LOcom-ArticlesImage-2-home.jpg

rethink everything

L’exploitation minière des astéroïdes et les voyages interstellaires ouvrent de nouvelles perspectives économiques dans l’espace



L’année prochaine, nous célébrerons le 50e anniversaire des premiers pas de Neil Armstrong sur la lune, par lesquels il fit son entrée dans l’histoire sous les yeux de près de 530 millions de spectateurs. Depuis lors, et malgré le caractère extraordinaire de cet événement, l'exploration spatiale a continué à faire d’immenses progrès. Des satellites et des sondes sans pilote ont été placés en orbite en très grand nombre, le rover spatial de la NASA, Curiosity, a envoyé des images depuis Mars et l'idée d’un tourisme spatial semble de plus en plus réaliste.
 

Mais, alors que l'exploration spatiale s’apparentait autrefois à une compétition géopolitique, à une course permettant de déterminer quel pays pourrait repousser les limites de la découverte, elle s'est aujourd’hui transformée en un travail d'équipe.


Un travail dans lequel l'investissement privé rattrape l’investissement public, à une époque où les pays dont les budgets se resserrent ont du mal à financer de tels projets même lorsqu’ils sont prometteurs.

Les incitations à investir sont nombreuses. L'extraction de métaux précieux dans les astéroïdes a suscité un financement conséquent et la perspective de plus en plus probable d'un tourisme spatial attire un grand nombre de bailleurs de fonds. Alors que certains noms familiers, comme Elon Musk, le DG de Space X, et Richard Branson, le propriétaire de Virgin Galactic, sont déjà synonymes d'exploration spatiale, un nombre croissant d'investisseurs du secteur privé, quoique plus discrets, s’intéressent aujourd’hui aux multiples possibilités existantes.


Avoir de l’audace

Le BoldlyGo Institute, une organisation non gouvernementale à but non lucratif, s'appuie sur le financement privé et sur un modèle commercial pour contribuer à faire avancer la recherche spatiale, notamment en partenariat avec la NASA. Il a ainsi récemment rejoint l'agence spatiale américaine dans l’aventure de « Project Blue », un projet qui a pour but d’identifier des planètes habitables de la taille de la Terre à l'aide d'un télescope spécialement conçu.
 

RE-April2018-Home_Article.jpg


En Europe, l'Agence spatiale européenne (ASE) dispose d'un budget annuel d'environ 7,04 milliards USD, mais ses efforts exploratoires sont complétés par ceux du secteur commercial. Au sein de ce dernier, on trouve par exemple Space Applications Services, une société belge qui joue un rôle important dans les domaines du contrôle robotique et des systèmes de vol, et Mars One Ventures, une société suisse dont l’objectif est d’envoyer des humains sur Mars.

En Asie, l'Agence d'exploration aérospatiale japonaise (JAXA) s’est engagée dans une course avec la Chine pour être la première à faire marcher un homme sur la lune, alimentant de fait la croissance du secteur privé. Interstellar Technologies a de son côté réalisé l'année dernière la première tentative de lancement d’une fusée privée au Japon, un essai d’autant plus remarquable qu'il était soutenu par un financement participatif.
 

L'investissement privé global en faveur des entreprises spatiales commerciales a totalisé 3,9 milliards USD en 2017, un chiffre record qui souligne l’affaiblissement progressif du financement public, selon la firme d'investissement Space Angels.


Le nombre de sociétés de capital-risque qui investissent dans l'industrie spatiale s'élève maintenant à 120, établissant un autre record. L’année dernière, 37 lancements financés par le secteur privé ont eu lieu contre 51 par le secteur public, toujours selon Space Angels.

Les attentes en termes de croissance sont élevées. Bank of America prévoit que la valeur du secteur spatial devrait s’envoler de 350 milliards USD aujourd’hui à 2 700 milliards USD dans 30 ans.

Investir dans l’inconnu

Mais pourquoi les investisseurs sont-ils si désireux de placer leur argent dans un domaine risqué et dont l’avenir reste inconnu ? Bon nombre d’entre eux sont sensibles à l’idée de pouvoir venir en aide aux sociétés futures. Planetary Resources et Deep Space Industries, deux entreprises basées sur la côte ouest des États-Unis, voudraient développer l'exploitation minière des astéroïdes et tirer parti des opportunités qu’elle représente en termes d’extraction d'or, d'argent, de platine et de palladium, ainsi que d'autres matières premières. L’État luxembourgeois a conclu un accord d'investissement de 25 millions d'euros, sous la forme de cash et de subventions, avec Planetary Resources afin de lancer la première mission commerciale de prospection d'astéroïdes d'ici à 2020.
 

