Renforcement de relations : le rôle significatif de la Suisse et du Royaume-Uni dans le secteur financier
Patrick Odier, Associé-gérant Senior

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Renforcement de relations : le rôle significatif de la Suisse et du Royaume-Uni dans le secteur financier

Un auditoire intéressé par la collaboration helvético-britannique dans le domaine financier s’est vu rappeler que la Suisse et le Royaume-Uni partageaient des caractéristiques positives qui sous-tendront leur collaboration future : un fort sentiment d’indépendance, des systèmes économiques libéraux, des marchés ouverts et une vision du monde tournée vers l’extérieur.

Notre Associé-gérant Senior Patrick Odier a affirmé lors d’un événement récent à la Chambre de commerce Suisse - Grande-Bretagne que les deux pays étaient des membres actifs d’organisations internationales, bien qu’ils ne fassent pas partie de l’Union européenne.

Il a énoncé ce commentaire lors de la conférence ‘L’avenir de la collaboration entre la Suisse et le Royaume-Uni dans le secteur financier’, relative au potentiel offert aux deux pays après la signature en 2020 par le conseiller fédéral Ueli Maurer et le chancelier de l’Echiquier britannique Rishi Sunak, de la déclaration commune portant sur l’approfondissement de leurs relations dans le secteur financier.

Cette déclaration souligne l’intention de libéraliser et faciliter l’accès mutuel au marché dans les secteurs de l’assurance, de la banque, de la gestion d’actifs et des infrastructures du marché.  Un accord est en cours d’élaboration pour remplir ces objectifs. 

… la Suisse et le Royaume-Uni sont les plus grands centres financiers d’Europe et partagent une vision prospective du monde en matière d’innovation, de commerce et de politique extérieure

Stefan Flückiger, ambassadeur et délégué du Conseil fédéral aux accords commerciaux, a déclaré que les deux pays avaient collaboré étroitement pour assurer une offre continue de services financiers après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. La stratégie « Mind the Gap » a été appliquée pour assurer une continuité des droits et obligations existants et identifier de nouvelles opportunités. Tom Gordon, de Credit Suisse, a indiqué qu’un nouvel accord n’impliquerait pas forcément une équivalence mais pourrait prendre la forme d’une convention de reconnaissance mutuelle. Selon Simon Jowers, de UBS, les deux pays recherchent résolument un accord robuste, mais des mesures devront être prises de part et d’autre.

Patrick Odier a expliqué que la Suisse et le Royaume-Uni étaient les plus grands centres financiers d’Europe et partageaient une vision prospective du monde en matière d’innovation, de commerce et de politique extérieure. Cet accord signifierait de meilleurs services pour les clients de Lombard Odier, une amélioration des lois de conformité informatique, une baisse des coûts qui pourrait être répercutée par la banque sur ses clients et la possibilité de collaborer sur des thèmes tels que l’intelligence artificielle et la technologie dans le secteur financier.

« Cet accord réduirait le coût de nos services parce que nous pourrions travailler aisément entre le Royaume-Uni et la Suisse. Lombard Odier s’était déjà engagée dans cette voie en ouvrant son bureau de Londres en 1973 », a-t-il expliqué.

Cet accord … pourrait servir de socle au renforcement de la coopération et de la coordination en matière de réglementation internationale

« Cet accord devrait inclure la reconnaissance mutuelle des réglementations, régulateurs et régimes de supervision de l’autre pays. Il devrait couvrir les questions fondamentales du XXIe siècle et des thématiques comme la numérisation et la soutenabilité. Je suis convaincu qu’il pourrait servir de socle au renforcement de la coopération et de la coordination en matière de réglementation internationale, un modèle pour le paysage de commerce et d’investissement de l’avenir. Il est essentiel que le Royaume-Uni et la Suisse usent de leur influence dans les organisations internationales afin de promouvoir une meilleure coopération et une convergence des normes à l’échelle mondiale. »

Un accord bilatéral offrirait aussi au Royaume-Uni et à la Suisse l’opportunité de renforcer leur leadership dans la finance, la recherche et l’enseignement soutenables, selon Patrick Odier. Lombard Odier a déjà un partenariat bien établi avec l’Université d’Oxford dans la recherche en finance soutenable. La banque privilégie, dans tous les secteurs, les opportunités suscitées par le besoin urgent de migrer vers zéro émissions nettes et de tirer parti de notre capital naturel tout en le préservant. Par le passé, des pays ont déjà collaboré pour atteindre des objectifs communs, comme pendant la course vers l’espace. Patrick Odier estime que le même esprit pionnier collectif doit être à l’œuvre pour relever le défi du changement climatique. 

