Monocle et Lombard Odier – Repenser la pérennité II

L’alimentation

Lombard Odier et Monocle explorent ensemble la manière dont les entreprises révolutionnent la gestion des pénuries de ressources. Rencontrez les start-ups qui repensent la manière dont l’alimentation peut être produite, préparée, distribuée et consommée de façon durable. L’industrie agricole doit s’adapter et nous aussi.


Étude de cas 04 - Essento - Suisse

Essento, le fabricant de produits alimentaires de Zurich, souhaite introduire les insectes comestibles en Suisse. « Nous en avions une expérience très positive à l’étranger et leur goût nous avait surpris », raconte Melchior Füglistaller, responsable commercial et marketing. Il a pris part à une action visant à modifier la législation suisse en matière de sécurité alimentaire afin d’autoriser la commercialisation d’insectes. En mai dernier, la Suisse est devenue le premier pays de l’Espace économique européen à approuver la vente de produits à base d’insectes. « Essento s’était préparé à ce moment depuis trois ans », explique Melchior Füglistaller. Et d’ajouter que la question est à l’étude dans d’autres pays de l’Union européenne.

Plus de deux milliards de personnes complètent déjà leur régime alimentaire avec des insectes et, d’après les Nations Unies, en manger plus pourrait contribuer à lutter contre la faim dans le monde et à réduire la pollution. Non seulement l’élevage d’hexapodes exige moins de ressources, mais ceux-ci génèrent par ailleurs très peu de dioxyde de carbone par comparaison au bétail, alors qu’ils sont une source de protéines, de vitamines et de minéraux aussi importante. S’ils ne paraissent pas si appétissants au premier abord, les grillons et les sauterelles ont été comparés, en termes de goût, à du popcorn et à du poulet. « Nous consacrons beaucoup de temps à des activités itinérantes. Nous proposons ainsi des ateliers, des manifestations diverses et notre stand de street-food », explique Melchior Füglistaller. « Voir les gens manger des insectes au quotidien n’est pas encore pour tout de suite, mais nous y travaillons ».
 

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Étude de cas 05 - Bulk Market - Royaume-Uni

Les épiceries spécialisées vendant des produits régionaux de grande qualité ont fait leur apparition à Londres ces dernières années, mais jusqu’en septembre dernier, il n’y avait aucun supermarché sans emballage à l’horizon. Bulk Market a ouvert ses portes dans le quartier de Dalston, dans l’Est londonien et, si son nom fait penser à de la vente de gros, il s’agit d’un tout petit établissement qui délivre un message fort. « Ce magasin représente tout ce en quoi je crois », explique sa fondatrice Ingrid Caldironi. « Je pense qu’on devrait pouvoir consommer sans générer de déchets ».

Monocle2_Article-B.jpgDu quinoa cultivé dans la région de l’Essex aux produits de nettoyage fabriqués dans celle de l’Exmoor, Bulk Market stocke près de 300 articles dont l’approvisionnement est local, qui sont produits de façon durable et vendus en vrac. Les consommateurs doivent seulement venir au magasin avec leurs propres récipients pour en faire provision.

La plupart des produits vendus dans les chaînes de supermarchés britanniques sont conditionnés sous plastique, y compris les fruits et les légumes. Autant dire que l’idée d’Ingrid Caldironi contredit la tendance. Et alors que la France interdit désormais les couverts en plastique et que l’Allemagne décide de mettre les emballages recyclables sous consigne remboursable, d’autres entreprises britanniques pourraient s’inspirer du livre d’Ingrid Caldironi. Dans son magasin, rien n’est mis en décharge. Même la pulpe générée par le presse-agrumes qui lui sert à préparer des boissons fraîches est réutilisée pour donner plus de goût à son granola croustillant.


Étude de cas 06 - Full Harvest - États-Unis

Un concombre recourbé, une carotte à l’extrémité fourchue, une laitue romaine enroulée sur elle-même : ces légumes imparfaits sont souvent jugés trop « laids » pour être présentés sur les étals des supermarchés. Aux États-Unis, près de 9 milliards de kilogrammes de produits présentant des irrégularités ne satisfont pas aux critères esthétiques de la plupart des grands détaillants. Ils sont donc tout simplement jetés.

« J’estime que c’est inacceptable, d’autant plus qu’une grande partie de nos précieuses ressources est gaspillée pour produire des aliments qui ne seront pas consommés », explique Christine Moseley. Full Harvest, société créée à San Francisco en 2015, souhaite donner un meilleur usage aux légumes moins photogéniques, mais parfaitement comestibles. En mettant directement en relation des exploitations agricoles et des entreprises du secteur alimentaire, Full Harvest encourage la vente à prix réduit de produits difformes. Cette solution est source d’économies considérables pour les nombreux cafés et restaurants qui achètent des fruits et des légumes d'une forme parfaite à des prix exorbitants dans le seul but de les découper peu de temps après.


Q&A - Ratatouille - Italie

Ratatouille est une application de partage des aliments qui doit son nom au ragoût de légumes qui sert souvent à accommoder les restes. Elle encourage une utilisation inventive du surplus de nourriture qui, autrement, serait perdu. Luca Milan est l’un des quatre développeurs italiens qui ont cofondé le projet en 2014. Il nous dévoile ici la recette du succès de Ratatouille et ce que l’avenir lui réserve.


Qu’est-ce qui est à l’origine de Ratatouille ?

Nous vivions chacun de notre côté et nous avons réalisé que nous entassions tous dans notre réfrigérateur des produits alimentaires que nous ne pouvions tout simplement pas consommer en temps voulu. De par notre travail, nous sommes continuellement en déplacement et notre garde-manger regorgeait de produits périmés. Et savoir que nous jetions de la nourriture nous semblait vraiment déplacé. Nous avons donc réfléchi à une façon de la partager.


Combien de personnes utilisent l’application et quel en est le fonctionnement ?

Nous comptons environ 3 500 utilisateurs. Nous avons commencé à Venise, ce qui explique que la plupart d’entre eux soient italiens. Un grand nombre est installé également à Londres, à New York et à San Francisco. Il suffit de dresser la liste des aliments que vous avez en stock et de chercher qui d’autre dispose des ingrédients dont vous avez besoin. En plus de contribuer à réduire le gaspillage, nous avons espéré dès le départ que l’application soit, pour les gens, un moyen de connaître d’autres personnes partageant les mêmes valeurs.


Comment le projet évolue-t-il ?

Nous prévoyons d’ajouter des fonctionnalités pour que les petits producteurs agricoles puissent se faire connaître, qu’il s’agisse de petites entreprises ou de toute personne cultivant son potager.

Information Importante

Le présent document de marketing a été préparé par Lombard Odier (Europe) S.A., un établissement de crédit agréé et réglementé par la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) au Luxembourg. La publication de document de marketing a été approuvée par chacune de ses succursales opérant dans les territoires mentionnés au bas de cette page (ci-après « Lombard Odier »).

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