Prévoyance et banque privée

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Prévoyance et banque privée

Interview de Philippe Gay, Directeur chez Lombard Odier, responsable de l’offre suisse 

Interview publiée dans L’Agefi Indices du mois d’octobre 2019

Les plans 1e suisses constituent une solution de prévoyance offrant un choix de placement. Ces plans permettent aux employés individuels ayant des revenus supérieurs à 127 980 CHF de choisir parmi une gamme de stratégies de placement. Ils ont le potentiel de changer considérablement la face des retraites suisses.

 

Les plans 1e pour les revenus supérieurs à 127.980 francs poursuivent leur croissance. Un potentiel de plusieurs dizaines de milliards de francs a été évoqué à de nombreuses reprises. Credit Suisse évoquait notamment le montant de 50 milliards. Comment envisagez-vous l’évolution de ce marché ?

Il s’agit d’une évolution sur plusieurs années, qui nécessite que l’information circule et que les personnes concernées réalisent les avantages dont elles peuvent bénéficier. Le plan 1e consiste à remettre les clés du choix de la stratégie de gestion des avoirs sur-obligatoires entre les mains de l’assuré. Si tout le monde prenait conscience de la valeur ajoutée de ce changement de paradigme, le potentiel du marché pourrait se situer au-delà des 100 milliards de francs sur le long terme.

Pour l’employeur, c’est l’occasion de sortir d’une logique de contrainte. Les nouvelles dispositions lui permettent d’utiliser le système de prévoyance professionnelle comme l’un des critères de motivation de ses cadres, sans oublier les notions de de-risking, par l’abandon des réserves de fluctuation et donc l’allègement du bilan comptable. Les assurés peuvent désormais considérer leurs avoirs de prévoyance comme une part de leur patrimoine global. Et ainsi avoir leur mot à dire pour le valoriser plus efficacement, en fonction de leurs objectifs personnels.

De nombreux assurés ont souvent sous-exploité le potentiel de leur prévoyance et ne tirent pas suffisamment profit des lacunes dont ils disposent

De nombreux assurés ont souvent sous-exploité le potentiel de leur prévoyance et ne tirent pas suffisamment profit des lacunes dont ils disposent. Parallèlement, la situation des taux d’intérêt n’améliore pas la situation du tiers cotisant, qui est en berne actuellement.

 

Cela veut-il dire que l’attrait des plans 1e sera affecté si les taux d’intérêt remontent ?

Des taux d’intérêt, par exemple à 4 ou 5%, seraient avant tout une bonne nouvelle pour le tiers cotisant. Toutefois, avant que les taux ne remontent, le contexte actuel représente surtout une opportunité de s’adapter et de développer de nouveaux modèles. Tout le monde a commencé à parler de 2e pilier sur-obligatoire depuis 2 ans. Avec huit années d’expertise et d’expérience, Lombard Odier a pour sa part eu une vision de précurseur dans ce domaine dès 2011. Pour en revenir à votre questions, l’attrait actuel des plans 1e n’a pas de lien avec l’évolution des taux.

L’attrait actuel des plans 1e n’a pas de lien avec l’évolution des taux

Qu’est-ce qui explique donc l’engouement pour les plans 1e ?

Il s’agit d’un nouveau paradigme qui permet à chaque assuré de choisir la stratégie d’investissement applicable à ses avoirs sur-obligatoires. En ce sens, le plan 1e et sa gestion relèvent du private banking. L’assuré devient un acteur de sa prévoyance.

Il s’agit d’un nouveau paradigme qui permet à chaque assuré de choisir la stratégie d’investissement applicable à ses avoirs sur-obligatoires

Un aspect essentiel de cette nouvelle donne réside dans la compréhension des enjeux, mais aussi à l’accès en toute transparence et en tout temps à son capital sur-obligatoire. Plus question de recevoir un rapport une fois par année, sans personne de contact. Nos clients ne se retrouvent pas face à une boite noire. Ils peuvent suivre en temps réel l’évolution de leurs actifs de prévoyance avec leur banquier privé, qui intégrera ces avoirs LPP sur-obligatoires dans la réflexion patrimoniale globale.

Ils peuvent suivre en temps réel l’évolution de leurs actifs de prévoyance avec leur banquier privé, qui intégrera ces avoirs LPP sur-obligatoires dans la réflexion patrimoniale globale

Il est rassurant pour eux de pouvoir accéder à la composition, ainsi qu’à la valorisation de leur patrimoine, en particulier en cas de grands mouvement sur les marchés. Et même de potentiellement décider d’adapter leur stratégie avec toutes les informations en mains. Sans compter qu’il est possible de faire tout cela depuis son smartphone, grâce à la plateforme que nous avons développée.

