Perspectives macroéconomiques : 2021 signera la fin de la crise du coronavirus

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Perspectives macroéconomiques : 2021 signera la fin de la crise du coronavirus

Stéphane Monier - Chief Investment Officer<br/> Lombard Odier Private Bank

Stéphane Monier

Chief Investment Officer
Lombard Odier Private Bank
Samy Chaar - Chef économiste

Samy Chaar

Chef économiste

Osons ouvrir nos perspectives annuelles avec ce postulat : 2021 signera la fin de la crise du coronavirus. En effet, il apparaît désormais clairement qu’une gamme d’outils efficaces sera disponible d’ici le milieu de l’année prochaine, permettant d’endiguer la pandémie une fois pour toutes. Si nous pouvons tirer un enseignement des événements des derniers mois, c’est qu’une levée des restrictions sanitaires se traduit généralement par un fulgurant rattrapage économique, comme ce fut le cas au 3e trimestre 2020. A cet égard, la Chine et les autres économies asiatiques constituent aussi des exemples éloquents.

…une levée des restrictions sanitaires se traduit généralement par un fulgurant rattrapage économique

Une chose est certaine : la pandémie continuera d’assombrir les perspectives jusqu’à la distribution à grande échelle des vaccins. Elle devrait toutefois être plus facile à gérer et moins désastreuse du point de vue économique qu’au 1er semestre 2020. La meilleure connaissance du coronavirus et des moyens de lutter contre sa propagation permet de recourir à des restrictions plus ciblées. Qui plus est, les disparités régionales limitent les risques d’un effondrement généralisé de la demande mondiale. Enfin, la mise en place et l’adaptation régulière des mesures de soutien économique représentent un important filet de sécurité. Partant, et quand bien même la croissance restera sous pression au 4e trimestre 2020 et au 1er trimestre 2021, les progrès accomplis au cours des derniers mois ne devraient pas être remis en question.

Si tout se passe comme prévu, une maîtrise de la pandémie grâce à des vaccins sûrs, efficaces et disponibles à grande échelle permettrait aux économies de récupérer la production perdue après leurs périodes de fermeture et la profonde récession de 2020. Un immense soulagement devrait s’emparer de la population mondiale, provoquant un frénétique retour aux activités à la fin du printemps/au début de l’été, soutenant ainsi les secteurs les plus pénalisés par les mesures de confinement (voir graphique 1, page 04). Et, compte tenu des conditions financières avantageuses, les dépenses de consommation devraient bénéficier d’une baisse de l’épargne de précaution. Dans le même temps, les nouvelles mesures de relance budgétaire devraient permettre de consolider la reprise. Dans le cadre de notre scénario central, nous prévoyons que l’économie américaine renouera avec son niveau de production d’avant la crise au 2e semestre 2021. Dans la zone euro, ce cap ne devrait être atteint qu’au début de l’année 2022.

…nous prévoyons que l’économie américaine renouera avec son niveau de production d’avant la crise au 2e semestre 2021. Dans la zone euro, ce cap ne devrait être atteint qu’au début de l’année 2022

Un tel rebond conjoncturel devrait également favoriser une remontée de l’inflation, quoiqu’à des niveaux toujours modérés (voir graphiques 2 et 3, page 05). La hausse de la demande des consommateurs et certaines pénuries d’offre (avec l’épuisement des stocks) devraient tirer les prix à la hausse. Etant donné l’important écart de production, la morosité du marché du travail et la faible demande de crédit du secteur privé, ce processus de normalisation sur le front des prix ne devrait cependant pas entraver l’action des banques centrales. La récente modification du cadre de la politique monétaire, avec l’adoption d’un « ciblage de l’inflation moyenne », permettra également à ces dernières de laisser les taux à un niveau proche de zéro, quand bien même le chômage se résorbe (voir graphiques 4 et 5, page 05).

Il convient de noter que l’imminente, et solide, reprise sera probablement très inégale, certains pays et secteurs rebondissant plus rapidement que d’autres. L’activité des secteurs en berne, comme la restauration, le tourisme et l’hôtellerie, devrait renouer avec les niveaux d’avant la pandémie et contribuer aussi à faire baisser le taux de chômage. Les défis de long terme auxquels font face ces secteurs, tout comme les commerces de marchandises générales, de vêtements et d’accessoires, voire même les magasins alimentaires, n’en disparaîtront pas pour autant.

Mais c’est surtout sur le front du commerce mondial que nous tablons sur un rebond vigoureux

En revanche, l’immobilier résidentiel et la production manufacturière se portent très bien. Mais c’est surtout sur le front du commerce mondial que nous tablons sur un rebond vigoureux (voir graphique 6, page 05). L’embellie des perspectives du commerce s’explique non seulement par la reprise post-pandémie, mais aussi par l’entrée en fonction prochaine de la nouvelle administration américaine – qui augure un climat d’affaires global bien meilleur. La demande mondiale devrait soutenir les exportations, ce qui est également encourageant pour les perspectives économiques, en particulier du côté manufacturier. Après tout, le secteur des biens constituant l’essentiel du commerce, l’activité manufacturière devrait évoluer de pair avec les exportations. Il s’agit d’un facteur positif pour les économies sensibles au commerce, notamment en Asie et dans certains parties d’Europe.

Qui qu’il en soit, notre scénario optimiste, selon lequel d’importants obstacles sont régulièrement franchis (élections américaines, Brexit, Covid-19), n’est pas exempt de risques. En premier lieu, l’incertitude persistante entourant les vaccins implique un important risque baissier. Les problèmes liés à la sécurité, aux effets secondaires, à la durée de l’immunité et à une possible mutation du virus pourraient doucher les espoirs d’un retour à la normale. En effet, notre scénario central repose sur un assouplissement progressif, mais permanent, des restrictions économiques. Si les vaccins ne permettaient pas d’enrayer la pandémie, les risques baissiers seraient élevés.

Si les vaccins ne permettaient pas d’enrayer la pandémie, les risques baissiers seraient élevés

Ensuite, tout facteur susceptible de provoquer une augmentation du coût du capital ou un durcissement des conditions financières est à surveiller de près. Une telle évolution pourrait peser sur la valorisation des actifs financiers et rendre le financement de la dette beaucoup plus difficile. A cet égard, un stress financier, une forte remontée de l’inflation ou un retrait prématuré des mesures de relance constitueraient des risques clés. Si nous restons convaincus que les autorités s’efforceront d’être mesurées et progressives dans le retrait de leurs politiques de soutien, des craintes concernant une action trop précipitée pourraient se faire jour au 2e semestre 2021, dès lors que l’économie mondiale aura retrouvé sa vitesse de croisière. 

Enfin, le ratio d’endettement global, encore exacerbé par la pandémie, reste une source de préoccupation majeure à long terme. Cela dit, avec des taux appelés à rester proches de zéro dans les années à venir, maintenant les charges d’intérêt à des planchers historiques, les niveaux de dette peuvent pour l’heure être considérés comme viables. De fait, ce n’est pas tant l’ampleur de la dette qui nous inquiète aujourd’hui que la manière dont elle est utilisée. Nous plaçons de grands espoirs dans les investissements productifs ciblant l’innovation, les infrastructures et les inégalités. Si telle ne devait pas être la direction prise, la désillusion pourrait être grande.

Remarque : Sauf indication contraire, les données mentionnées dans cette publication sont basées sur les sources suivantes : Datastream, Bloomberg, calculs Lombard Odier.

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