Russie : un marché bientôt sous les projecteurs

perspectives d’investissement

Russie : un marché bientôt sous les projecteurs



LOcom_AuthorsLO-Monier.png   Par Stéphane Monier
Responsable des investissements
Banque Privée, Lombard Odier


Le moment est venu pour les investisseurs d’envisager de profiter des tendances positives de la Russie

Après deux années de difficultés économiques provoquées par des prix du pétrole chancelants et les sanctions internationales, l’économie russe semble se reprendre fermement, avec une croissance de son PIB réel qui devrait atteindre 1,7% en 2017 selon la Banque mondiale. Bien qu’il y ait bien sûr des défis que l’économie doive surmonter, nous pensons que l’élan positif qui est apparu en 2017 se renforcera au cours de l’année à venir.

En décembre dernier, le président Vladimir Poutine a officiellement annoncé sa candidature à un quatrième mandat et nous nous attendons à ce qu’il devienne à nouveau président pour six ans. Il n’existe plus réellement d’opposition depuis que la Cour suprême russe a confirmé le 6 janvier 2018 l’interdiction faite au leader de l’opposition Alexeï Navalny, un blogueur et militant politique de 41 ans, de se présenter à la présidence, en raison d’une condamnation pour fraude. En l’absence d’adversaire crédible, un indicateur majeur de la direction future que prendra le pays sera la manière dont Poutine remportera l’élection. Selon un sondage du Levada Centre, huit Russes sur dix ont une opinion positive de leur leader actuel, un niveau d’approbation élevé dû en partie à l’intervention militaire en Ukraine en 2014.


Se relever des sanctions

En réponse à la crise ukrainienne, les États-Unis et l’Union européenne ont imposé des sanctions contre la Russie en 2014. Des interdictions de voyager et un gel des avoirs ont été appliqués à un certain nombre de personnes et d’entités ; l’accès aux marchés financiers a été restreint pour des entreprises publiques russes spécifiques (en particulier dans les secteurs de la banque et de l’énergie) ; et des restrictions ont été introduites dans le commerce de plusieurs biens et services tels que les biens à double usage, les technologies militaires et les technologies pétrolières.

Dans le même temps, de janvier 2014 à décembre 2015, le prix du pétrole a perdu la moitié de sa valeur et, avec environ 40% des exportations russes provenant du secteur de l’énergie, il a entraîné le rouble dans sa chute. La Russie est entrée dans un cercle vicieux puisque la baisse de sa devise a poussé l’inflation à la hausse et a forcé la Banque centrale de Russie (BCR) à resserrer sa politique monétaire. Une récession s’en est suivie entre 2015 et 2016. En 2017, les prix de l’énergie ayant plus que doublé au cours de l’année, la contraction économique de la Russie a pris fin et la croissance du PIB réel est revenue à un modeste 1,7%.


Un rebond à suivre

Alors que nous attendons des preuves de la volonté du gouvernement russe de mettre en œuvre les réformes dont le pays a besoin sur le long terme, à moyen terme, nous estimons que l’économie continuera à se développer. En 2018, cette croissance devrait être favorisée par une confiance renforcée des entreprises et une amélioration des conditions de crédit, ce qui devrait soutenir la consommation et l’investissement. L’inflation est tombée de 16,9% en mars 2015 à 2,7% en décembre 2017, atteignant son niveau le plus bas depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Avec une inflation inférieure à son objectif de 4%, la BCR a récemment abaissé ses taux directeurs annuels à 7,75%, contre 16,9% un an plus tôt, et l’assouplissement progressif vers une politique monétaire neutre devrait se poursuivre en 2018. En dernier lieu, nous pensons que les conditions monétaires actuelles sont suffisantes pour maintenir l’inflation à un niveau bas sans compromettre la reprise économique.

Plusieurs autres indicateurs plaident également en faveur d’une macro-stabilisation de la Russie. Soutenus par le raffermissement des prix du pétrole et du gaz, les revenus budgétaires ont augmenté l’année dernière, entraînant une réduction du déficit public de 3,9% en 2016 à 2,1% en 2017. En raison de l’effet prix, la balance courante s’est améliorée à 2,1% en 2017 et le pays bénéficie encore d’une dette publique faible et stable qui représente 10% de son PIB. Enfin, le gouvernement fédéral a annoncé son engagement à poursuivre l’assainissement des finances publiques en resserrant le contrôle des dépenses et en créant une nouvelle règle budgétaire qui devrait protéger le budget contre l’influence des prix volatiles de l’énergie. Par exemple, les recettes pétrolières seront maintenant budgétisées en utilisant une hypothèse prudente d’environ 40 USD le baril, ce qui permettra de mettre de côté des revenus supplémentaires pour les périodes difficiles.

Si nous sommes convaincus que l’économie continuera pour le moment à bien performer, la Russie reste confrontée à de nombreuses vulnérabilités à plus long terme. En effet, en plus de sa dépendance excessive aux prix des matières premières, son important interventionnisme public et la faiblesse de son environnement institutionnel pèsent sur la productivité et la compétitivité, plafonnant les investissements privés et étrangers. Des réformes structurelles seront également nécessaires en matière d’impôts et de retraites pour assurer la pérennité de la trajectoire budgétaire à long terme, dans un contexte de population vieillissante et d’un nouvel équilibre des prix du pétrole (le Brent devrait rester relativement stable en 2018, à environ 65 USD le baril selon nos estimations). Enfin, une escalade dans les tensions géopolitiques pourrait nuire aux récentes avancées économiques, tandis qu’une vague imminente de sanctions plus restrictives de la part des États-Unis pourrait porter un coup à l’économie sur le court terme.


Conclusion

Nous restons optimistes sur les marchés émergents en général et nous pensons que les investisseurs devraient envisager de profiter des tendances positives attendues pour la Russie en 2018. En synthèse, nous sommes convaincus que la Russie poursuivra sa trajectoire de macro-stabilisation, avec une croissance modérée et une inflation faible. Cependant, 2018 ne sera pas simplement une reprise de 2017. La Russie sera sans doute à l’honneur cette année, ne serait-ce que pour son élection présidentielle ou pour la Coupe du monde de football. Dans tous les cas, nous pensons que 2018 pourrait offrir une bonne occasion à la Russie de renforcer ses relations extérieures avec l’Occident. Nous surveillons également l’extension possible des sanctions décrétées. Alors que nous restons très sélectifs sur les actions et les titres de créance d’entreprise, nous voyons une opportunité d’achat dans les obligations gouvernementales locales : l’inflation domestique est en baisse, les prix de l’énergie se stabilisent, l’assainissement budgétaire devrait atténuer le risque lié aux prix des matières premières et le rouble reste, à notre avis, légèrement sous-évalué.

 

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