Les Gérants de fortune externes ne disparaissent pas

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Les Gérants de fortune externes ne disparaissent pas

Laurent Pellet - Head of External Asset Managers

Laurent Pellet

Head of External Asset Managers

La nouvelle Loi sur les établissements financiers LEFin, en passe d’être adoptée au Parlement, donne lieu à une véritable reconnaissance de la profession des gérants de fortune externes. Quel est l’impact de cette réglementation pour les activités de la banque dans ce segment?

Les nouvelles réglementations LSFin et LEFin qui, selon toute vraisemblance, entreront en vigueur en 2020, offriront en effet une reconnaissance légale à la profession. Même si cette dernière est aujourd’hui assujettie à la LBA (Loi sur le Blanchiment d’argent) et à un code de conduite. C’est donc un changement de paradigme important pour les gérants de fortune externes qui va induire de nouvelles exigences, en matière de fonds propres, de reporting, de couverture d’assurance responsabilité civile, mais aussi au niveau de l’organisation, de la formation et de la gouvernance. Avec de nouvelles contraintes qui inciteront un grand nombre de sociétés à se professionnaliser davantage. Et par conséquent à repenser leurs modèles d’affaires, ce que certaines d’entre elles ont déjà fait pour être conformes aux nouvelles exigences.


Avec quels avantages?

L’énorme avantage de la nouvelle réglementation, c’est aussi un moyen de favoriser la croissance des sociétés en voie de se professionnaliser. La réussite des gérants de fortune externe passera inévitablement, pour une grande majorité de ces structures, par une révision de leurs modèles d’affaires, avec une définition claire de leur expertise interne. Soit en renforçant certaines compétences à l’interne soit en faisant appel à des prestataires externes (sourcing) pour des compétences spécifiques, plutôt de les réinventer à l’interne.


Une consolidation du secteur s’était déjà dessinée face aux exigences rehaussées incitant les acteurs les plus petits à se regrouper?

Je ne parlerais pas réellement de consolidation malgré la crise financière et l’émergence de nouvelles réglementations telles que MiFID II notamment, qui a eu un impact sur les sociétés de gestion externes actives en Europe. En Suisse, les dernières fusions dans le monde des gérants de fortune externes ont plutôt concerné des acteurs d’une certaine taille, avec 500 millions ou un milliard sous gestion voire davantage. Des regroupements qui visent soit à assurer une certaine pérennité, par exemple entre des acteurs qui prennent de l’âge et d’autres plus jeunes, ce qui permet de donner de l’élan à une nouvelle structure. Soit pour permettre à une société focalisée sur un marché d’aborder une nouvelle clientèle internationale, centrée sur une région particulière dans le monde et diversifier ainsi les stratégies de croissance.

Il n’y a pas eu vraiment de consolidation dans le monde des gérants de fortune externes du fait notamment de l’attentisme du secteur, contrairement à ce que tout le monde pensait. La réduction du nombre de sociétés a davantage été induite par des raisons d’âge: lorsque des acteurs ne sont plus parvenus à assurer une certaine pérennité de leurs structures. Et plus particulièrement pour les microstructures qui ont cessé leur activité mais sans avoir été consolidées.

Les nouvelles sociétés de gestion se constituent aujourd’hui en équipe. Les gérants comprennent qu’il est illusoire de quitter seul une banque pour monter une petite structure. Soit ils partent en équipe, soit ils rejoignent une structure existante.
 

Les nouvelles sociétés de gestion se constituent aujourd’hui en équipe. Les gérants comprennent qu’il est illusoire de quitter seul une banque pour monter une petite structure. Soit ils partent en équipe, soit ils rejoignent une structure existante.


Et vous-même, quels profils de gérants externes privilégiez-vous?

L’un des atouts de Lombard Odier réside dans ses services personnalisés pour sa clientèle, en l’occurrence une clientèle professionnelle s’agissant de l’activité dédiées aux gérants de fortune externes. Ces interactions régulières mettent en évidence des structures qui sont en passe de repenser leur modèle d’affaires avec la volonté d’assurer leur existence dans le cadre des nouvelles réglementations. Et ce sont précisément les structures avec lesquelles nous souhaitons travailler.


Il est souvent question de montants minimums ?

Il n’y a pas de seuils minimums à proprement dit, chaque établissement bancaire détermine ses critères en la matière, mais nous tendons à favoriser des sociétés avec un modèle d’affaires solide et une vraie stratégie de croissance. Au-delà des critères de montant minimum et de taille d’une structure, nous souhaitons collaborer avec des sociétés bien organisées au modèle d’affaires clairement défini  car nous voulons construire des partenariats solides et orientés sur le long terme.


