Une version de cet article a été publié dans Trends Tendances, le 23 avril 2026
La Belgique reste un marché attractif pour les banques privées et les gestionnaires de patrimoine étrangers, d’autant plus qu’un important transfert de richesse des baby-boomers vers les générations suivantes est en cours .
Les banques privées et gestionnaires de patrimoine étrangers ont fortement renforcé leur présence en Belgique ces dernières années. Cette évolution s’explique en partie par une série d’acquisitions, dont la plus marquante est la reprise de Degroof Petercam par le groupe français Indosuez, filiale de Crédit Agricole. Par ailleurs, plusieurs institutions internationales ont également consolidé leur position grâce à une croissance organique. Pour mieux comprendre cet intérêt, Trends-Tendances s’est entretenu avec Lombard Odier et d’autres experts, partageant un même intérêt : servir la clientèle belge fortunée.
La Belgique est un marché dynamique offrant un fort potentiel de croissance
Des entrepreneurs au service d’autres entrepreneurs
La banque privée suisse Lombard Odier affiche plus de 230 ans d’histoire et a conservé son indépendance tout au long de cette période. Présente dans 19 pays, elle gère EUR 375 milliards d’actifs. Fin 2024, elle a renforcé sa présence en Belgique avec l’ouverture d’une nouvelle implantation à Anvers-Berchem, venant compléter son bureau de l’avenue Louise à Bruxelles. La Belgique est désormais le seul pays en dehors de la Suisse où la banque dispose de plus d’un bureau.
« Nous sommes présents en Belgique depuis 2002 », explique Xavier Bonna, l’un des six Associés-gérants de Lombard Odier et coresponsable de la clientèle privée mondiale. « À l’origine, notre présence était liée à nos clients belges qui rapatriaient leurs avoirs depuis la Suisse. Mais nous avons rapidement constaté que la Belgique est un marché dynamique offrant un fort potentiel de croissance. Nous nous positionnons comme des entrepreneurs au service d’autres entrepreneurs – une approche qui résonne particulièrement dans un pays comme la Belgique, où l’esprit d’entreprise est profondément ancré. »
Nous nous positionnons comme des entrepreneurs au service d’autres entrepreneurs
Renforcer la pertinence à travers les générations
Lombard Odier ne communique pas de chiffres précis, mais selon Geoffroy Vermeire, Managing Director pour la Belgique, les objectifs ont été largement dépassés : « Environ la moitié de nos clients disposent d’un patrimoine compris entre EUR 3 et 5 millions, tandis que notre cœur de clientèle se situe entre EUR 5 et 50 millions », explique-t-il. « Sur un marché où l’offre devient de plus en plus standardisée, notre approche globale et hautement personnalisée nous permet de nous différencier. Le groupe vise une croissance organique de 4 à 6 % par an. En Belgique, nous avons fait un peu mieux. »
La stratégie de recrutement de la banque se concentre principalement sur des talents locaux de haut niveau en private banking et en gestion de patrimoine. « Nous comptons 30 collaborateurs, tous dédiés au développement commercial, dont un tiers basé à Anvers », ajoute-t-il. « Nous anticipons un déplacement progressif du centre de gravité de nos activités vers la Flandre. D’ici trois à cinq ans, nous aurons autant de collaborateurs à Anvers qu’à Bruxelles. »
« La diversification reste un axe important de notre stratégie d’investissement », souligne Xavier Bonna. « Elle concerne à la fois les classes d’actifs et la répartition géographique, ce qui est particulièrement important dans le contexte géopolitique actuel, instable. Avec plus de 300 experts en investissement à travers le monde, nous pouvons accompagner nos clients souhaitant se diversifier à l’international, par exemple en allouant une partie de leurs actifs à l’Asie. »
Selon Xavier Bonna, de nombreux clients fortunés entretiennent une relation avec une banque spécialisée pour la gestion et la structuration de leur patrimoine, en complément de leur banque principale pour les opérations courantes. La tendance croissante à créer un family office n’est pas perçue comme une menace : « C’est un phénomène observé partout en Europe. Les family offices contribuent à une professionnalisation accrue, mais ne peuvent pas tout faire ni tout savoir. Nous nous positionnons comme un partenaire de ces structures. »
Les jeunes générations exigent de la transparence, de la réactivité et un accès numérique fluid
Répondre aux attentes des nouvelles générations
Les prochaines années seront marquées par le plus important transfert de patrimoine jamais observé, des baby-boomers vers les générations suivantes — une transition qui représentera un défi majeur pour les banques privées, selon Xavier Bonna. « Les jeunes générations ont des attentes différentes. Elles exigent de la transparence, de la réactivité et un accès numérique fluide. Elles souhaitent également comprendre précisément où leur argent est investi. Par ailleurs, elles veulent être activement impliquées et manifestent un intérêt marqué pour la durabilité et l’impact. »
Pour relever ce défi, Lombard Odier recrute davantage de jeunes collaborateurs. « Ils parlent le même langage et partagent les mêmes sensibilités », indique Geoffroy Vermeire. « Nous investissons également massivement dans notre programme NextGen, qui comprend un important volet éducatif visant à préparer les jeunes au transfert de patrimoine. Notre ambition est d’être la banque de toute la famille. »
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