Chez Lombard Odier, les assurés 1e sont des clients privés. Nous leur proposons une approche globale qui prend en compte les avoirs de prévoyance comme part intégrante de leur patrimoine. Nous les conseillons sur la structuration de l’ensemble de leurs actifs, qu’ils soient privés, liés à la gestion de leur entreprise ou de leur prévoyance. Chaque assuré est conseillé directement par son propre banquier. La personne qui gère son patrimoine de prévoyance est toujours le même professionnel, qui travaille avec une vision globale de sa situation.

Nous proposons [à nos clients privés] une approche globale qui prend en compte les avoirs de prévoyance comme part intégrante de leur patrimoine. Nous les conseillons sur la structuration de l’ensemble de leurs actifs, qu’ils soient privés, liés à la gestion de leur entreprise ou de leur prévoyance.

 

Qui ciblez-vous dans le cadre de vos plans 1e ?

Nos clients sont des entrepreneurs, des CEO, des cadres, des indépendants, des patrons de petites entreprises, etc., Nous avons par exemple des PME parmi nos clients, des médecins ou des avocats. Nous travaillons au quotidien avec des patrons de petites sociétés. Un entrepreneur a tendance à mettre toute son énergie au service de son entreprise et à reléguer au second plan sa planification patrimoniale. Il est primordial de l’aider à disposer d’une vision globale qui intègre à la fois sa situation personnelle et celle de son entreprise, à court, moyen et long terme. La gestion de sa prévoyance sur-obligatoire, qu’il n’a pas, ou très peu exploitée jusqu’alors, lui offre une opportunité de mesurer comment valoriser les actifs qu’il maintient dans son entreprise. Il met ainsi en place une diversification de ses avoirs, en réallouant une partie de ses comptes actionnaires dans des solutions de prévoyance. Deux effets majeurs en découlent immédiatement : une planification de sa retraite et une réduction de ses risques globaux, dès lors que la concentration des actifs n’est plus uniquement sur l’entreprise.

Nous observons que ce type de clientèle manque drastiquement d’information. Il reste en effet peu de temps à l’entrepreneur pour penser à lui après avoir géré le versement des salaires, le carnet de commandes, etc.

 

Lombard Odier a lancé en février trois fonds d’allocations d’actifs dédiés à la gestion des avoirs de prévoyance. Qu’est-ce que cela a changé ?

Nous avons enrichi nos stratégies LPP par l’ajout de fonds de placement, afin de répondre aux évolutions de la loi. Chaque caisse sur-obligatoire peut offrir au maximum 10 stratégies d’investissement aux assurés, dont une stratégie dite « faible risque ». Chaque stratégie doit engendrer le même résultat pour tous les assurés qui l’auraient choisie. Par conséquent, le recours à des fonds est devenu un impératif exigé par la loi lorsqu’un plan sur-obligatoire sert de nombreux assurés. Notre approche se distingue par 2 aspects principaux : la transparence constante de l’information à disposition de l’assuré et un horizon temps volontairement plus court que les indices LPP usuels. Si la transparence fait partie de notre offre de gestion de fortune fondamentale, la notion d’horizon temps permet d’adapter la stratégie de gestion aux objectifs de l’assuré et non à ceux d’une caisse de pension mutuelle usuelle de base. Notamment parce que la retraite se profile à plus court terme pour nos clients. Nous proposons donc un horizon temps qui varie de 3 à 5 ans pour le profil défensif et de 7 à 10 ans pour le profil le plus offensif.

 

Comment se caractérise l’allocation au sein de ces fonds ?

Nous sommes ouverts et évitons de nous imposer un carcan inutile. Nos fonds LPP – my Private Pension Funds- offrent un mix de fonds et de lignes directes, investis dans les principales classes d’actifs. Il ne s’agit donc pas de fonds de fonds. Nous investissons pour nos clients comme nous le faisons pour nous-mêmes.

Tous nos portefeuilles sont analysés en fonction d’un indice de durabilité

Lombard Odier a la volonté de placer la durabilité au cœur de sa stratégie. En est-il de même dans le cadre de vos plans 1e ?

Tous nos portefeuilles sont analysés en fonction d’un indice de durabilité. Nous sommes également capables de mesurer l’intensité carbone d’un portefeuille lorsque nos clients le souhaitent. La durabilité n’est pas seulement une question philosophique, c’est aussi un potentiel de valeur ajoutée économique. Nous sommes convaincus que les entreprises les plus solidement positionnées en matière de durabilité seront celles qui tireront le meilleur parti des mutations structurelles en cours dans nos sociétés. Nous y voyons un modèle de performance à long terme.

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