Comment lutter contre la pollution plastique ? 10 solutions pour un avenir plus vert

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Comment lutter contre la pollution plastique ? 10 solutions pour un avenir plus vert

Cela fait longtemps que nous connaissons l’impact dévastateur de la pollution plastique. Depuis quelques années, les consommateurs et les entreprises cherchent à lutter contre ce problème en élaborant des solutions plus durables et en adoptant des comportements soutenables. La pandémie de COVID-19 a déjoué tous les plans en 2020. Elle a provoqué des dégâts incalculables, tant au niveau du nombre de décès que de l’immense pression exercée sur les systèmes de santé, et engendré un choc économique profond. De plus, l’accent mis sur les précautions sanitaires a décuplé l’utilisation de plastiques à usage unique, notamment avec l’augmentation des emballages alimentaires, du commerce en ligne, sans oublier du matériel de protection.

...l’accent mis sur les précautions sanitaires [avec le COVID-19] a décuplé l’utilisation de plastiques à usage unique, notamment dans les emballages alimentaires, les produits du commerce électronique, sans oublier le matériel de protection.

Certes, le plastique est hygiénique, utile et malléable. Mais il pollue nos océans et nos décharges, sans parler de l’environnement. Quelle est donc la solution ? Nous devons adopter des modèles économiques dits CLIC (circulaires, efficients, inclusifs et propres). Nous présentons ci-dessous 10 façons de lutter contre la pollution plastique.

1. Privilégier le plastique biodégradable

La plupart du plastique que nous utilisons quotidiennement a plusieurs couches, ce qui le rend difficile – voire impossible – à recycler. Des entreprises ont conçu des solutions pour nous faire passer au plastique biodégradable, utilisant notamment l’amidon, la canne à sucre et d’autres matériaux d’origine végétale. Cependant, le plastique biodégradable ne se décompose pas n’importe où et n’importe comment.

L’entreprise écossaise Vegware le sait. En plus de fabriquer des emballages alimentaires compostables d’origine végétale, elle œuvre pour la mise en place d’usines de traitement des déchets capables de composter et de recycler ses matériaux. Vegware, qui vend des produits durables, recyclables et compostables pour les aliments et boissons, affiche la croissance la plus rapide parmi les exportateurs de la région.

 

2. Gérer les déchets dans une démarche ascendante

National Geographic nous avertissait dès 2015 que « huit millions de tonnes de plastique sont jetées dans les océans chaque année ». Malgré cela, le plastique n’est pas près de disparaître et il est essentiel de trouver des solutions adéquates pour le collecter et le recycler. Les gouvernements doivent adopter des politiques publiques permettant de fournir aux consommateurs et aux fabricants des solutions de recyclage abordables et faciles à utiliser. Il est également important d’investir dans la construction de nouvelles usines de recyclage et dans l’amélioration des usines existantes. Si nous améliorons notre façon de recycler, nous pourrons séparer et collecter efficacement les déchets, ce qui fera radicalement diminuer la quantité de plastique dans les décharges et dans l’environnement.

 

3. Nettoyer nos océans

Avez-vous entendu parler de l’« Interceptor » ? C’est la solution proposée par Ocean Cleanup pour stopper les déchets plastiques avant qu’ils ne se déversent dans les océans. Ce catamaran entièrement autonome utilise les forces naturelles du courant pour extraire les détritus des rivières et des fleuves. Grâce à sa longue barrière flottante et à son tapis roulant, il achemine les déchets jusqu’à des conteneurs. Fonctionnant entièrement à l’énergie solaire, la barge est connectée et utilise des logiciels intelligents pour trier les déchets. Les recherches menées par la société montrent que la majeure partie du plastique qui se déverse chaque jour dans les océans vient des rivières. En outre, toujours selon ces recherches, 1’000 rivières sont responsables d’environ 80% de la pollution mondiale. Ocean Cleanup prévoit de retirer 90% du plastique présent dans les océans d’ici à 20401.

Ocean Cleanup prévoit de retirer 90% du plastique présent dans les océans d’ici à 2040.

