Investissement soutenable – à l’aube d’une nouvelle ère économique. Un interview avec notre Co-associé-gérant, Hubert Keller

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Investissement soutenable – à l’aube d’une nouvelle ère économique. Un interview avec notre Co-associé-gérant, Hubert Keller

Entretien publié sur https://lombardodier.lesechos.fr/ le 29 Janvier 2021

 

Le modèle économique actuel est en pleine transition. Lombard Odier s’est engagée dans une stratégie axée sur la création d’un nouveau modèle soutenable, appelé l’économie CLIC™. Quelles sont vos aspirations ?

Nous sommes convaincus que l’investissement soutenable est une source de performance pour nos clients. Aujourd’hui, notre modèle économique est en pleine mutation et des forces très puissantes sont à l’œuvre pour transformer notre modèle en profondeur. Les acteurs économiques ainsi que gouvernementaux comprennent l’urgence d’agir et de trouver des solutions aux défis environnementaux et sociaux auxquels nous faisons face. Ce nouveau modèle, nous l’appelons CLIC™1, c’est-à-dire une économie plus circulaire, plus efficiente dans son utilisation de matériaux, plus inclusive socialement et beaucoup plus propre. Nous avons identifié 8 défis majeurs de cette transition et les entreprises, selon nous, ont un rôle à jouer pour repenser notre modèle de croissance actuel : élimination des déchets, régénération du capital naturel, dématérialisation à tous les niveaux, une meilleure efficacité dans l’utilisation des ressources, une société plus solidaire et plus sûre, une économie neutre en carbone et l’adaptation aux changements climatiques.

Nous sommes convaincus que l’investissement soutenable est une source de performance pour nos clients

Vous qualifiez le monde d’aujourd’hui de WILD (Wasteful, Idle, Lopsided, Dirty2). Cet état est-il votre point de départ pour le changement ? Pourquoi le définissez-vous ainsi ?

Ce modèle, que nous qualifions de WILD, inclut les notions de gaspillage, d’inefficacité, d’inégalité sociale et de déchets. Notre activité économique aujourd’hui a une empreinte négative sur l’environnement et la société et ne peut plus répondre aux besoins des près de 8 milliards d’individus sur la planète. De plus, nous extrayons plus de 90 milliards de tonnes de ressource qui sont pour la plupart inutilisés. Ce modèle de consommation intensive produit 70 milliards de tonnes de déchets par an, dont plus de la moitié sous forme d’émissions de CO2. Le problème n’est plus seulement écologique, il est économique : nous épuisons le capital naturel sur lequel notre économie repose, mettant ainsi en péril nos activités économiques.

… nous épuisons le capital naturel sur lequel notre économie repose, mettant ainsi en péril nos activités économiques

Avez-vous le sentiment que rien n’a été entrepris pour sauver notre planète ?

Non, au contraire, nous sommes plutôt optimistes ! Nous observons un changement des mentalités ainsi qu’une réelle considération de la part des politiques avec la mise en place de réglementations strictes récemment. Les entreprises s’engagent de plus en plus à analyser leur empreinte et repenser leur modèle d’affaire pour assurer leur pérennité et faire face aux défis grandissants de la durabilité, engageant parfois des changements profonds pour répondre à ce changement systémique. Enfin, l’innovation technologique combinée aux économies d’échelle nous apportent des solutions non seulement plus durables mais aussi meilleur marché. Prenons deux exemples concrets. L’industrie automobile a vu les prix des batteries chuter ce qui permettra bientôt aux véhicules électriques de se vendre moins cher que ceux propulsés par un moteur à combustion. D’un autre côté, l’industrie du charbon aux États-Unis est en déclin. En 2019, la production d’électricité par des sources solaires et éoliennes est devenue meilleur marché que celle provenant du charbon, entraînant ainsi un grand nombre de sociétés de charbon à la faillite. Nous pensons que les forces du marché seront un vecteur important de la transition écologique.

Pour en savoir plus sur la révolution des transports, cliquez ici.

 

On observe un vrai changement des mentalités de la part des consommateurs vers plus de durabilité, mais qu’en est-il de la finance ? Vos clients sont-ils prêts à vous suivre sur les thématiques de transition écologique ?

Je reste convaincu que la priorité de la plupart de nos clients privés et institutionnels reste la performance. Mais ce qui a évolué considérablement, c’est l’impact de ces défis de durabilité sur les opportunités d’investissements et la génération de rendement. Aujourd’hui, les clients le réalisent de plus en plus et demandent un alignement de leurs investissements sur ces grands défis de durabilité. Ils souhaitent s’assurer que nous déployons leur capital dans les entreprises qui seront les gagnantes de cette transformation économique et que nous puissions éviter celles qui pourraient en souffrir ou même disparaître.

… ce qui a évolué considérablement, c’est l’impact de ces défis de durabilité sur les opportunités d’investissements et la génération de rendement

Lire plus ici sur comment les entreprises peuvent réduire leur empreinte carbone, ici .

 

Concrètement, quelles sont vos solutions pour vos clients ? 

Concrètement, nous pensons qu’il faut investir en priorité dans les entreprises qui comprennent la transformation du système et adaptent leurs modèles d’affaires en fonction. Ensuite, nous proposons également à nos clients des stratégies d’investissement qui n’incluent que des entreprises qui construisent le modèle économique durable de demain. Nous avons récemment lancé deux stratégies Actions Globales, une sur la transition climatique et une sur le capital naturel.

 

Comment évaluez-vous l’empreinte d’un portefeuille? Et qu’est-ce qu’un portefeuille soutenable selon vous?

La première étape consiste à comprendre les trajectoires de transition requises pour faire face à chacun des grands défis de durabilité pour chacune des industries dans lesquelles nous investissons. Par exemple, pour le défi climatique, nous cherchons à comprendre la trajectoire de décarbonisation nécessaire à l’industrie du fer et de l’acier pour que celle-ci puisse s’aligner aux accords de Paris. Cette trajectoire repose sur différentes hypothèses, telles que de nouveaux investissements, une disponibilité de nouvelles technologies, ou des changements de processus de fabrication. Ensuite, nous cherchons à positionner chacune des entreprises dans lesquelles nous investissons par rapport à ces mêmes trajectoires de transition.

De plus, construire un portefeuille durable signifie selon nous surpondérer les entreprises qui sont alignées à leur trajectoire de transition industrielle et sous-pondérer celles qui ne le sont pas. Afin de mener ceci à bien, d’importants efforts de recherche fondamentale sont nécessaire. C’est pourquoi nous avons noué des partenariats stratégiques avec l’Université d’Oxford et SystemIQ, un think-tank réputé en matière de durabilité.

Ce que nous sommes en train de vivre est inédit et prendra, selon moi, plus d’ampleur que la révolution industrielle du 19e siècle car elle est soutenue par la révolution digitale que nous connaissons

Et vous, que pensez-vous de cette transition vers la soutenabilité ? Etes-vous confiant ?

Je suis optimiste ! Ce que nous sommes en train de vivre est inédit et prendra, selon moi, plus d’ampleur que la révolution industrielle du 19e siècle car elle est soutenue par la révolution digitale que nous connaissons. Tout peut être repensé. De nouvelles technologies se créent tous les jours pour répondre aux défis de la durabilité et cela crée des opportunités d’investissement inégalables.

 

1 CLIC™ est un acronyme anglais pour CircularLeanInclusiveClean.
2 WILD est un acronyme anglais « maison » pour Wasteful, Idle, Lopsided, Dirty.

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