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    Reportage : comment sortir de la crise du COVID-19?

    Reportage : comment sortir de la crise du COVID-19?
    Patrick Odier, Associé-gérant senior

    La pandémie du coronavirus a changé le visage de la Suisse. En à peine deux mois, cette crise sans précédent a tué plus de 1300 personnes et mis un quart de la population suisse au chômage. Mondialement, on déplore plus de 2,4 million de cas et environ 170'000 fatalités.

    Le 16 avril, la Radio Télévision Suisse a tenu une soirée spéciale reportage de leur émission Temps présent suivi d’un débat Infrarouge, lors duquel Patrick Odier, notre Associé-gérant senior, s’est exprimé sur les impacts du virus sur la Suisse et sur les mesures du Conseil fédéral annoncées plus tôt dans l’après-midi. Le débat regroupait des représentants de la médecine, de la politique de santé publique et de l’économie. Rebecca Ruiz, Conseillère d'Etat vaudoise et Cheffe du Département de la santé et de l'action sociale, Samia Hurst, Médecin et bioéthicienne, Bernard Rüeger, industriel et vice-président d’economiesuisse et Didier Trono, Directeur du laboratoire de virologie et génétique de l’EPFL sont ainsi intervenus tour à tour.

    En à peine deux mois, cette crise sans précédent a tué plus 1300 personnes et mis un quart de la population suisse au chômage.

    Dès le 27 avril, le Conseil fédéral a annoncé un processus de déconfinement en trois étapes, permettant ainsi un contrôle de l’évolution du virus et une réouverture progressive de l’économie.

    La santé doit primer

    La stratégie de sortie de crise en trois étapes présentée par le Conseil fédéral offre une perspective à la population, avance Rebecca Ruiz. « On a réussi à faire passer la santé d’abord et cette mobilisation n’est pas terminée », annonce-t-elle. « C’est une stratégie prudente mais la vraie sortie de crise sera effective quand il y aura un vaccin », rappelle Samia Hurst. « Il est important de rester d’ici-là vigilant. » Car selon Didier Trono, membre de la task force scientifique COVID-19 du Conseil fédéral, « Il est vraisemblable que seulement une infime partie de la population a été infectée. La population reste sensible. » Le suivi des nouveaux cas sera donc essentiel afin de monitorer l’évolution du virus.

    Interrogé sur les perspectives d’une réouverture de l’économie, Patrick Odier a soutenu les mesures prises par le Conseil fédéral. « Nous vivons une situation à la fois sociale, humaine, exceptionnelle et inouïe qui touche toute l’humanité. La santé doit dicter les priorités et prédomine sur l’économie aujourd’hui. »

    Pour Patrick Odier, ce plan par étape est justifié et judicieux. « La prudence est de mise. Une résurgence de l’épidémie empêcherait l’économie de repartir », a-t-il rappelé.

    La santé doit dicter les priorités et prédomine sur l’économie aujourd’hui, a partagé Patrick Odier.

    Qu’en est-il des mesures de protection de la population lors de la réouverture ? La question du port des masques et de l’incapacité de la Suisse à en produire ont été au cœur du débat. Selon Didier Trono, « cette situation révèle que la Suisse n’a pas la chaîne de production pour répondre à ce genre de crise ». Les intervenant se sont accordés sur le fait que la Suisse doit être en mesure de produire ces masques « simples » en cas d’épidémie. Selon Patrick Odier, cette crise agit comme un catalyseur, notamment en matière de production. « Chaque pays doit être en mesure de fournir ses produits de première nécessité. En fonction de la disponibilité des matières premières, la fabrication doit être plus localisée. »

    Pour Samia Hurst, les masques n’assurent pas une protection optimale. « La protection est modeste ». Le port du masque rassure mais les mesures de distanciation sociale et d’hygiène doivent primer, rappelle-t-elle.


    Quid de la reprise économique ?

