Cinq raisons de miser sur l’alimentation d’origine végétale

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Cinq raisons de miser sur l’alimentation d’origine végétale

Notre alimentation détériore le monde dans lequel nous vivons. Le secteur bovin contribue à 6% des émissions mondiales de gaz à effet de serre1. En raison de la surpêche, il faudrait ne plus capturer de cabillaud en mer Celtique pour en éviter l’épuisement2.

En bref, le secteur alimentaire est WILD (acronyme anglais des termes Wasteful (Gaspilleur), Idle (Inefficace), Lopsided (Inéquitable) and Dirty (Sale)). Comment pouvons-nous inverser cette tendance ? Les solutions sont légion. Des entreprises innovantes s’appuient sur la technologie pour concevoir une production alimentaire plus soutenable et CLIC™ (« Circular, Lean, Inclusive and Clean ») : circulaire, efficiente, inclusive et propre.

Quant aux consommateurs, ils peuvent réduire leur consommation de viande et de produits laitiers3. Nous résumons pourquoi et comment chaque individu peut prendre de meilleures décisions pour protéger la planète tout en diversifiant son alimentation.

Des entreprises innovantes s’appuient sur la technologie pour concevoir une production alimentaire plus soutenable…

Abandonner les produits laitiers

Savez-vous que 650 m2 de terre sont nécessaires pour produire un verre de lait de vache par jour pendant un an ? Et pour la même quantité de lait d’avoine ? Un dixième de cette surface. Il a été démontré que les laits végétaux nuisent moins à l’environnement4. Selon une étude de l’Université d’Oxford, leur production dégage trois fois moins d’émissions que celle du lait de vache5.

Le marché des laits végétaux est en plein essor depuis quelques années. Prenons l’exemple du lait d’avoine. Il présente surtout l’avantage d’être issu d’avoine cultivée en Amérique du Nord, ce qui réduit le risque de déforestation. Ainsi, le fait que le producteur suédois de lait d’avoine Oatley ait fixé sa valorisation à USD 10 milliards lors d’une introduction en Bourse démontre le potentiel de ce marché. De même, les ventes de laits végétaux ont bondi de 16% à GBP 278 millions en 2020 au Royaume-Uni6.

Mais tous ces laits ne sont pas aussi vertueux. La production de lait à base d’amandes requiert plus d’eau que celle du lait de soja ou d’avoine. Malgré cela, tout le monde s'accorde à dire qu'il est préférable que le lait de vache.

Repenser la viande

Un burger ne contient pas forcément de viande. Le Plant-Based Whopper et l’Impossible Burger de Burger King ressemblent à s’y méprendre à leur équivalent traditionnel. Les substituts d’origine végétale sont en plein essor et permettent aux convives de manger leurs plats préférés, mais sous forme de végétaux. Cette tendance émerge à point nommé, car un nombre croissant de personnes reconnaissent devoir réduire la consommation de viande pour éviter que le changement climatique devienne catastrophique7

…la majorité des amateurs de « viande » ne mangeront pas de viande dérivée de l’abattage d’animaux d’ici 2040. Ils opteront pour des substituts d’origine végétale ou pour la viande produite par culture cellulaire…

Le cabinet AT Kearney8 estime que la majorité des amateurs de « viande » ne mangeront pas de viande dérivée de l’abattage d’animaux d’ici 2040. Ils opteront pour des substituts d’origine végétale ou pour la viande produite par culture cellulaire dans des bioréacteurs, évitant ainsi l’abattage d’animaux. Depuis fin 2021, l’émincé de poulet produit de cette manière par la société américaine Eat Just9 est admis à la vente à Singapour : aucune autorité de réglementation n’avait octroyé une telle autorisation auparavant.

Les progrès de la culture cellulaire de viande viennent en partie de la Silicon Valley : Memphis Meat vient d’annoncer qu’elle construirait sa première usine pilote de viande cellulaire. D’autres entreprises suscitent de l’intérêt, comme Mosa Meat ou Aleph Farms, basées respectivement aux Pays-Bas et en Israël. 

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La puissance des insectes

La consommation régulière de sauterelles ou de vers de farine peut surprendre en Occident, mais elle va de soi pour quelque deux milliards de personnes. L’entomophagie, c’est-à-dire la consommation d’insectes, a été popularisée au Royaume-Uni quand la chaîne de restaurants mexicains Wahaca a intégré des insectes à son menu pour souligner leur valeur en termes de soutenabilité.

L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations Unies estime que les insectes sont une ressource sous-utilisée qu’il convient de mieux exploiter. Riches en éléments nutritifs, les insectes peuvent être élevés à partir des sous-produits du secteur alimentaire, indépendamment du climat ou de l’environnement10. La multitude des variétés se reflète dans leur attrait : certains insectes sont si prisés qu’ils coûtent plus cher que le filet de bœuf. Selon Barclays, la valeur du marché11 atteindra USD 6,3 milliards d’ici 2030.

