Si votre société dispose de liquidités excédentaires, vous vous interrogez peut-être sur la meilleure manière de les investir. Qu'il s'agisse de bénéfices accumulés, du produit d'une cession ou des réserves d'une holding familiale, ces liquidités méritent une stratégie adaptée.
Or, plusieurs réformes fiscales récentes ont modifié le cadre dans lequel les entrepreneurs et actionnaires belges prennent leurs décisions : évolution du régime RDT pour certaines sociétés, taxe sur les plus-values financières, augmentation de la taxe sur les comptes-titres (TACT), etc.
Dans ce contexte, la question n'est plus seulement de savoir où investir les liquidités de votre société. Elle consiste également à comprendre comment ces choix s'articulent avec votre patrimoine privé, comment sortir les moyens de la société et quand, vos projets de transmission et vos objectifs à long terme.
Régime RDT en Belgique : ce qui change pour les sociétés et holdings en 2026
Le régime des Revenus Définitivement Taxés (RDT) demeure un mécanisme important pour de nombreuses sociétés belges souhaitant investir leurs liquidités.
La réforme de 2026 a toutefois introduit une condition supplémentaire pour les grandes sociétés. L'investissement doit désormais s'inscrire dans une logique d'immobilisation financière.
La réforme de 2026 a introduit une condition supplémentaire pour les grandes sociétés. L'investissement doit désormais s'inscrire dans une logique d'immobilisation financière
Cette règle concerne les sociétés qui dépassent plus d'un des seuils suivants ce pendant deux exercices comptables consécutifs ; le calcul des critères doit toujours être effectué sur une base consolidée :
- 50 employés ;
- 11,25 millions d'euros de chiffre d'affaires ;
- 6 millions d'euros de total du bilan.
Pour les petites sociétés qui ne dépassent qu'un seul de ces critères, l'accès au régime RDT reste inchangé, sauf l’exigence d’une rémunération minimale annuelle de 50.000 EUR que doit verser la société à l’un de ses dirigeants pour pouvoir se prévaloir de l’imputation du précompte mobilier sans laquelle le régime perd de son attrait.
Autre évolution importante : pour imputer le précompte mobilier de 30 % retenu sur les dividendes distribués par un fonds RDT, la société doit désormais octroyer une rémunération minimale de 50 000 euros à au moins un dirigeant.
Pour certaines sociétés patrimoniales ou holdings familiales, cette condition crée un lien direct entre la politique de rémunération du dirigeant et l'efficacité fiscale des investissements réalisés au sein de la société.
Fonds RDT Belgique : une solution toujours pertinente pour investir les liquidités d'une entreprise
Ces évolutions ne remettent pas en cause l'intérêt des fonds RDT, qui restent une solution largement utilisée par les sociétés belges. Pour les sociétés qui ne remplissent pas les conditions d'une participation directe éligible ou qui ne souhaitent pas investir directement dans d'autres entreprises ou qui cherchent plus de diversification, les fonds RDT constituent une alternative bien établie. Le fonds RDT investit dans un portefeuille d'actions de sociétés soumises à un régime fiscal normal. Les dividendes, bonis de rachat et bonis de liquidation perçus via ce fonds sont exonérés au titre du régime RDT.
Le fonds RDT investit dans un portefeuille d'actions de sociétés soumises à un régime fiscal normal. Les dividendes, bonis de rachat et bonis de liquidation perçus via ce fonds sont exonérés au titre du régime RDT
Au-delà de la fiscalité, ces solutions offrent également diversification, gestion professionnelle et accès à un univers d'investissement plus large.
La pertinence d'un fonds RDT dépend toutefois de plusieurs facteurs : situation de la société, horizon d'investissement, politique de rémunération, projets futurs ou encore besoins de liquidités. C'est pourquoi cette décision mérite aujourd'hui d'être examinée dans un contexte global.
Pourquoi le régime RDT ne peut plus être analysé isolément
Les réformes récentes ont renforcé les interactions entre la sphère professionnelle et la sphère privée. La rémunération du dirigeant peut désormais influencer certains avantages fiscaux liés aux investissements de la société. Les décisions relatives aux dividendes ont, quant à elles, un impact direct sur la situation patrimoniale de l'actionnaire. Il est surtout important d’analyser comment on pourra mobiliser et sortir des avoirs de la société et quand, avant de prendre la décision d’investir en société.
Parallèlement, pour les actionnaires personnes physiques, en cas de cession et de réalisation d’une éventuelle plus-value financière, une nouvelle taxe est applicable depuis le 1er janvier 2026 qui varie selon qu’il s’agit ou non d’une participation substantielle, ce qui constitue un élément supplémentaire à intégrer dans les arbitrages patrimoniaux.
