Le pays de l’innovation face au défi mondial de la blockchain

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Le pays de l’innovation face au défi mondial de la blockchain

Patrick Odier - Associé-gérant senior

Patrick Odier

Associé-gérant senior

Chronique Un œil sur la place dans Le Temps

La blockchain gagne en pertinence, tant à l’échelle mondiale qu’au sein de l’économie suisse. Cette technologie est appelée à transformer la chaîne de valeurs des marchés des capitaux et la manière dont les acteurs échangent et déposent des titres. Elle améliore également l’efficacité et la rapidité d’exécution des processus sous-jacents, tout en réduisant les coûts et les risques associés. Il est ainsi difficile d’imaginer qu’elle ne s’imposera pas. La bourse suisse reconnaît elle-même les changements à venir dans son livre blanc « Le futur de la chaîne de valeurs des titres», publié en février 2019.

La blockchain gagne en pertinence, tant à l’échelle mondiale qu’au sein de l’économie suisse.

La montée en puissance de la blockchain symbolise la façon dont les nouvelles technologies sont en train de changer notre monde. Il est donc vital pour les entreprises de saisir l’importance de certaines avancées technologiques et d’anticiper leur impact sur leur modèle d’affaires.

Comme toute nouvelle technologie, la blockchain doit désormais être industrialisée. Son adoption reste pour l’heure toute relative dans l’industrie financière si l’on fait abstraction des crypto-monnaies. Cependant les investissements consentis par nombre d’acteurs institutionnels suisses et internationaux témoignent d’une réelle transformation du monde financier.

Les valeurs mobilières, les titres et les actifs échangés sous la forme de «tokens» pourront être réglés en temps réel ou presque. Les «smart contracts» vont permettre d’automatiser certains processus et transactions en fonction de conditions et d’évènements spécifiques et prévisibles tels que les opérations sur titres. La blockchain ne créera pas un système bancaire parallèle, elle transformera l’infrastructure des marchés financiers de demain.

La blockchain ne créera pas un système bancaire parallèle, elle transformera l’infrastructure des marchés financiers de demain.

La Suisse est bien positionnée dans cette course technologique mondiale. Notre pays peut devenir un pôle de premier plan pour le développement de technologies telles que la blockchain, car il s’appuie sur quatre éléments fondamentaux: des institutions financières solides, un environnement réglementaire constructif et équilibré, une tradition d’innovation et enfin un solide bassin de talents.

Notre pays peut devenir un pôle de premier plan pour le développement de technologies telles que la blockchain…


Favoriser la réputation et la confiance

La place financière suisse a toujours tenu son rôle de financement de l’économie et de protection de l’épargne, même dans les moments les plus critiques de la crise de 2008. Dans l’environnement géopolitique actuel, la solidité des banques, parmi les mieux capitalisées du monde, constitue un véritable avantage concurrentiel. Le secteur bancaire a également procédé au règlement de passablement de dossiers fiscaux – parfois douloureux – issus du passé afin de se projeter sereinement dans l’avenir.

Malgré les efforts effectués, nous devons continuer de travailler à l’amélioration de la compétitivité de la place financière. En d’autres termes, il ne s’agit pas de se reposer sur ses lauriers, car la concurrence est mondiale. Il est donc important de pouvoir bénéficier d’une réglementation qui protège les investisseurs et l’intégrité de la place financière et qui crée également des conditions cadres favorables aux entreprises et à l’innovation.

…il ne s’agit pas de se reposer sur ses lauriers, car la concurrence est mondiale.

Au cours des deux dernières années, les autorités suisses ont fait preuve de volontarisme. Le rapport Fintech du Conseil fédéral de novembre 2016 a permis d’introduire une nouvelle catégorie de licence bancaire, la «licence Fintech», entrée en vigueur au début de l’année. En décembre, le Conseil fédéral a aussi publié un rapport remarquable dédié au cadre juridique de la technologie du «distributed ledger» et de la blockchain en Suisse.

Rarement nos autorités ont démontré une telle détermination dans leur volonté d’encourager un développement de savoir-faire, tant au niveau national qu’international et ce, afin de créer les conditions nécessaires à l’émergence de champions suisses. Mais le temps presse, car la compétition est vive.

Le temps presse, car la compétition est vive.

Le rôle de la Suisse et de Genève

Il est essentiel de renforcer les relations entre les acteurs privés et publics – autorités politiques et réglementaires, banques, entreprises de haute technologie, monde académique – afin d’établir des agendas qui favorisent les intérêts communs, assurent une formation de premier ordre et stimulent la capacité d’innovation et de l’expertise technique qui ont toujours fait la force de la Suisse. Concrètement, quatre domaines devraient être étudiés :

Au niveau international, la Suisse devrait prendre l’initiative de faire adopter suffisamment tôt les standards internationaux liés à la blockchain, en profitant notamment de la proximité des organisations internationales et non gouvernementales basées à Genève.

Il serait également judicieux de pouvoir assurer un rythme soutenu dans l’évolution du processus réglementaire en Suisse. Les recommandations et suggestions du rapport du Conseil fédéral du 14 décembre dernier devraient être mises en œuvre rapidement.

De plus, la Finma, notre régulateur, devrait également être en mesure de distinguer rapidement les projets de qualité et de leur délivrer les licences dans des délais raisonnables, car là aussi, la concurrence est mondiale et la mobilité des talents très élevée. D’autres régulateurs ont établi des règles qui garantissent des retours rapides pour les dossiers complets.

Enfin, en termes de financement, nos start-ups les plus prometteuses ont du mal à lever des capitaux importants. La création récente d’un fonds d’investissement, promu par le Conseil fédéral d’un demi-milliard de francs afin de soutenir les PME innovantes devrait être un signal utile. Il serait en effet dommage que nos pépites se fassent racheter par des géants internationaux ou délocalisent leurs activités.

Un mot sur Genève. La région réunit les atouts nécessaires pour développer des applications industrielles basées sur la blockchain, bien au-delà des crypto-monnaies. Le bassin lémanique regroupe des compétences et des talents de pointe en matière de services financiers, de technologie et de réglementation comme l’ont démontré les participants de la première édition du Geneva Annual Blockchain Congress, fin janvier.

La région réunit les atouts nécessaires pour développer des applications industrielles basées sur la blockchain, bien au-delà des crypto-monnaies.

La convergence des actifs financiers traditionnels et des actifs numériques ne se réalisera qu’en appliquant les normes institutionnelles les plus élevées, à tous les niveaux de la chaîne de valeur. La Suisse et Genève ont un rôle majeur à jouer.

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