Quelle est l’évolution des affaires cette année pour le département que vous dirigez ?

Notre activité avec les gestionnaires de fortune externe est en très nette progression et surtout, s’inscrit parfaitement dans la stratégie de développement du groupe Lombard Odier. Il s’agit d’un marché stratégique qui représente une clientèle extrêmement intéressante. Et nous développons de manière continue notre offre de produits et de services pour répondre aux besoins des gérants de fortune externes qui doivent eux-mêmes être innovants auprès de leur clientèle finale.


Quels sont ces produits et services de prédilection ?

Au-delà du premier pilier de base, à savoir les services de banque dépositaire avec une équipe dédiée aux gérants de fortune externe, nous devons offrir à leur clientèle l’excellence de l’ensemble de nos services.

Les gérants de fortune externes doivent en outre répondre à une demande de leurs clients, souvent jeunes et sophistiqués eux aussi, pour une série de nouveaux produits. En particulier l’expertise dans le private-equity compte tenu de la demande croissance pour cette classe d’actifs, ainsi que dans l’impact investing ou dans l’investissement durable ou socialement responsable. Des attentes d’ailleurs en parfaite adéquation avec celles de notre propre clientèle privée. Notre offre en matière de philanthropie, d’une importance centrale pour la clientèle de Lombard Odier, correspond aussi à un besoin complètement inédit dans le monde des gérants de fortune externes.


Cela implique-t-il des instruments de reporting spécifiques ?

Oui. L’évolution concerne aussi le reporting qui devient de plus en plus personnalisé ou personnalisable par les gérants de fortune externes pour leurs propres clients. Au gré aussi de l’évolution des systèmes informatiques que nous pouvons mettre à leur disposition à l’ère de la digitalisation. La qualité de nos services en la matière bénéficie d’ailleurs de notre réelle expertise dans le private equity et dans les autres classes d’actifs.


La croissance de la gestion privée ces dernières années a souvent été étayée par des crédits lombards. Les gérants externes peuvent-ils aussi offrir ce type de prestations?

L’offre de Lombard Odier comporte des crédits lombards dont les gérants de fortune externes peuvent disposer pour leur clientèle. Le client qui aura besoin de financements de type lombard, autrement dit sur la base du nantissement de son portefeuille déposé auprès de la banque, pourra se voir octroyer ces facilités de crédits en fonction de ses besoins, et évidemment selon nos critères internes en matière de risques . Nous ne proposons pas de possibilités directes de financements hypothécaires sur les biens immobiliers, en revanche nous accompagnons nos clients dans leur besoins hypothécaires grâce à notre partenariat avec MoneyPark.
 

Des attentes d’ailleurs en parfaite adéquation avec celles de notre propre clientèle privée. Notre offre en matière de philanthropie, d’une importance centrale pour la clientèle de Lombard Odier, correspond aussi à un besoin complètement inédit dans le monde des gérants de fortune externes.


Et au niveau de la compliance, quels sont les défis?

En Suisse, avec la LEFin et la LSFin, nos relations s’établissent de toute façon déjà avec des sociétés qui sont dûment réglementées dans leur pays d’origine. Sous le régime en Suisse aujourd’hui de l’autorégulation, il faut s’assurer que la société adhère à un organisme d’autorégulation (OAR) ainsi qu’au code de conduite. A l’étranger en fonction des réglementations concernées, nous devons vérifier aussi que la société dispose du type de licence requis. La nouvelle réglementation n’aura cependant pas pour effet de complexifier le processus mais plutôt de le simplifier, puisqu’un organisme de surveillance est prévu, au lieu des OAR avec chacune leurs propres codes de conduite. Et même s’il y aura plusieurs organismes de surveillance, ils seront tous supervisés par la Finma, l’autorité de contrôle.


Quelles sont les conditions, pour une banque, de déployer ce type d’affaires de manière rentable et efficace?

Cela implique un service dédié, avec des professionnels qui s’occupent pour la plupart des gérants de fortune externes depuis plus de dix ans et qui connaissent par conséquent parfaitement cette activité ainsi qu’une offre digitale de pointe en constant développement. C’est en cela que les banques dépositaire comme Lombard Odier apportent une valeur ajoutée.


Dans quels autres pays Lombard Odier développe-t-il ses activités au services de gérants de fortune externes?

Nous avons mis en place des équipes dédiées au Luxembourg pour les gérants de fortune européens, et des équipes avec des capacités de booking à Londres - celle-ci s’adresse quasi exclusivement à des sociétés de gestion de fortune externes au bénéfice de la licence de la FSA - ainsi qu’à Singapour, avec des sociétés basées dans la cité-Etat, mais aussi européennes ou suisses. Sans oublier une équipe aux Bahamas.

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