Pour de nombreux entrepreneurs, les questions se multiplient :
- faut-il conserver certaines liquidités dans la société ?
- faut-il privilégier une distribution ?
- quel est l'impact d'une cession future ?
- les structures de détention existantes restent-elles adaptées ?
Ces problématiques sont étroitement liées et gagnent à être analysées dans leur ensemble plutôt que séparément.
Structuration patrimoniale en Belgique : faut-il revoir vos structures de détention ?
Face à cet environnement en évolution, certains entrepreneurs souhaitent réexaminer leur organisation patrimoniale. L'objectif n'est pas nécessairement de modifier les structures existantes, mais de vérifier qu'elles restent cohérentes avec les objectifs poursuivis.
Selon les situations, la réflexion peut notamment porter sur :
- la holding familiale ;
- la société simple ;
- le démembrement ;
- l'assurance-vie belge ou luxembourgeoise ;
Face à cet environnement en évolution, certains entrepreneurs souhaitent réexaminer leur organisation patrimoniale
Certaines de ces structures étaient déjà pertinentes avant les réformes récentes. D'autres peuvent présenter des caractéristiques intéressantes dans le contexte actuel. L'enjeu consiste avant tout à s'assurer que l'organisation retenue demeure adaptée à vos objectifs patrimoniaux, familiaux et successoraux.
Transmission patrimoniale : un sujet à examiner
Pour les entrepreneurs dont la société ou la holding détient des actifs significatifs, les questions de gouvernance familiale et de préparation des générations futures sont essentielles : comment maintenir un contrôle et jusqu’à quand, la transmission présente-elle les critères suffisants pour une transmission fiscalement optimale ? Autant de questions qui demandent une analyse personnalisée.
De l'investissement des liquidités à une stratégie patrimoniale globale
Ce qui commence souvent par une interrogation sur les liquidités d'une société conduit finalement à une réflexion plus large. Comment articuler patrimoine professionnel et patrimoine privé ? Comment préparer une transmission future ? Comment assurer la cohérence entre les différentes structures de détention ? Comment organiser la gouvernance familiale ? Ces questions dépassent largement le seul cadre du régime RDT. Elles nécessitent une vision consolidée du patrimoine dans son ensemble.
Comment Lombard Odier accompagne les entrepreneurs et actionnaires belges
Lombard Odier accompagne les entrepreneurs et actionnaires belges dans une approche qui traite simultanément les dimensions professionnelle et privée de leur patrimoine.
Cette démarche débute par une analyse consolidée intégrant les actifs financiers, les participations, les structures de détention et la situation familiale.
Lombard Odier accompagne les entrepreneurs et actionnaires belges dans une approche qui traite simultanément les dimensions professionnelle et privée de leur patrimoine
Nous proposons notamment des solutions d'investissement pour personnes morales, y compris des fonds éligibles au régime RDT, des mandats discrétionnaires pour sociétés ainsi qu'un accès aux marchés privés et à la PRICAF privée pour les horizons d'investissement plus longs.
Nos spécialistes en ingénierie patrimoniale travaillent également en coordination avec les notaires, avocats et conseillers habituels de nos clients sur les questions de structuration, de transmission et de gouvernance familiale.
Dans un environnement fiscal en mutation, l'enjeu n'est plus uniquement d'investir efficacement les liquidités d'une société. Il consiste à s'assurer que chaque décision contribue à une stratégie patrimoniale cohérente, au service des objectifs de l'entrepreneur et de sa famille.
Le régime des Revenus Définitivement Taxés (RDT) vise à éviter une double imposition économique des bénéfices déjà taxés au niveau de la société qui les a générés. Sous certaines conditions, les dividendes perçus par une société belge peuvent ainsi bénéficier d'un traitement fiscal favorable.
Oui, les fonds RDT restent une solution pertinente pour de nombreuses sociétés belges souhaitant investir leurs liquidités. Toutefois, les réformes récentes, notamment les conditions liées à l’imputation du précompte mobilier, rendent nécessaire une analyse tenant compte de la situation spécifique de chaque société.
La nouvelle condition d'immobilisation financière concerne les grandes sociétés qui dépassent plus d'un des seuils suivants : 50 employés, 11,25 millions d'euros de chiffre d'affaires ou 6 millions d'euros de total du bilan. Pour les petites sociétés qui ne dépassent qu'un seul de ces critères, l'accès au régime RDT reste inchangé.
Oui, une holding belge peut investir dans un fonds RDT. Cette solution est souvent étudiée lorsqu'une holding souhaite investir ses liquidités tout en bénéficiant d'un cadre fiscal adapté, sous réserve des conditions applicables et d'une analyse de sa situation particulière.
partager.