Analyse macroéconomique et des marchés
Le mois de janvier a semblé s’inscrire dans le cadre d’une tendance observée à plusieurs reprises depuis 2023, marquée par une nette sous-performance des actions américaines. Cette tendance a prolongé celle du mois de décembre où les actifs américains ont reculé tandis que la diversification géographique a largement porté ses fruits. Plusieurs facteurs contribuent à expliquer cette évolution : le consensus des investisseurs reste largement concentré sur les valeurs technologiques américaines malgré des appels répétés en faveur de la diversification, rendant les marchés américains structurellement vulnérables à un repositionnement accéléré ; les perspectives macroéconomiques européennes se redressent progressivement. Les indicateurs avancés dans la zone euro poursuivent leur remontée lente mais régulière, contribuant à une réévaluation des actifs européens ; et le climat politique aux Etats-Unis continue de peser sur le sentiment des investisseurs, qu’il s’agisse des tensions diplomatiques sur le Venezuela et le Groenland ou des questionnements grandissants entourant l’indépendance de la Réserve fédérale américaine.
Il semble que nous assistions mois après mois à une érosion progressive de la domination du marché financier américain, une tendance renforcée en janvier au travers de la performance relative. Cette incertitude grandissante se reflète également dans le marché des changes, avec un repli du dollar en dépit du fait que la prime de terme américaine (l’écart entre les taux longs et les anticipations concernant le niveau futur des taux d’intérêt) reste élevée. La prime de risque politique américaine se manifeste également dans la trajectoire de l’or, dont la hausse des cours s’est accompagnée d’une volatilité accrue, un phénomène que l’on observe dans l’ensemble des métaux précieux. Janvier s’est ainsi ouvert dans un contexte de mouvements prononcés des marchés conforme aux tendances constatées en 2025, laissant penser qu’un changement de régime plus durable se dessine au lieu des simples ajustements tactiques généralement observés au début de l’année.
Dans ce contexte, les actions mondiales ont enregistré un gain de 2,2%, impulsées par les marchés émergents (+8,8%) et les actions bon marché (+4,6%), tandis que les valeurs de croissance se sont légèrement repliées (-0,3%). Les indices européens ont devancé ceux américains, l’EuroStoxx 50 s’appréciant de 2,7% contre un gain de seulement 1,4% pour le S&P 500 et de 0,9% pour le Nasdaq. A noter en particulier que les petites capitalisations américaines (Russell 2000) ont connu un rebond significatif de 5,3%, témoignant de la rotation vers des segments de marché délaissés ces dernières années au profit des grandes valeurs technologiques. Sur les marchés obligataires, les taux américains à 10 ans ont augmenté de 7 points de base (pb), tandis que ceux à deux ans ont grimpé de 5 pb. L’Europe a connu une dynamique inverse, avec des taux à 2 ans et à 10 ans en baisse de 3 pb et 1 pb, respectivement. Cette divergence transatlantique a contribué à la faiblesse du dollar, qui a perdu 1,4% sur le mois. Les spreads de crédit se sont globalement resserrés, en particulier dans le segment américain des titres à haut rendement (-20 pb), dénotant un regain d’appétit pour le risque. Les matières premières ont brillé en janvier avec une hausse globale de 10,0%, tirée par l’énergie (+20,3%) et les métaux précieux (+10,7%). L’or a par ailleurs gagné 13,3%.
Activité du portefeuille
L’exposition du portefeuille est restée relativement stable au cours du mois, clôturant aux alentours de 155%. L’allocation s’est légèrement réorientée en faveur des actifs de couverture (allocation d’environ 45% aux actions, au crédit et aux matières premières) et des actifs défensifs (allocation d’environ 55% aux swaps d’inflation, aux emprunts d’Etat et aux stratégies de positionnement long sur la volatilité). Nos estimations concernant la volatilité sont restées stables pour les actifs obligataires mais ont augmenté à la fin du mois pour les actions et les matières premières, tandis que les signaux de momentum sont restés positifs pour l’ensemble des actifs cycliques (matières premières, actions, crédit à haut rendement). En outre, notre indicateur agrégé de l’appétit pur le risque est resté en territoire de propension, bien que sa composante la plus réactive se soit temporairement désactivée la deuxième quinzaine du mois. Sur le plan macroéconomique, nos signaux de croissance continuent de dénoter une période « Boucles d’or », bien que la dynamique récente des données laisse entrevoir une période de stabilisation. Nos indicateurs d’inflation en temps réel montrent que les pressions inflationnistes continuent de s’atténuer, ce signal de désinflation étant plus fort dans le cas de l’Europe. Enfin, notre signal de politique monétaire annonce une période de politique accommodante, ce qui est positif pour les actifs cycliques tant que la croissance elle-même n’est pas menacée.
Performance
En janvier 2026, LO Funds – All Roads a progressé de 2,4% (part NA en USD). Durant le mois, les actions et les matières premières ont constitué le principal moteur de la performance avec une contribution de 90 pb dans chaque cas. Les obligations ont eu une incidence très légèrement négative, les emprunts d’Etat ayant soustrait 10 pb et la contribution de la dette d’entreprises étant restée négligeable. Enfin, nos overlays ont contribué à hauteur de 30 pb, avec des gains pour les stratégies tendancielles et macro.
Perspectives
Février marque le début d’un nouveau chapitre, avec la nomination de Kevin Warsh pour prendre la suite de Jerome Powell à la présidence de la Fed. Cette transition pourrait avoir une grande importance pour les marchés financiers, sachant que Kevin Warsh n’a pas un profil particulièrement accommodant, mais est plutôt jugé être un banquier central compétent en matière de « realpolitik » monétaire. Dans les mois à venir, le tandem Scott Bessent et Kevin Warsh devrait s’efforcer de favoriser la stabilisation des taux américains, condition nécessaire à la soutenabilité de la dette publique. Dans ce contexte, une croissance mondiale soutenue, le rétablissement de la crédibilité de la politique monétaire américaine et une saison des résultats trimestriels globalement robuste pourraient créer des conditions favorables aux actifs risqués en février, à condition que les expositions restent diversifiées et sélectives, tant sur le plan géographique que sectoriel.
partager.