A Londres, Eat Grub élève des grillons, des vers à farine et des sauterelles à des fins culinaires et pour le grignotage depuis plusieurs années. De son côté, l’entreprise sud-africaine Gourmet Grubb produit un lait à base d’insectes appelé « Entomilk ». La division Mars Petcare a conçu « Lovebug », un aliment pour chats à base d’insectes et envisage des produits similaires pour d’autres animaux. Enfin, l’entreprise française Ynsect a levé USD 225 millions pour construire la plus grande ferme d’insectes du monde à Amiens, avec une capacité de 100’000 tonnes par an.

Pour en savoir plus sur les fermes d’insectes, cliquez ici.

Riches en éléments nutritifs, les insectes peuvent être élevés à partir des sous-produits du secteur alimentaire, indépendamment du climat ou de l’environnement

Beaucoup plus de poisson… mais pas issu de la pêche

Le secteur de la pêche a longtemps été accusé d’engendrer des problèmes environnementaux comme la surpêche, les prises accidentelles et la déforestation, entre autres. Les réserves de poissons sauvages ont largement été épuisées, mais l’assèchement de marais à des fins d’aquaculture est plus nuisible que les coupes d’arbres de la forêt vierge. 

Heureusement, de nouvelles technologies offrent des solutions à ces problèmes. La start-up New Wave Foods pourrait révolutionner le secteur des crevettes grâce à ses versions synthétiques dérivées d’algues et de plantes. Il est urgent de trouver des substituts : la surpêche a réduit l’ampleur des captures et en moyenne, 20 kg de prises accidentelles accompagnent la capture d’un kilo de crevettes.

Comme pour la viande cellulaire, la production de « poisson » en usine est prometteuse. Finless Food a recours à la culture cellulaire pour créer des « substituts d’aliments marins », à commencer par le thon. Basée à Francisco, la société Wild Type compte utiliser l’agriculture cellulaire pour créer du saumon à un prix abordable. Shiok Meats, à Singapour, a recours à la même technologie pour créer des crevettes, des crabes et des homards.

Une nouvelle ère pour les investisseurs

L’écrivain écologiste de renommée, George Monbiot12, pense que nous sommes à l’aube d’une transformation économique suscitée par la production d’aliments en laboratoire. Le groupe de réflexion RethinkX prédit que grâce à la fermentation de précision (la programmation de microorganismes pour produire des molécules organiques complexes), les aliments modernes seront deux fois moins chers à produire que les produits d’origine animale d’ici 2030.

Même si ces nouveaux produits n’anéantissent pas les marchés traditionnels, ils pourront les perturber…

Le remplacement des produits d’origine animale offre des perspectives fascinantes qui méritent d’être examinées de près. Même si ces nouveaux produits n’anéantissent pas les marchés traditionnels, ils pourront les perturber, induisant des répercussions sur les secteurs du soja ou du maïs, par exemple, et offrant de nombreuses opportunités aux investisseurs.

Fondamentalement, ces changements ne concernent pas une modification de notre alimentation, mais de nouvelles manières de produire les aliments. Cette évolution nous aide à passer d’un système alimentaire WILD (gaspilleur, inefficace, inéquitable et sale) à un système CLIC™ (circulaire, efficient, inclusif et propre), offrant une opportunité que les investisseurs ne peuvent pas laisser passer.

 

1 https://www.carbonbrief.org/video-how-beef-farmers-can-reduce-their-carbon-footprint
https://www.theguardian.com/environment/2021/jan/22/only-a-third-of-uks-key-fish-populations-are-not-overfished
3 https://www.theguardian.com/environment/2021/jan/22/only-a-third-of-uks-key-fish-populations-are-not-overfished
https://www.theguardian.com/environment/2021/jan/22/only-a-third-of-uks-key-fish-populations-are-not-overfished
https://science.sciencemag.org/content/360/6392/987
https://www.theguardian.com/business/2021/feb/27/can-oatly-milk-it-oatmilk-brand-gears-up-for-us-stock-market
https://www.theguardian.com/environment/2018/oct/10/huge-reduction-in-meat-eating-essential-to-avoid-climate-breakdown
8 https://www.theguardian.com/environment/2019/jun/12/most-meat-in-2040-will-not-come-from-slaughtered-animals-report
9 https://www.cnbc.com/2021/03/01/eat-just-good-meat-sells-lab-grown-cultured-chicken-in-world-first.html
10 https://www.theguardian.com/food/2021/may/08/if-we-want-to-save-the-planet-the-future-of-food-is-insects
11 https://www.theguardian.com/business/2019/jun/25/insects-tipped-rival-sushi-fashionable-food-of-future
12 https://www.theguardian.com/commentisfree/2020/jan/08/lab-grown-food-destroy-farming-save-planet

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