Le choc pétrolier et le COVID-19 pourraient-ils avoir un impact positif sur l’investissement climatique ? Cinq arguments en faveur de cette thèse

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Le choc pétrolier et le COVID-19 pourraient-ils avoir un impact positif sur l’investissement climatique ? Cinq arguments en faveur de cette thèse

Christopher Kaminker, PhD - Responsable Recherche et Stratégie en Investissement durable<br/>Lombard Odier Investment Managers

Christopher Kaminker, PhD

Responsable Recherche et Stratégie en Investissement durable
Lombard Odier Investment Managers
Thomas Höhne-Sparborth, PhD - Senior Sustainability Analyst

Thomas Höhne-Sparborth, PhD

Senior Sustainability Analyst
Kristina Church - Senior Investment Strategist for sustainable investment

Kristina Church

Senior Investment Strategist for sustainable investment

Devenue une urgence sanitaire nationale aux quatre coins de la planète, la pandémie du COVID-19 affecte tragiquement de nombreuses nations. Les marchés sont extrêmement volatils, les cours du pétrole se sont effondrés et l’économie mondiale est touchée de plein fouet.

Si l’on se réfère aux données passées, on pourrait s’attendre à ce que la faiblesse des cours du pétrole impacte la transition vers une économie à zéro émission nette. Mais chez Lombard Odier, nous pensons que la guerre des prix du pétrole et le coronavirus pourraient avoir un effet positif sur les stratégies de transition climatique. Pourquoi ? Parce que la politique, les forces du marché et la dynamique de la consommation semblent être une combinaison de plus en plus favorable à la décarbonisation.

La guerre des prix du pétrole et le COVID-19 pourraient, selon nous, avoir un impact positif sur les stratégies de transition climatique.

En outre, les énergies renouvelables et leurs technologies sont bien positionnées pour la croissance et la révolution circulaire actuellement à l’œuvre dans l’industrie. Cette nouvelle donne repose tout simplement sur une meilleure proposition économique et ne sera pas freinée par les turbulences du marché que nous observons ces jours-ci.

Il y a cinq raisons pour lesquelles nous pensons que le choc pétrolier pourrait bien accélérer la transition vers une économie à zéro émission nette :


1. Politique

Différentes politiques sont mises en œuvre pour soutenir la décarbonisation et l’avènement de transports propres. Un nombre croissant de villes interdisent ainsi les moteurs à combustion interne et réglementent pour limiter les émissions de carbone au niveau du parc automobile. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que la pollution atmosphérique tue près de sept millions de personnes chaque année dans le monde – c’est plus que les décès liés au tabagisme.

Nous tablons sur une intensification des mesures de relance budgétaire dans les secteurs à faible teneur en carbone et favorables à la croissance puisque que les gouvernements s’efforcent de contrer l’impact négatif du COVID-19.

Les politiques encourageant la mise en place d’une énergie propre et de transports non polluants sont non seulement motivées par le changement climatique, mais aussi, de plus en plus, par les coûts sanitaires et économiques considérables d’une grave pollution atmosphérique à l’échelle locale. D’autres politiques tels que le Pacte vert annoncé par l’UE, d’un montant de 1’000 milliards de dollars, conçu pour amener l’Union à un niveau à zéro d’émission nette d’ici 2050, ou encore les tests de résistance auxquels les banques soumettent leurs marchés pour évaluer les risques climatiques (comme l’a fait la Banque d’Angleterre), sont autant de pas dans la bonne direction. Nous tablons sur une intensification des mesures de relance budgétaire dans les secteurs à faible teneur en carbone et favorables à la croissance puisque que les gouvernements s’efforcent de contrer l’impact négatif du COVID-19.


2. Energies renouvelables et batteries

Grâce à l’innovation et aux économies d’échelle, les coûts des énergies renouvelables et des batteries baissent, tandis que leur efficacité augmente. La technologie éolienne et les batteries au lithium sont de moins en moins chères. Par exemple, depuis 2019, le coût des éoliennes a diminué de 40% par mégawatt. Des études montrent qu’à coût égal, les technologies éolienne et solaire fournissent sept fois plus d’énergie que le pétrole, qui se négocie à 60 dollars le baril. Les coûts de production des batteries sont très peu affectés par la dynamique du cours du pétrole et continueront de reculer à mesure que les économies d’échelle s’accéléreront et que l’efficacité de la chimie cellulaire augmentera. Les énergies renouvelables continueront de gagner des parts de marché vu que les coûts continuent de baisser.

Les énergies renouvelables continueront de gagner des parts de marché vu que les coûts continuent de baisser.

