Investir à l’heure du Far West géopolitique

Investir à l’heure du Far West géopolitique
Nannette Hechler-Fayd’herbe, CIO EMEA, Responsable de la stratégie d’investissement, durabilité et recherche

Article publié dans Le temps, le 18 janvier 2026

Quelle approche d’investissement adopter après deux années consécutives de rendements financiers exceptionnels et face au Far West géopolitique qui se dessine? La réponse est simple: continuer à investir. Car les effets des événements géopolitiques tendent à s’estomper rapidement lorsqu’ils n’influencent pas durablement les cours du pétrole, ni ne modifient de manière persistante les chaînes d’approvisionnement. Aussi spectaculaire qu’ait été l’intervention des États-Unis au Venezuela, aucune de ces deux conditions n’est remplie pour 2026. Les énormes réserves de pétrole du Venezuela ont peu de chance d’être exploitées à la mesure de leur potentiel dans les douze prochains mois, et ce en raison des investissements colossaux nécessaires et d’une situation d’insécurité durable à prévoir dans le pays. Même si, à l’avenir, les exportations de pétrole du Venezuela seront redirigées vers les États-Unis plutôt que vers la Chine, ces changements n’impacteront pas les grandes chaînes d’approvisionnement mondiales. Les perspectives de croissance pour 2026 restent donc inchangées, avec une croissance peu spectaculaire dans les marchés développés et des perspectives bien meilleures dans les marchés émergents.

Par ailleurs, la Réserve fédérale semble en bonne voie pour abaisser ses taux directeurs au second semestre 2026, ce qui constitue un facteur favorable pour les actifs financiers. Cependant, des valorisations élevées exigent de porter une attention particulière à l’équilibre entre risque et rendement et d’opérer une diversification encore plus large qu’auparavant.

Les effets des événements géopolitiques tendent à s’estomper rapidement lorsqu’ils n’influencent pas durablement les cours du pétrole, ni ne modifient de manière persistante les chaînes d’approvisionnement

Marchés émergents : valeur, diversité et opportunités sélectives

Pour les investisseurs, les actifs émergents — actions, obligations et devises — répondent à de nombreux critères de rapport qualité-prix. En Chine, les actions de la tech et des leaders de la durabilité sont particulièrement intéressantes. Les secteurs des services de communication, de la consommation discrétionnaire et des technologies de l’information y sont valorisés entre 15 et 24 fois les bénéfices prévisionnels à 12 mois, contre 21 à 27 fois pour leurs homologues des marchés développés. Les perspectives de croissance des bénéfices sont comparables. De plus, la Chine est en train de combler rapidement l’écart technologique qui la sépare encore des États-Unis. Le rythme d’adoption élevé des technologies avancées dans la vie quotidienne crée en outre des opportunités de monétisation plus rapides et des avantages en termes de coûts pour les entreprises chinoises de la tech qui restent les fournisseurs de choix des utilisateurs chinois, voire internationaux. Enfin, la Chine, qui dispose d’amples sources d’énergie grâce aux renouvelables et au nucléaire, semble bien équipée pour remporter la course à la puissance dans le domaine de l’IA.

Enfin, la Chine, qui dispose d’amples sources d’énergie grâce aux renouvelables et au nucléaire, semble bien équipée pour remporter la course à la puissance dans le domaine de l’IA

Marchés développés : petites et moyennes capitalisations, et dividendes de qualité

Du côté des marchés développés, où les valorisations boursières sont plus élevées, les entreprises à petite et moyenne capitalisation et les actions versant des dividendes de qualité offrent des rapports risque-rendement intéressants. Le réinvestissement des dividendes a longtemps constitué un moyen solide de générer des rendements totaux et constitue l’une des stratégies les plus fiables pour préserver et faire croître les portefeuilles d’actions. Les entreprises de qualité versant des dividendes se trouvent dans les secteurs cycliques tels que la finance, l’énergie et l’industrie, mais aussi dans les secteurs défensifs comme la santé, les biens de consommation courante, les services publics ou l’immobilier, offrant ainsi une bonne diversification. Quant aux petites et moyennes capitalisations, celles-ci ont commencé à se redresser après une phase prolongée de déception au second semestre 2025, et ce grâce à l’assouplissement de la politique monétaire, à des révisions de bénéfices favorables et à des dépenses d’investissement.

En 2026, les petites et moyennes capitalisations devraient continuer à bien performer, portées par une accélération de la croissance des bénéfices et des valorisations attrayantes par rapport aux grandes capitalisations. Les gains de productivité induits par l’IA, l’augmentation des activités de fusions et acquisitions et une modification des droits d’importation américains possiblement plus favorables devraient fournir des catalyseurs supplémentaires. Par ailleurs, le positionnement des investisseurs reste léger, laissant ainsi une marge pour davantage d’afflux vers ce segment du marché actions.

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Obligations : priorité au revenu des coupons et aux convertibles

S’agissant des obligations, alors que la baisse globale des taux longs semble limitée pour 2026, le revenu généré par les coupons est clé. Outre les emprunts des marchés émergents libellés en devises fortes, les investisseurs peuvent trouver des coupons intéressants sur les obligations souveraines à haut rendement des marchés développés, telles que les Gilts britanniques. À l’avenir, les obligations convertibles devraient offrir certains des rendements attendus les plus élevés. Ces titres sont composés d’une obligation et d’une option d’achat d’actions intégrée. Cette structure peut offrir un degré de protection contre les baisses grâce à sa composante obligataire, tout en permettant de participer à la hausse des marchés boursiers et de bénéficier d’une exposition positive à la volatilité croissante.

Perspectives pour les fonds immobiliers suisses

Pour les investisseurs suisses, les fonds immobiliers continuent à offrir des sources de revenus alternatifs intéressants. Aux côtés des actifs non cotés et des matières premières, leur intégration permet d’assurer une bonne diversification du portefeuille.

Devises : opportunités ciblées dans les monnaies sous-évaluées

Enfin pour ce qui est des marchés des changes, alors que le franc suisse devrait rester stable contre l’euro et se raffermir par rapport au dollar, le yen japonais, le yuan chinois et la couronne suédoise font partie des monnaies les plus sous-évaluées et pourraient s’apprécier dans le courant de l’année.

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