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L’intervention américaine au Venezuela ramène les sphères d’influence au premier plan de la géopolitique
Michael Strobaek
Global CIO Private Bank
Dr. Nannette Hechler-Fayd’herbe
Responsable de la stratégie d’investissement, durabilité et recherche, CIO EMEA
points clés.
L’intervention américaine au Venezuela signale un basculement géopolitique vers des sphères d’influence régionales
Compte tenu de la taille modeste de l’économie vénézuélienne, les répercussions sur les marchés devraient être limitées à brève échéance. Malgré une possible volatilité transitoire sur les marchés émergents, les perspectives à moyen terme demeurent positives
Nous prévoyons des ajustements dans le secteur énergétique mondial, le commerce pétrolier s’alignant sur les blocs géopolitiques. Les cours du pétrole sont exposés à des risques de hausse comme de baisse, et nous maintenons notre objectif à 12 mois d’USD 63 le baril
Nous conservons une posture modérément pro-risque et une sous-pondération des valeurs américaines. Nous surpondérons les actions émergentes et maintenons une opinion neutre à l’égard du secteur de l’énergie. Les obligations émergentes et les métaux précieux conservent leur attrait.
Trois jours à peine après le début de l’année, les événements géopolitiques font leur retour sur le devant de la scène. Nous analysons ci-dessous les conséquences immédiates de la frappe américaine au Venezuela, et définissons nos vues tactiques pour ce début d’année.
Le 3 janvier, les États-Unis ont capturé le président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son épouse, afin de les traduire devant les tribunaux américains pour trafic de drogue et autres chefs d’accusation. Le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis entendaient « administrer » le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition puisse avoir lieu vers un nouveau gouvernement. Cette action fait écho à l’intervention américaine au Panama en 1989 et à l’arrestation de Manuel Noriega. L’absence de résistance semble indiquer une coopération des autorités vénézuéliennes avec les forces américaines. Cela signifie qu’un gouvernement de transition pro-américain sera mis en place, les forces étasuniennes assurant la sécurité des infrastructures critiques, notamment énergétiques et maritimes, tandis qu’une longue bataille juridique s’engagera autour de l’inculpation de M. Maduro. Il reste à voir si les partisans de ce dernier s’opposeront à cette intervention.
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Du Venezuela à la scène géopolitique mondiale : la realpolitik en version Far West
Ces événements auront des répercussions importantes sur la géopolitique mondiale, ainsi qu’aux États-Unis. Le soutien politique intérieur aux républicains pourrait s’éroder, augmentant les chances de victoire des démocrates lors des élections de mi-mandat en novembre. L’intervention au Venezuela n’a pas été préalablement autorisée par le Congrès américain. Si les démocrates prennent le contrôle de la Chambre des représentants, voire du Sénat en novembre, la seconde moitié du mandat du président Trump sera marquée par un climat de gouvernance plus contraignant. Certes, le président Trump devrait continuer à promulguer des décrets exécutifs, mais les opérations nécessitant l’approbation du Congrès – telles que les procédures budgétaires – risquent de se compliquer.
Les Nations Unies ayant perdu une grande partie de leur influence en tant qu’arbitre, les relations internationales resteront tendues et nécessiteront une diplomatie intense. Les États-Unis ont réaffirmé leur autorité régionale en Amérique latine. Le Mexique et la Colombie ont été mis en garde par M. Trump concernant le rôle des cartels basés sur leur territoire dans le trafic de drogue vers les États-Unis. Pour la région, qui s’est tournée vers la Chine comme partenaire commercial, le message est tout aussi clair. En effet, le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré que les dirigeants cubains « devraient s’inquiéter ». Nous interprétons ces développements récents comme une application de la « doctrine Monroe », voulant que les Amériques constituent une zone d’influence exclusive des États-Unis, ou « notre hémisphère », pour reprendre les propos de M. Rubio. Les relations commerciales avec la Chine devront être rééquilibrées afin de satisfaire les États-Unis, alors même que la Chine enregistre des niveaux d’exportations records et que le reste du monde recherche des solutions pragmatiques aux politiques tarifaires de M. Trump. Le Brésil, dont les relations sont déjà tendues avec l’administration Trump, est le pays d’Amérique latine le plus exposé.
Les relations internationales entrent dans une nouvelle ère de realpolitik, où des escalades régionales ne sont plus à exclure
Les répercussions de ces événements sur le reste du monde ne doivent pas être sous-estimées. La Chine va chercher à consolider sa sphère d’influence en Asie du Sud grâce à des infrastructures partagées et des liens commerciaux, tout en maintenant un équilibre avec l’Inde. Au Moyen-Orient, le plan militaire israélien à l’horizon 2030 prévoit une augmentation significative de l’activité, avec des conséquences pour l’Iran, le Liban et la Syrie. Cela pourrait entraîner des réactions régionales. En Europe de l’Est, l’invasion de l’Ukraine par la Russie vise à redessiner l’équilibre des forces entre l’OTAN et la Russie, tandis que la volonté de M. Trump d’intégrer le Groenland à la sphère d’influence américaine pourrait redéfinir la dynamique des relations entre les États-Unis et l’Europe.