    Cette crise sanitaire doit être résolue en priorité et le soutien à l’économie ne pourra être efficace que si le risque de résurgence du virus est sous contrôle. Une première mesure d’accompagnement en faveur de l’économie avait été annoncée par le Conseil fédéral à hauteur de 40 milliards CHF. Lors de la très attendue conférence de presse du 16 avril, le Conseil fédéral a complété ce paquet de mesures par un sursis accordé aux entreprises potentiellement en faillite et une aide pour les indépendants, très attendue de la population, qui pourraient recevoir l’allocation perte de gain pour les revenus inférieurs à de 90'000.- par année.

    Patrick Odier a également mis en exergue l’esprit entrepreneurial du pays et les atouts de son économie, qui a l'avantage de bénéficier d'un réseau dense d'entrepreneurs fortement impliqués dans le monde des affaires. « Les mesures prises par les autorités sont clés car elles donnent de l’oxygène aux petites et moyennes entreprises qui font le tissu économique suisse et le succès de ce pays. Lorsque la pandémie sera jugulée, ce sont ces gens-là qui feront que la reprise sera solide. Ils font le succès de notre économie aujourd’hui et le feront demain. Il est essentiel de les soutenir. »

    Les mesures prises par les autorités suisses sont clés car elles donnent de l’oxygène aux petites et moyennes entreprises qui font le tissu économique suisse et le succès de ce pays, a souligné Patrick Odier.

    Il y a une longue tradition en Suisse de dialogue entre le secteur privé et le secteur public. De fait, le pays dispose de nombreux instruments pour soutenir l’économie par rapport à d’autres pays, comme le chômage partiel ou technique. Notre Associés-gérant a mis en exergue la rapidité des procédures d’obtention d’aide. « Le système bancaire a également pu permettre à presque 80'000 entreprises petites et moyennes de toucher 15 milliards de prêt cautionné en moins d’une semaine. C’est complètement inédit. Nulle part dans le monde je pense on ne pourrait arriver à une telle rapidité d’exécution ». Ce n’est qu’une première étape, rappelle Patrick Odier. « Ce soutien était nécessaire et d’autres aides le seront certainement. »

    Avec aujourd’hui 25% de la population au chômage, Rebecca Ruiz souligne l’urgence de mettre en place des plans de relance et de création d’emploi. « Il faut réembaucher et éviter la crise sociale ».

    Bernard Rüeger a également souligné la marge de manœuvre du pays pour relancer l’économie, rappelant la situation financière favorable de la Suisse, au regard de ses voisins européens. « Avec les montants d’investissement annoncés, la dette publique de la Suisse s’élèvera à 45% du PIB, alors qu’elle sera de 80% en Allemagne, dépassera largement 100% en France et atteindra probablement 150% en Italie. »


    Récession ou renouveau ?

    Selon Patrick Odier, « environ 40% de la force de production mondiale est à l’arrêt. Il s’agit d’y répondre mais pas aux dépens de la santé des citoyens. Avec un suivi et un respect des mesures énoncées, nous avons une chance de limiter cette difficulté économique et ainsi permettre une véritable reprise ».

    Cette pandémie agit comme un accélérateur des tendances en matière de logistique, de technologie, de mondialisation, de géopolitique et de surtout de durabilité. Les industries catalysées par cette crise, comme dans le secteur de l’énergie, vont devoir faire preuve d’innovations. « L’industrie fossile est aujourd’hui sous une énorme pression. Les programmes de relance fiscaux globaux inédits devront se déployer vers des investissements plus soutenables. »

    Cette pandémie agit comme un accélérateur des tendances en matière de logistique, de technologie, de mondialisation, de géopolitique et de surtout de durabilité.

    Les consommateurs modifient leurs habitudes et demandent des prestations différentes. La Suisse, où le secteur tertiaire domine, repose sur les services. Comment le confinement a fait évoluer cette relation entre personnes et se répercute sur l’offre et la demande ? « Je suis convaincu que de nouvelles prestations, de nouvelles technologies sont en train d’émerger et elles permettront en particulier à nos petites et moyennes entreprises en Suisse de redémarrer et poursuivre leur développement », conclut Patrick Odier.

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