4. Privilégier les emballages intelligents

Une autre façon de lutter contre la pollution plastique passe par la technologie. Nous produisons actuellement près de 80 millions de tonnes d’emballages plastiques par an et ce volume devrait tripler d’ici à 20502. Les emballages intelligents peuvent optimiser la productivité du plastique. CupClub utilise des dispositifs de localisation pour réduire les emballages plastiques à usage unique. Grâce à une puce RFID3 intégrée à chaque gobelet, celui-ci peut être récupéré et est recyclé correctement. Les gobelets sont également entièrement durables.

Les emballages intelligents peuvent optimiser la productivité du plastique

5. Assurer la soutenabilité de l’industrie de la mode

Quel est le coût environnemental de votre garde-robe ? L’industrie de la mode représente à elle seule 10% des émissions de carbone produites dans le monde. C’est plus que « tous les vols internationaux et toutes les activités de transport maritime combinés »4.Cela dit, les marques tentent de changer les tendances. De Patagonia à Nike, certaines enseignes réduisent leur consommation de plastique en intégrant des plastiques recyclés à leurs collections. En ce mois de juillet 2020, Nike lance sa toute dernière innovation, les baskets Space Hippie, qui revendiquent l’empreinte carbone la plus faible de toute son histoire. Entre 85% et 90% du fil provient de matériaux recyclés, notamment de bouteilles en plastique, de tee-shirts et de déchets d’usine. La marque espagnole Ecoalf transforme quant à elle les déchets en articles de mode depuis 2009. Grâce à cette initiative, elle a repêché 500 tonnes de déchets du fond des océans.

L’industrie de la mode représente à elle seule 10% des émissions de carbone produites dans le monde. C’est plus que « tous les vols internationaux et toutes les activités de transport maritime combinés »

6. Utiliser la cellulose dans les cosmétiques

Des dentifrices aux peelings, nos cosmétiques regorgent aujourd’hui de microplastiques (petites particules de plastique). Malheureusement, dans la mesure où elles se composent de polyéthylène et de polypropylène, ces particules ne sont pas biodégradables. Elles s’immiscent dans notre chaîne alimentaire et finissent dans nos océans5. Certains pays ont banni leur utilisation, comme par exemple le Royaume-Uni qui a interdit les micro-billes dans les gels douche et les dentifrices en 2018. En janvier 2019, l’Agence européenne des produits chimiques a proposé une restriction des « microplastiques ajoutés intentionnellement aux produits ». Une décision devrait être prise à cet égard courant 2020.

La start-up Naturbeads, basée à l’Université de Bath, s’est attiré les louanges en élaborant une solution alternative : des micro-billes biodégradables à base de cellulose. Une étude menée à ce sujet suggère que la cellulose fabriquée à partir de hêtre, d’avoine, de blé et de maïs pourrait être la clé pour remplacer les microplastiques.

 

7. Instaurer une économie circulaire

Pour construire un avenir soutenable, nous devons dissocier la croissance économique de son impact environnemental. La circularité sera un moyen d’y parvenir.

Les chemins menant à une économie circulaire sont multiples et les solutions sont diverses. Nous soutenons la « stratégie des 10 R » : refuser, repenser, réutiliser, réduire, réparer, rénover, refabriquer, remanier, recycler et récupérer. Chaque étape est cruciale pour que l’avenir soit soutenable, propre et circulaire.

Pour construire un avenir soutenable, nous devons dissocier la croissance économique de son impact environnemental. Nous soutenons la « stratégie des 10 R

Loop, une plateforme de commerce en forte expansion, ouvre la voie en adoptant une stratégie de circularité totale. Elle élimine l’idée même des déchets en offrant des emballages élégants, durables et polyvalents pour nos articles quotidiens, du shampoing à la crème glacée. La marque collabore déjà avec des géants tels que Nestlé et Danone. Sa stratégie est entièrement circulaire : livraison, collecte, nettoyage et recharge.

 

8. Adopter des technologies de valorisation énergétique

Certains plastiques ne peuvent tout simplement pas être recyclés. Des ingénieurs ont cependant trouvé le moyen de le convertir en électricité, en gaz et carburant de synthèse et en matières premières recyclées pouvant servir à fabriquer de nouveaux plastiques.

La start-up norvégienne Quantafuel fabrique des produits chimiques et des carburants de synthèse de qualité à partir de déchets plastiques non recyclables. Le processus consiste à convertir les polymères plastiques en hydrocarbures. Les conséquences se font sentir à deux niveaux : la réduction des volumes de déchets dans les décharges et la diversification de l’approvisionnement en énergie.