Les avantages pour la protection de l'environnement sont une autre raison d’investir. Les satellites spatiaux en orbite peuvent en effet scruter des régions éloignées pendant de nombreuses années et aider ainsi à identifier les tendances environnementales négatives.


Les scientifiques pourraient alors déceler les changements intervenant dans l'atmosphère, sur la terre et dans les océans bien avant qu'ils ne se produisent réellement. Ces données digitales pourraient être traitées et utilisées pour prendre des décisions politiques dans d’innombrables domaines. La surveillance spatiale de l’évolution des calottes glaciaires polaires contribue déjà à alimenter les politiques de lutte contre le réchauffement climatique et à mieux préserver la planète. En Grande-Bretagne, des données satellitaires sont utilisées par Geospatial Insight pour analyser les conséquences des inondations et par AgSpace, qui est située à Swindon, pour quantifier la qualité des cultures pour les agriculteurs.


La Tech mène la danse

Sans surprise, le secteur des technologies compte un très grand nombre d’investisseurs enthousiates. Certains sont bien connus, comme Elon Musk, le DG du constructeur de voitures électriques Tesla, qui a fondé SpaceX, ou Jeff Bezos, le DG d'Amazon, qui a lancé Blue Origin pour améliorer les vols orbitaux. Virgin Galactic, qui appartient à Richard Branson, est devenu l'un des nombreux acteurs qui ambitionne d’envoyer des humains dans l'espace. Planetary Resources a quant à elle obtenu le soutien du cofondateur de Google, Larry Page, et de l'ancien président du géant de la recherche, Eric Schmidt. Le producteur de films James Cameron a également investi dans l’espace.

L'entrepreneur néerlandais Bas Lansdorp, fondateur de la société d'énergie éolienne Ampyx Power, a lancé Mars One en 2011, qui a été presque entièrement autofinancé par son entreprise. La mission assignée à ce projet est d'établir une colonie humaine sur Mars, dans le but ultime de comprendre comment le système solaire est né.

Le cofondateur de Microsoft, Paul Allen, a fondé Vulcan Aerospace en 2015 afin de faire du voyage spatial commercial une réalité. Il a également créé Stratolaunch Systems, qui devrait devenir le premier programme de transport spatial entièrement financé par des investissements privés. Enfin, il a investi près de 25 millions de dollars dans l'avion-fusée suborbital SpaceShipOne de Mojave Aerospace Ventures, qui a été lancé en 2004.

En dehors du secteur des technologies, l'ancien banquier australien Adam Gilmour a créé Gilmour Space Technologies dans le but de fabriquer des fusées. Arthur Dula, un avocat américain spécialisé dans les brevets et écrivain de science-fiction, a co-fondé Excalibur Almaz, basé sur l’Île de Man. En Espagne, l'ingénieur aéronautique Jose Mariano Lopez-Urdiales a lancé Zero 2 Infinity en vue de développer le tourisme spatial commercial.


Moins de risques à l’avenir ?
 

À mesure que le rôle du secteur privé dans l'exploration spatiale s’accroît, les opportunités devraient devenir plus nombreuses, renforçant aussi l'espoir de réduire les risques et les coûts.


Les moyens d’investir sont multiples. D'une part, le nombre de projets de financement participatif, comme celui lancé par Spacebit à Londres cette année, ne cesse d’augmenter. Le fondateur et DG de Spacebit, Pavlo Tanasyuk, a ainsi déclaré qu'il voyait dans le financement participatif la possibilité pour les acteurs privés et les particuliers de devenir « les nouveaux pionniers de l'espace » et « l’avenir de l’exploration spatiale ».

D’autre part, les investisseurs peuvent aussi se tourner vers des fonds négociés en bourse (FNB) qui couvrent une part plus importante du secteur. On peut citer parmi eux le FNB iShares Global Industrials (EXI), qui comprend des sociétés contribuant au développement de l'observatoire du télescope spatial James-Webb et du vaisseau spatial Orion, ou le FNB iShares US Aerospace & Defense (ITA), qui intègre des sociétés comme United Technologies, qui conçoit les combinaisons spatiales de la NASA.

Quelle que soit la voie retenue, il existe un nombre toujours plus grand d'options pour investir dans l’espace. Et, au fur et à mesure que les sommes dédiées s’accroîtront, la part d’inconnu de l'exploration spatiale livrera sans doute petit à petit ses secrets.

Information Importante

Le présent document de marketing a été préparé par Lombard Odier (Europe) S.A., un établissement de crédit agréé et réglementé par la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) au Luxembourg. La publication de document de marketing a été approuvée par chacune de ses succursales opérant dans les territoires mentionnés au bas de cette page (ci-après « Lombard Odier »).

En savoir plus.