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    Santé mentale : de nouvelles perspectives pour la philanthropie

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    Santé mentale : de nouvelles perspectives pour la philanthropie

    Dr Maximilian Martin - Global Head of Philanthropy

    Dr Maximilian Martin

    Global Head of Philanthropy

    Environ un milliard de personnes dans le monde, soit 10 % de toute l’humanité, souffrent de problèmes de santé mentale. Au-delà des conséquences personnelles, les problèmes de santé mentale coûtent environ USD 2’500 milliards par an à l’économie mondiale, en raison d’une moindre productivité économique et des coûts directs des soins. Pourtant, le sujet reste tabou dans de nombreuses sphères et régions du monde. Il faut y mettre un terme.

    La santé mentale reste tabou dans de nombreuses sphères et régions du monde. Il faut y mettre un terme

    Lorsque, en 2013, les dirigeants mondiaux ont défini des objectifs visant à améliorer la santé mentale dans le monde avant 2020, ils ont défini leurs politiques autour de quatre grands axes :

    1. La mise à disposition de services exhaustifs de santé mentale et d’aide sociale ;
    2. L’intégration de ces services au sein des communautés ;
    3. La mise en œuvre de stratégies de promotion de la santé mentale et de prévention des troubles psychiques, ainsi que le renforcement des systèmes d’information ;
    4. L’augmentation des investissements dans la recherche et la création d’une base factuelle.

    L’OMS s’était alors engagée à suivre les progrès réalisés dans le monde vers ces objectifs.

    Objectifs pour 2030

    Huit ans plus tard, le bilan donne à réfléchir. Par exemple, les objectifs fixés pour 2030 incluent une hausse des capacités de santé mentale des établissements de santé et de soins, qui devraient passer de 0,64 pour 100’000 personnes à 1,3 pour 100’000 personnes. Dans la pratique, cela signifie que, même si les objectifs de 2030 sont atteints, et rien n’est moins sûr, des millions de personnes qui nécessitent un soutien en matière de santé mentale n’auront toujours pas accès à un personnel qualifié. Cela représente plus de la moitié des personnes souffrant de psychose et un tiers des personnes souffrant de dépression.

    Les trois principales opportunités que nous prévoyons pour les dix prochaines années sont les suivantes : repenser le discours autour des questions de santé mentale, mettre en œuvre un changement significatif en matière de transparence et exploiter la puissance des marchés si cela est pertinent

    Que faire pour accélérer les progrès ? Chaque année, le 10 octobre, la Journée mondiale de la santé mentale permet de tirer le bilan des progrès réalisés vers une vision plus inclusive de la santé mentale pour tous. Peu après la Journée mondiale de la santé mentale de 2021, Philanthropy Impact a invité Brian Heyworth (associé-gérant de Lansdowne Partners) et Natasha Mueller (fondatrice de NM Impact Ltd) pour discuter des objectifs et des stratégies permettant de réaliser des progrès décisifs. Ils ont échangé lors d’un événement en ligne animé par Dr Maximilian Martin, Global Head of Philanthropy chez Lombard Odier.

    Lire aussi : Lombard Odier et l’UNICEF publient un Guide du donateur consacré à l’enfance

    Les trois principales opportunités que nous prévoyons pour les dix prochaines années sont les suivantes : repenser le discours autour des questions de santé mentale, mettre en œuvre un changement significatif en matière de transparence et exploiter la puissance des marchés si cela est pertinent.

     

    Repenser le discours autour des questions de santé mentale

    Premièrement, notre travail sur le discours autour la santé mentale se concentre sur les différentes façons dont nous pouvons déstigmatiser le sujet et accroître le soutien au niveau des politiques publiques.

    Pour trouver une solution, nous devons nous inspirer des tendances récentes qui changent la donne dans d'autres domaines, comme les Vendredis pour l'avenir (Fridays for Future) sur le changement climatique et Black Lives Matter sur les injustices historiques. Il faudra également assurer des financements indépendants.

    En tant que président de la City Mental Health Alliance du Royaume-Uni, Brian Heyworth nous a encouragés à ne pas oublier que les employeurs peuvent être des alliés puissants pour des pratiques prospectives en matière de santé mentale. En effet, un environnement de travail négatif peut engendrer des problèmes de santé autant mentaux que physiques, mais les employeurs sont de plus en plus conscients de leurs responsabilités à ce sujet, ainsi que de leur capacité à instaurer des lieux de travail plus sains.

     

    Un changement radical en matière de transparence

    Deuxièmement, nous devons créer un sentiment d’urgence en facilitant la transparence. Des données solides sont extrêmement utiles pour attirer l’attention, influencer les politiques et obtenir des financements. Les données montrent que, bien que les besoins en services de santé mentale soient considérables dans toutes les populations, ils sont particulièrement prononcés dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, tous indicateurs confondus. Le financement mondial destiné à compléter les maigres budgets des pays à faible revenu s’est maintenu aux alentours de USD 160 millions en 2019. Des mesures d’une envergure sans précédent doivent donc être prises de toute urgence. Là aussi, le financement philanthropique peut constituer un levier important. De nombreux pays n’ont pas accès au financement requis pour mettre en œuvre des plans nationaux en matière de santé mentale. Les investisseurs stratégiques peuvent aider à supprimer les obstacles aux progrès, en fournissant des données sur les avantages de disposer de soins en matière de santé mentale qui sont intégrés dans les soins primaires, plutôt que de se concentrer uniquement sur la formation et la supervision. Ils peuvent également aider à amplifier le soutien au sein de la communauté, notamment dans les pays à revenu intermédiaire ou élevé où ce soutien doit absolument être désinstitutionnalisé. Pour finir, ils peuvent renforcer les systèmes de santé mentale et la préparation psychosociale aux urgences et aux catastrophes.

    Le financement philanthropique peut constituer un levier important : les investisseurs stratégiques peuvent aider à supprimer les obstacles aux progrès

    Le pouvoir des marchés

    Troisièmement, en parallèle du discours et des données, nous devons exploiter de manière pertinente le pouvoir des marchés pour revitaliser nos efforts en matière de santé mentale. Les personnes fortunées qui souhaitent faire la différence sont de plus en plus nombreuses à vouloir accéder à une gamme complète de solutions, incluant à la fois les subventions philanthropiques traditionnelles et les investissements d’impact. Nous pensons que l’investissement d’impact va s’amplifier dans le domaine de la santé, et notamment dans la santé mentale, ce qui créera des opportunités significatives. Selon les données du Global Impact Investing Network (GIIN), les principaux secteurs concernés par l’investissement d’impact en 2019 ont été ceux de l’énergie et de la microfinance, qui ont reçu respectivement USD 19 milliards et USD 13 milliards. Le secteur de la santé, en revanche, n’a reçu que USD 5,5 milliards – et la santé mentale n’en représente qu’une petite partie. Sachant que la prévention constitue un facteur extrêmement important pour améliorer la santé mentale dans le temps, et que la digitalisation modifie les règles du jeu en termes de production, de méthodes de prestation et de courbes de coûts, tous secteurs confondus, nous devons tirer parti de cette énergie entrepreneuriale et de la dynamique des investissements. En bref, nous sommes d’avis que nous devons renforcer le soutien apporté aux start-up qui se consacrent à la santé mentale et nous positionner dans une optique de capital-risque sur les soins de santé numériques à la demande.

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