Les Chroniques CLIC™: Une nouvelle ère pour les biens de seconde main ? Le marché de l’occasion au service d’une économie circulaire

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Les Chroniques CLIC™: Une nouvelle ère pour les biens de seconde main ? Le marché de l’occasion au service d’une économie circulaire

En 2011, Julie Wainwright a eu une idée de génie. Installée à la table de sa cuisine, cette entrepreneuse dans l’e-commerce aux Etats-Unis a conçu un marché en ligne d’un genre nouveau pour les marques de luxe : tous les articles vendus étaient d’occasion.

Depuis, son dépôt-vente, The RealReal, n’a cessé de croître. Il propose des vêtements, bijoux, montres et meubles d’occasion de marques de luxe – et même des œuvres d’art –, encourageant ainsi une économie circulaire. 

Cette société, qui entend atteindre la neutralité carbone avant la fin de l’année, s’inscrit dans un mouvement qui prend de l’ampleur, une tendance qui vise à encourager la soutenabilité en favorisant les achats de seconde main.

« Contrairement au modèle économique linéaire traditionnel du ″ prendre-utiliser-jeter ″, l’économie circulaire est par essence basée sur la restauration et la régénération », explique The RealReal. « Avec l’aide de nos acheteurs et de nos expéditeurs, nous favorisons la soutenabilité dans le secteur de la mode ».

Contrairement au modèle économique linéaire traditionnel du ″ prendre-utiliser-jeter ″, l’économie circulaire est par essence basée sur la restauration et la régénération

La mode peut être divertissante et créative. Mais la réalité de la fast fashion ou mode éphémère, est moins drôle : ces vêtements parcourent des milliers de kilomètres pour être jetés après avoir été portés une poignée de fois – une parfaite illustration de ce qu’est l’économie WILD, acronyme anglais de « Wasteful, Idle, Lopsided and Dirty » pour gaspilleuse, inefficace, inéquitable et sale.

Selon les estimations, le secteur mondial de l’habillement produit 80’000 milliards d’articles textiles chaque année. Selon une étude menée en 2015 par l’organisation caritative britannique Barnado’s, les vêtements sont portés sept fois en moyenne avant d’être jetés. En Chine, à en croire la plateforme de location d’articles de mode Y Closet, ce chiffre est plus proche de trois.

En outre, d’après l’organisation caritative britannique Wrap, le secteur de la mode est le quatrième au monde en termes d’impact environnemental négatif, après le logement, les transports et l’alimentation. Le partenariat Global Fashion Agenda / Boston Consulting Group estime que les émissions de CO2 du secteur de l’habillement atteindront presque 2,8 milliards de tonnes d’ici dix ans. C’est l’équivalent des émissions produites par environ 230 millions de voitures pendant un an.

En matière d’utilisation de l’eau, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) estime que le secteur de la mode consomme 93 milliards de mètres cube chaque année – assez pour répondre aux besoins de 5 millions de personnes. Selon les Nations Unies, la fabrication d’une seule paire de jeans requiert 7’500 litres d’eau. Il faudrait sept ans en moyenne à un être humain pour boire la même quantité.

fast fashion– une parfaite illustration de ce qu’est l’économie WILD

Le secteur de l’habillement contribue également à la pollution plastique. La Fondation Ellen MacArthur estime que 500’000 tonnes de microfibres plastiques sont rejetées chaque année dans les océans du monde lors du lavage de textiles synthétiques tels que le nylon et le polyester.

Cette économie WILD a des répercussions sur d’autres secteurs. En 2018, selon l’Environmental Protection Agency, les Américains ont jeté plus de 12 millions de tonnes de meubles et mobiliers. Et, compte tenu du grand nombre de matériaux utilisés pour les fabriquer, il n’a été possible d’en recycler que 40’000 tonnes. La conséquence ? Plus de 9,6 millions de tonnes de métal, de bois, de cuir, de textile, de mousse et d’autres matériaux ont atterri dans des décharges.

En prolongeant la durée de vie des vêtements, meubles et autres articles grâce au commerce d’occasion, The RealReal participe à la transition vers une économie CLIC™ (« Circular, Lean, Inclusive, Clean » : circulaire, efficiente, inclusive et propre). Mais l’entreprise n’est pas seule dans ce cheminement.

Le commerce d’occasion a le vent en poupe car les consommateurs prennent conscience des enjeux de la soutenabilité

En France, le marché en ligne Vestiaire Collective, qui réunit plus de neuf millions d’utilisateurs dans des dizaines de pays, propose des vêtements de marques de luxe de seconde main. La start-up qui l’a conçu a levé EUR 59 millions de financements l’année dernière, notamment grâce à des investisseurs asiatiques. Au total, elle a obtenu plus d’EUR 200 millions de financements depuis sa création en 2009.

Au Royaume-Uni, Thrift+ tente de redonner de l’attrait aux articles de seconde main vendus par des organisations caritatives, partout dans le pays, et de faciliter leur vente. Cette entreprise solidaire créée en 2014 permet aux organisations caritatives de récolter des fonds supplémentaires en vendant en ligne des vêtements donnés par des donateurs. Parallèlement, elle vise à soutenir l’économie circulaire grâce à une expérience stimulante et transparente de l’achat de vêtements de seconde main.

Le commerce d’occasion a le vent en poupe car les consommateurs prennent conscience des enjeux de la soutenabilité. Selon une étude menée en 2018 par le partenariat Global Fashion Agenda / Boston Consulting Group, rallonger la durée de vie des vêtements de neuf mois réduit leur empreinte carbone, eau et déchets de 20% à 30%. Cela fait également baisser d’environ un cinquième le coût des ressources liées à la fabrication, au lavage et à l’élimination des vêtements.

… il est essentiel de promouvoir les achats de seconde main pour modifier les tendances de consommation, et ainsi faciliter la transition vers une économie CLIC™

La pandémie de Covid-19 a donné un coup de fouet à cette tendance. Dans un sondage réalisé l’an dernier par le cabinet de conseil McKinsey & Company, deux tiers des consommateurs interrogés au Royaume-Uni et en Allemagne ont estimé qu’il était plus important que jamais de limiter les impacts sur le changement climatique. Toujours d’après ce sondage, 65% des personnes interrogées entendaient acheter des articles de mode plus durables et 71% déclaraient vouloir garder leurs vêtements plus longtemps. 

Dans ce contexte, la vente en ligne de vêtements et autres articles de seconde main s’est fortement accélérée. Sur Etsy, une plateforme en ligne dédiée aux articles faits main et vintage, les ventes ont explosé l’an dernier, en partie grâce aux masques mais aussi parce que les consommateurs s’intéressent désormais au commerce d’occasion.

La soutenabilité est la somme d’une multitude de facteurs. Cela dit, il est essentiel de promouvoir les achats de seconde main pour modifier les tendances de consommation, et ainsi faciliter la transition vers une économie CLIC™. Les entreprises contribuant dès aujourd’hui à cette transition pourraient devenir les grandes gagnantes de demain.

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