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3. Evolution des habitudes de consommation

Ces dernières années, nous avons assisté à un changement des habitudes de consommation, car nos modèles économiques ne sont pas soutenables. Les acheteurs demandent des biens et services soutenables pour protéger la planète. L’évolution des modèles d’entreprise soutient ce changement. Ainsi, la location avec option d’achat (leasing) est désormais le modèle prédominant pour l’achat de nouveaux véhicules sur les marchés développés. Cela joue en faveur des véhicules électriques (VE), qui ont un prix initial plus élevé mais un coût total de possession plus faible. Et comme la réglementation sur les émissions moyennes des parcs automobiles impose l’adoption des VE, que les consommateurs souhaitent ou non conduire de manière plus écologique, nous pensons qu’une réduction du prix du pétrole aura peu d’impact sur la transition climatique déjà engagée dans le secteur automobile.

Nous pensons qu’une réduction du prix du pétrole aura peu d’impact sur la transition climatique déjà engagée dans le secteur automobile.

4. Impact du COVID-19 sur le secteur pétrolier

En Chine et ailleurs, le ralentissement économique résultant de la pandémie a bridé la demande de pétrole. Ce phénomène, conjugué au ralentissement du tourisme et des voyages internationaux, met en évidence notre dépendance à l’égard d’autres marchés et l’exposition de nos chaînes d’approvisionnement. Si nous commençons à produire plus localement, nous pourrions assister à une certaine forme de « démondialisation » qui pourrait faire baisser les besoins mondiaux en matière de transports. Cela affecterait les secteurs aérien, maritime et le transport, trois industries extrêmement polluantes. Dans une telle situation, les gouvernements pourraient opter pour des solutions renouvelables locales lors des phases de turbulences sur le marché. Notre stratégie de transition climatique met l’accent sur les solutions technologiques et les opportunités d’adaptation qui sont susceptibles de gagner des parts de marché au cours d’une telle transition.

Les gouvernements pourraient opter pour des solutions renouvelables locales lors des phases de turbulences sur le marché.


5. Pétrole : le pic de la demande est révolu

Les compagnies pétrolières se rendent compte que le pic de la demande de pétrole est révolu, ce qui va probablement prolonger la guerre des prix sur long terme. Une grande partie du pétrole produit à des coûts accrus dans le monde dans le secteur hérité de l’énergie, ce qui pose particulièrement problème dans le cadre du changement climatique (pétrole dans l’Arctique, sables bitumineux, torchage du méthane provenant de la fracturation). Le risque de voir les producteurs subir d’importantes dépréciations en raison d’ « actifs inutilisables » augmente à mesure que se renforce la dynamique en faveur d’une transition vers une économie à zéro émission nette. Si les prix bas persistent, les investisseurs pourraient commencer à rechercher des alternatives plus écologiques pour remplacer leurs investissements en combustibles fossiles.

4. Impact du COVID-19 sur le secteur pétrolier

En Chine et ailleurs, le ralentissement économique résultant de la pandémie a bridé la demande de pétrole. Ce phénomène, conjugué au ralentissement du tourisme et des voyages internationaux, met en évidence notre dépendance à l’égard d’autres marchés et l’exposition de nos chaînes d’approvisionnement. Si nous commençons à produire plus localement, nous pourrions assister à une certaine forme de « démondialisation » qui pourrait faire baisser les besoins mondiaux en matière de transports. Cela affecterait les secteurs aérien, maritime et le transport, trois industries extrêmement polluantes. Dans une telle situation, les gouvernements pourraient opter pour des solutions renouvelables locales lors des phases de turbulences sur le marché. Notre stratégie de transition climatique met l’accent sur les solutions technologiques et les opportunités d’adaptation qui sont susceptibles de gagner des parts de marché au cours d’une telle transition.

Les gouvernements pourraient opter pour des solutions renouvelables locales lors des phases de turbulences sur le marché.


5. Pétrole : le pic de la demande est révolu

Les compagnies pétrolières se rendent compte que le pic de la demande de pétrole est révolu, ce qui va probablement prolonger la guerre des prix sur long terme. Une grande partie du pétrole produit à des coûts accrus dans le monde dans le secteur hérité de l’énergie, ce qui pose particulièrement problème dans le cadre du changement climatique (pétrole dans l’Arctique, sables bitumineux, torchage du méthane provenant de la fracturation). Le risque de voir les producteurs subir d’importantes dépréciations en raison d’ « actifs inutilisables » augmente à mesure que se renforce la dynamique en faveur d’une transition vers une économie à zéro émission nette. Si les prix bas persistent, les investisseurs pourraient commencer à rechercher des alternatives plus écologiques pour remplacer leurs investissements en combustibles fossiles.

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