L’initiative This is Plastic l’affirme : « En utilisant le plastique à des fins de valorisation énergétique, nous pouvons réduire de 80% le volume des déchets finissant dans les décharges ».

 

9. Créer des routes en plastique

Nos routes et autoroutes, faites de bitume, contiennent des hydrocarbures extrêmement polluants. Macrebur, à la pointe de l’innovation en Ecosse, a trouvé un moyen d’utiliser le plastique recyclé pour réduire l’empreinte carbone du « bitumage ». Comment ? En faisant fondre du plastique usagé pour en faire de petits granulés capables de remplacer les hydrocarbures nécessaires à la fabrication du bitume traditionnel. L’impact de cette technologie est multiple : hormis le recyclage du plastique, elle permet également d’améliorer la qualité des routes, de réduire l’empreinte carbone du revêtement et de décupler sa résistance. C’est l’illustration parfaite d’une économie circulaire6.

 

10. Education

Bien que toutes les solutions susmentionnées soient essentielles, nous aurons néanmoins beaucoup de mal à instaurer la soutenabilité si nous continuons à « prendre-utiliser-jeter ». Nous devons changer de mentalité. Les initiatives éducatives jouent un rôle clé à ces fins.

Par exemple, la Volvo Ocean Race, organisée en partenariat avec le Programme des Nations unies pour l’environnement, vise à sensibiliser sur la pollution plastique qui affecte les océans en éduquant et en menant des actions positives. Les enfants apprennent comment lutter contre la pollution marine tout en découvrant la voile.

Nous devons changer de mentalité. Les initiatives éducatives jouent un rôle clé à ces fins.

Des organisations non gouvernementales, telles que Plastic Oceans au Royaume-Uni, ont mis au point des plateformes d’enseignement permettant aux élèves d’écouter des anecdotes intéressantes, de relever des défis liés à la pollution plastique, de découvrir des solutions alternatives et d’apprendre à bien recycler. 

Nous sommes convaincus que l’éducation peut changer les comportements et les attitudes envers la consommation de plastique et la gestion des déchets. C’est la prochaine génération qui prendra les commandes pour un avenir soutenable.

 

Un secteur rentable

Il ne faut pas attendre un instant de plus pour se positionner dans l’optique d’un avenir soutenable. Les déchets plastiques atteignent USD 120 milliards chaque année et l’économie circulaire représentera une opportunité de croissance mondiale d’USD 4 500 milliards1 d’ici une dizaine d’année. Les consommateurs, les entreprises et les gouvernements doivent œuvrer ensemble pour le changement.

les solutions en matière d’énergie, de mobilité, d’agriculture et de transformation numérique nous mettront sur la bonne voie pour un avenir « zéro émission nette » et « zéro déchets ».

De la mode à l’enseignement en passant par l’ingénierie et la technologie, nous avons déjà réalisé de gros progrès pour réduire la pollution plastique. Mais nous ne devons pas en rester là.

Nous devons instaurer le changement dans de nombreux secteurs différents afin de passer à une économie propre et allégée. Nous n’avons plus que sept ans de crédits carbone devant nous et la décarbonisation est cruciale. Nous sommes convaincus que les solutions identifiées en matière d’énergie, de mobilité, d’agriculture et de transformation numérique nous mettront sur la bonne voie pour un avenir « zéro émission nette » et « zéro déchets ».

1 https://theoceancleanup.com/oceans/#:~:text=Models%20show%20that%20a%20full,of%20ocean%20plastic%20by%202040.
2 https://www.ukri.org/innovation/industrial-strategy-challenge-fund/smart-sustainable-plastic-packaging

3 RFID: Radio-identification (Radio-frequency identification)
4 https://www.weforum.org/agenda/2020/01/fashion-industry-carbon-unsustainable-environment-pollution/
5 https://www.lab-worldwide.com/environmentally-friendly-microplastic-alternatives-in-cosmetics-a-676549/
6 « What if we talk rubbish? » (Parlons déchets) | Toby McCartney | TEDxCambridgeUniversity  https://www.youtube.com/watch?v=rLbpacZJdx0

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