En d’autres termes, les relations internationales entrent dans une nouvelle ère de realpolitik, où des escalades régionales ne sont plus à exclure.
Compte tenu de la taille modeste de l’économie vénézuélienne, les événements récents ne devraient pas affecter les perspectives économiques mondiales.
À court terme, les actions émergentes plus cycliques pourraient subir une volatilité temporaire. Les valeurs chinoises pourraient céder une partie de leurs gains de l’année dernière, tandis que les actions américaines devraient rester stables. Notre stratégie d’investissement est modérément pro-risque, avec une sous-pondération des valeurs américaines et une surpondération des actions émergentes. Nous évaluerons nos expositions régionales aux actions à la lumière du nouvel équilibre des risques. Les perspectives à moyen terme demeurent attrayantes sur les marchés émergents. Nombre d’entre eux présentent des fondamentaux solides et sont riches en matières premières, un secteur où la demande restera forte. Les États-Unis et la Chine s’acheminent vers un compromis raisonnable entre leurs intérêts mutuels. Si la perspective d’une augmentation des investissements directs étrangers au Venezuela stimule la croissance en Amérique latine, les actifs émergents devraient en bénéficier.
Nous maintenons notre cible actuelle à 12 mois d’USD 63 le baril pour le Brent
Au niveau sectoriel, l’industrie énergétique vénézuélienne est la plus exposée. Nous adoptons pour l’instant une opinion neutre sur le secteur énergétique mondial, car nous anticipons des risques de hausse comme de baisse des prix du pétrole à court terme. À moyenne échéance, si les investissements américains dans le secteur pétrolier vénézuélien se traduisent par une production durablement plus élevée, les ajustements de l’offre de l’OPEP+ devraient prévenir une chute excessive des cours du pétrole. Les flux commerciaux pétroliers devraient refléter les blocs géopolitiques : le pétrole brut vénézuélien répondra aux besoins des États-Unis et, via des entreprises américaines, sera acheminé vers l’Europe, tandis que la Russie renforcera ses liens énergétiques avec la Chine. L’intervention américaine au Venezuela pourrait également être motivée par la volonté de favoriser une baisse des prix de l'or noir avant les élections de mi-mandat : nous maintenons notre cible actuelle à 12 mois d’USD 63 le baril pour le Brent.
Le dollar américain bénéficiera vraisemblablement d’un soutien à court terme, les événements récents exacerbant la «dollarisation» de l’économie vénézuélienne, amorcée avec l’introduction du bolivar numérique (VED) en 2021. Le VED s’est fortement déprécié au cours des 12 derniers mois, l’accès limité au dollar accentuant la dépréciation effective par rapport au taux officiel et aggravant l’érosion des revenus réels. Une plus grande liquidité sur le marché du dollar accélérera probablement le passage à la devise américaine et soutiendra la demande. Par ailleurs, les États-Unis prévoyant d’accroître leurs investissements dans le développement des infrastructures pétrolières du pays, les financements en dollars vont probablement augmenter, tant de la part d’entités américaines que d’entreprises nationales impliquées dans le processus. À moyenne échéance, une baisse des taux directeurs à court terme devrait permettre un repli modéré du dollar, tandis que l’euro, le yen japonais et les devises des marchés émergents resteraient plus solides.
À moyenne échéance, une baisse des taux directeurs à court terme devrait permettre un repli modéré du dollar
Sur le marché obligataire, nous ne prévoyons pas de forte baisse des rendements sur la plupart des marchés développés. Les bons du Trésor américain à 10 ans devraient se maintenir à l’intérieur d’une fourchette de 4,0% à 4,5% à l’approche de la date limite de fin janvier pour l’adoption du budget par le Congrès américain. Avec un point mort d’inflation qui devrait rester stable autour de 2,0% à 2,2%, les rendements des bons du Trésor américain protégés contre l’inflation (TIPS) à 10 ans pourraient revenir dans la fourchette de 2,0% à 2,3%. Dans le segment des emprunts souverains, nous estimons que les rendements des Gilts britanniques présentent les meilleures perspectives de baisse. Les obligations d’entreprise n’offrent que des spreads réduits par rapport aux emprunts gouvernementaux, mais nous restons convaincus du potentiel des obligations émergentes.
Si les indices boursiers émergents sont largement dominés par la Chine, les indices obligataires libellés en dollars américains incluent une part plus importante d’obligations latino-américaines. Nous anticipons un nouveau resserrement des spreads émergents, la croissance de ces marchés restant soutenue tandis que les rendements américains à court terme continuent de baisser. Dans un avenir proche, les matières premières devraient enregistrer de bonnes performances, avec une surperformance des métaux précieux portée par la hausse de la prime de risque géopolitique.
Global CIO Flash
L’intervention américaine au Venezuela ramène les sphères d’influence au premier plan de la géopolitique
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