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Les marchés tendent à progresser sur le long terme et les corrections sont moins fréquentes que généralement pensé ; attendre pour investir peut donc avoir un coût
Les opportunités d’achat sont psychologiquement difficiles à saisir, tandis que les marchés intègrent habituellement avec efficacité les risques connus, ce qui laisse peu de marge à l’investisseur individuel pour prendre l'avantage
Les tentatives pour éviter une correction de marché peuvent ainsi s'avérer plus coûteuses en termes de performance que la correction elle-même
Nous insistons sur la discipline, la diversification et la définition d'objectifs de long terme comme étant les outils les plus fiables pour traverser les inévitables turbulences des marchés.
Cette nouvelle série de courts articles a pour objectif de répondre aux questions des investisseurs concernant la manière d’investir leurs capitaux sur les marchés financiers. Ces réflexions s’inscrivent dans une perspective de long terme et visent à apporter des réponses générales aux décisions les plus ardues. Notre analyse se fonde sur les données historiques et des éléments probants sur la durée. Au cœur de chacun de ces articles se trouve une question simple : quelle option d’investissement dois-je privilégier ?
La recherche du « timing » parfait doit-elle faire partie de la panoplie d'un investisseur ? Nous examinons les données statistiques relatives à cette question et le coût potentiel d’une attitude attentiste.
Dans notre premier numéro de « The Intelligent Allocator », nous avons comparé les avantages de l’investissement unique immédiat et de l’investissement régulier prédéfini – deux approches disciplinées de déploiement de capitaux suite à un événement de liquidité majeur. Cependant, comme souvent en matière d'investissement, une question en entraîne une autre. Une thématique récurrente dans nos échanges avec nos clients est celle de savoir s'il vaut mieux attendre une opportunité d'achat intéressante ou placer ses capitaux et rester ensuite dans le marché. L'idée d'attendre le « bon moment » ou un « niveau plus favorable » semble séduisante, mais mérite d'être vérifiée non pas comme simple prédiction, mais à l'aune de l'expérience et des données historiques.
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À l'heure où les deux tiers de la population mondiale sont connectés aux réseaux sociaux, ce ne sont pas les nouvelles concernant le marché et l’évolution géopolitique qui manquent. Ce flux incessant d'informations peut engendrer une nervosité permanente chez les investisseurs potentiels ou confirmés.
En vérité, les opportunités d'achat les plus intéressantes sont presque toujours les plus difficiles à saisir. L’analyste de marché chevronné Walter Deemer l’a d’ailleurs souligné avec ironie dans le titre de son ouvrage When The Time Comes To Buy, You Won’t Want To (Quand viendra le moment d’acheter, vous n’en aurez pas envie). Les périodes les plus favorables aux gains de long terme sont aussi celles où l'incertitude et le pessimisme ont tendance à dominer, rendant psychologiquement difficile l’achat ou le maintien de ses investissements, même si ces moments sont les plus gratifiants sur la durée.
Les opportunités d'achat les plus intéressantes sont presque toujours les plus difficiles à saisir
Qu'attendez-vous ? La patience a un coût
Prenons un exemple simple : chaque année, deux investisseurs entament leurs opérations sur le marché le 1er janvier. Le premier attend une correction de 10% avant d'investir, conservant des liquidités et percevant entre-temps le rendement des bons du Trésor américain à 3 mois. Le second investit immédiatement dans le S&P 500, sans chercher à viser un « timing » opportun. Le 31 décembre suivant, ils comparent leurs résultats. Depuis 1990, l'investisseur en attente de correction a enregistré une performance inférieure de 5,4% par an en moyenne par rapport à l’investisseur qui a investi immédiatement, et a accusé un retard plus de la moitié du temps.
Pourquoi un tel écart ? Parce que les liquidités ne connaîtront jamais de rallye. Les marchés boursiers, en revanche, tendent à progresser sur le long terme et les corrections sont moins fréquentes que dans l’esprit collectif. Depuis 1990, le S&P 500 n'a connu une correction intra-annuelle d'au moins 10% qu'environ une année sur deux, et des marchés baissiers – reculs de 20% ou plus – qu'une année sur six. Comme nous l'avons souligné dans notre précédent article, la discipline est essentielle. Plutôt que d'essayer d'anticiper les fluctuations du marché, nous suggérons d'investir en utilisant soit l’investissement unique immédiat soit la méthode de l’investissement régulier prédéfini. Le choix entre ces deux options devant se fonder sur le besoin de l'investisseur en matière de gestion du risque du court terme, et non une prévision de l'évolution du marché.
Le prix à payer pour sous-estimer l’évidence et craindre l’inconnu
La logique consistant à anticiper une potentielle correction relève souvent davantage de la psychologie que des données réelles. Les marchés tendent à intégrer rapidement les risques reconnus. Lorsqu'un risque – tel qu’une récession potentielle ou une hausse attendue des taux d'intérêt – est largement évoqué, il est presque certainement déjà reflété dans les cours. Un investisseur individuel a peu de chances d’avoir une longueur d’avance sur le marché. Partant, si l'impact vient effectivement à se produire, il est susceptible de s'avérer moins grave que prévu.
L’histoire démontre que supporter la volatilité est bien plus rentable que de chercher à la contourner
Le véritable danger réside donc non pas dans le risque lui-même, mais dans l'écart entre le risque perçu et le risque réel. Dans ce contexte, les chocs de marché se présentent généralement sous deux formes :
Les chocs exogènes– guerres, pandémies ou autres perturbations imprévisibles – qu'il est impossible d'anticiper avec précision. Ils représentent les « inconnues inconnues », ou facteurs hautement impré
Les chocs endogènes ou chocs sur les marchés financiers sont liés à des valorisations excessives et à des déséquilibres structurels : en d'autres termes, à des bulles. Ces risques sont plus faciles à observer, mais restent difficiles à anticiper. La bulle spéculative « Nifty Fifty » des années 1960 et 1970 et la bulle Internet qui a éclaté en 2000 ont toutes deux duré plus longtemps que prévu par les sceptiques, et les tentatives pour les éviter se sont souvent faites au détriment des gains composé
C’est pourquoi le « timing » parfait ne nous semble qu’une réconfortante illusion. L'idée d'anticiper le point bas exact ou d'éviter chaque correction est séduisante, mais généralement irréaliste. L’histoire démontre que supporter la volatilité est bien plus rentable que de chercher à la contourner. Ce qui forge la richesse sur le long terme, ce n'est pas la précision du « timing », mais la participation au marché. L’expérience passée suggère que le véritable avantage réside dans le fait de rester investi, avec un profil de risque et une allocation d’actifs adaptés, tout en laissant le pouvoir discret de la capitalisation des gains effectuer l’essentiel de la tâche.
À court terme, les marchés paraîtront quasiment toujours surachetés, et les événements géopolitiques inciteront presque à coup sûr les investisseurs à patienter. Tenter d’éviter une correction peut cependant s'avérer plus coûteux en termes de performance que subir ladite correction. C'est pourquoi nous continuons à mettre l'accent sur la discipline, la diversification et la définition d'objectifs de long terme comme étant les outils les plus fiables pour traverser les inévitables turbulences des marchés. En résumé, lancez-vous ou vous manquerez le train.
Le présent document de marketing a été préparé par Banque Lombard Odier & Cie SA (ci-après « Lombard Odier »).
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