Un accord bilatéral offrirait aussi au Royaume-Uni et à la Suisse l’opportunité de renforcer leur leadership dans la finance, la recherche et l’enseignement soutenables

« Nous sommes fermement convaincus que l’investissement soutenable sera crucial pour dégager de solides rendements à long terme pour nos clients. Nous sommes persuadés que notre économie est déjà en train de migrer vers un modèle circulaire, efficient, inclusif et propre (CLIC™). Dans le sillage de la pandémie, cette conviction gagne du terrain. Nous avons enregistré une demande accrue de stratégies d’investissement soutenable de la part des clients », a-t-il précisé.

« L’an dernier, Lombard Odier Investment Managers, notre division de gestion d’actifs basée au Royaume-Uni, a lancé trois stratégies en actions axées sur la soutenabilité : Climate Transition, Natural Capital and Fintech. Notre stratégie Natural Capital, inspirée par la démarche de Son Altesse Royale le Prince de Galles, a été déployée dans le cadre de son Initiative pour les marchés durables, une autre collaboration internationale. En janvier, nous sommes devenus un membre fondateur de HRH’s Natural Capital Investment Alliance, aux côtés de HSBC Pollination Climate Asset Management et Mirova. Cette alliance a pour but d’encourager la communauté financière à investir USD 10 milliards, toutes classes d’actifs confondues, dans des projets liés au capital naturel d’ici 2022.

« Selon moi, ces progrès illustrent parfaitement le concept de ‘co-opétition’, une expression qui remonte aux années 1990 et qui est réapparue dans un article récent du Harvard Business Review. Ce concept reflète l’idée que les concurrents doivent parfois coopérer pour leur intérêt mutuel, surtout dans le cadre de grand projets complexes, comme pour la course vers l’espace au siècle dernier ou le défi du changement climatique de nos jours. »

... la ‘co-opétition’... reflète l’idée que les concurrents doivent parfois coopérer pour leur intérêt mutuel ... comme pour la course vers l’espace au siècle dernier ou le défi du changement climatique de nos jours

Stefan Flückiger estime que la déclaration commune signée l’an dernier témoigne de l’intention des deux pays de collaborer à l’avenir. Leur volonté de s’en remettre aux pratiques de supervision de l’autre pays démontre une grande confiance mutuelle dans leurs systèmes respectifs, a-t-il affirmé.

Selon Antony Manchester, de BlackRock, un tel accord créerait un précédent pour le reste du monde et offrirait une formidable opportunité au secteur des fonds.  

Le point de vue a été évoqué que les personnes susceptibles d’être affectées par les nouvelles règles et d’y être soumises à titre professionnel devraient avoir accès à la discussion préliminaire des règles bilatérales. Patrick Odier a ajouté qu’il s’agirait en quelque sorte d’une influence « bottom up » sur le processus décisionnel et les débats. 

« Par le biais de UK Finance, les banques britanniques incitent aussi les responsables politiques à concevoir une stratégie ambitieuse visant à stimuler les exportations du secteur financier. Elles ont récemment invité les régulateurs britanniques à faire preuve de ‘diplomatie réglementaire’ et à dialoguer avec leurs homologues d’autres pays pour améliorer l’accès au marché, parvenir à une convergence des normes financières à l’échelle mondiale et coopérer dans des domaines comme la cybersécurité, l’intelligence artificielle et la fintech. En tant que banquier privé, j’estime que la Suisse est un point de départ idéal pour lancer de tels débats », a-t-il ajouté en guise de conclusion.

 

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