les entreprises ne se contentent plus d’atténuer les risques climatiques, elles s’efforcent désormais de s’y adapter. Les mesures d'atténuation ayant été mises en œuvre lentement, les risques physiques devraient prévaloir, et l'adaptation deviendra un enjeu majeur. Les entreprises devront choisir entre le coût de l’action et le coût de l’inaction, et évaluer si les mesures d’adaptation s’avéreront rentables ou non.
Selon la compagnie de réassurance Munich Re, les pertes globales liées au climat auraient atteint USD 232 milliards en 2025 et USD 384 milliards en 2024. Les pertes moyennes enregistrées au cours des dix dernières années ont augmenté de plus de 60 % par rapport à la décennie précédente. Une hausse des coûts d'assurance semble très probable.
Le troisième changement concerne la manière dont les investisseurs analysent les entreprises, examinant à la fois leur exposition aux risques climatiques et leur degré de préparation. L’exposition indique où se situent les risques, tandis que le degré de préparation permet d’identifier les entreprises les mieux armées pour relever les défis avec succès. Les entreprises disposant d'activités diversifiées, de sources d'approvisionnement flexibles, d'une gestion rigoureuse des ressources en eau et de la capacité à répercuter la hausse des coûts sans affaiblir la demande, seront les mieux placées pour préserver leur rentabilité.
L’exposition indique où se situent les risques, tandis que le degré de préparation permet d’identifier les entreprises les mieux armées pour relever les défis avec succès
L’analyse financière traditionnelle et la recherche en matière de développement durable peuvent se combiner pour générer de précieux enseignements. Deux entreprises exposées à des risques physiques liés au climat théoriquement similaires peuvent néanmoins afficher des résultats différents, car l'une dispose des plans d'action, des relations fournisseurs et des infrastructures nécessaires pour transformer sa préparation en avantage concurrentiel. Tout comme les investisseurs ont historiquement récompensé les entreprises dotées de bilans solides ou d’un fort pouvoir de fixation des prix, le degré de préparation au changement climatique pourrait devenir une source de différenciation croissante en matière de valorisation sous la forme d’une « prime à la préparation » climatique. Notre analyse de la durabilité des entreprises s’efforce d’adopter une telle vision holistique, en évaluant non seulement l’origine des profits, mais aussi le positionnement de l’entreprise et sa contribution plus large à des résultats durables.
L’adaptation sera ainsi la prochaine étape en matière d’investissement durable. Les adaptations visant à améliorer la résilience de nos infrastructures économiques peuvent accroître la productivité, améliorer l’efficacité des ressources et créer de la valeur, avec des opportunités tant dans les marchés cotés que privés.
L'eau est au cœur de ces préoccupations. Elle constitue l’une des ressources économiques les plus stratégiques et les plus sous-estimées, avec des répercussions sur l'agriculture, l'industrie, l'exploitation minière, la production d'énergie et la logistique. La baisse du niveau des cours d'eau démontre comment la hausse des températures et l'irrégularité croissante des précipitations peuvent peser non seulement sur la production et le transport des aliments, mais aussi sur la demande et la production d'énergie, notamment pour les centres de données ou les réacteurs nucléaires, qui dépendent de l'eau de refroidissement.
Le marché des infrastructures de traitement, de recyclage, de surveillance, de détection des fuites, de stockage et de distribution de l'eau se développera donc à mesure que sa rareté deviendra économiquement plus visible. Dans le domaine de l’agriculture, des pratiques telles que l'agroforesterie, les cultures de couverture et le semis direct améliorent les sols en retenant l'humidité et en soutenant les rendements pendant les périodes de sécheresse.
Une autre opportunité réside dans l'intelligence climatique. Les entreprises nécessitant une évaluation plus détaillée des risques physiques ont aussi besoin de données, de modèles et d'outils de planification plus performants. Il en va de même pour l'analyse de scénarios quant à l'impact du dérèglement climatique sur la performance et les investissements des entreprises. Ces besoins augmenteront la demande en services de conseil en ingénierie et environnement, en analyse climatique et en spécialistes de la résilience.
Dans de nombreux cas, la question n’est plus de savoir si l’adaptation a un coût, mais si le coût de l’inaction est plus élevé
Enfin, la résilience climatique ne se limite pas aux infrastructures physiques, mais englobe de manière croissante la résilience des systèmes de santé et du capital humain. En Europe, les récentes canicules ont entraîné une surmortalité, une augmentation des admissions aux urgences et une hausse des coûts de santé, tout en réduisant la productivité dans les secteurs d'activité en extérieur, notamment la construction, les transports et l'agriculture. Les variations de température et les régimes de précipitations peuvent également modifier la propagation des maladies à transmission vectorielle et hydrique, accentuant la pression sur les systèmes de santé.
Un monde plus chaud et plus instable rendra la résilience encore plus précieuse et en fera un facteur différenciant. Les investisseurs devront évaluer quelles entreprises, quels actifs et quels modèles d’affaires sont réellement préparés à relever les défis climatiques. Cette évaluation exige une analyse plus sophistiquée et adaptée au long terme. De notre point de vue, l’économie de l’adaptation sera fondamentale pour la transition climatique, car elle influence l’allocation des capitaux et les opportunités d’investissement. Dans de nombreux cas, la question n’est plus de savoir si l’adaptation a un coût, mais si le coût de l’inaction est plus élevé.
CIO Office Viewpoint
Un climat qui change, El Niño et l’économie de l’adaptation
Le présent document de marketing a été préparé par Banque Lombard Odier & Cie SA (ci-après « Lombard Odier »).
Il n’est pas destiné à être distribué, publié ou utilisé dans une juridiction où une telle distribution, publication ou utilisation serait interdite, et ne s’adresse pas aux personnes ou entités auxquelles il serait illégal d’adresser un tel document de marketing. En savoir plus.
partager.