Le point sur les tensions commerciales

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Le point sur les tensions commerciales



Au vu des derniers événements, l’éventualité d’une guerre commerciale, qui se résumait à un simple scénario hypothétique aux premiers jours de l’administration Trump, est devenue un risque à prendre plus au sérieux.

Les Etats-Unis ont déjà mis en œuvre des mesures visant plusieurs partenaires commerciaux. Pour l’heure, elles consistent à taxer les importations de panneaux solaires et de machines à laver, d’acier et d’aluminium, et une longue liste d’exportations chinoises à destination des Etats-Unis. L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) est en passe d’être renégocié, mais le processus piétine, n’est guère concluant et tourne souvent au vinaigre. Parallèlement, le ton ne cesse de monter entre Etats-Unis et la majorité des autres pays du G7.

Vu l’ampleur actuelle du déficit courant des Etats-Unis (voir graphique I, page 04), la focalisation de Donald Trump sur la réduction des déficits commerciaux bilatéraux fera de nombreux pays des cibles, que ce soit parmi ses alliés sur le plan de la sécurité, tels que le Japon et l’Allemagne, ou parmi ses rivaux, à commencer par la Chine, premier pays dans le collimateur de l’administration Trump. Les récriminations américaines portent tant sur l’ampleur de l’excédent commercial chinois vis-à-vis des Etats-Unis (env. USD 350 milliards (mia) en 2017), que sur ses politiques industrielles, y compris le traitement de la propriété intellectuelle et de la technologie américaines.

Les premières salves commerciales entre les Etats-Unis et la Chine seront tirées début juillet. Les Etats-Unis vont imposer des droits de douane de 25% sur environ USD 50 mia d’exportations chinoises, et l’empire du Milieu devrait riposter par des taxes d’une ampleur similaire. La menace d’un second tour de mesures de rétorsion a également été brandie, essentiellement par les Etats-Unis qui, vu le volume global de leurs importations en provenance de Chine (env. USD 500 mia), ont plus de latitude pour une offensive de ce type.

Les conséquences des taxes et droits de douane imposés à une économie s’apparentent à un choc d’offre négatif typique : la production chute et les prix grimpent. Compte tenu du taux d’inflation américain actuel, un tour de vis monétaire n’est pas impossible. Le coût économique direct des taxes annoncées à ce jour est modeste, de l’ordre de 0,1-0,2% du PIB (produit intérieur brut). Vu la vigueur actuelle des échanges économiques mondiaux (voir graphique II, page 04), les mesures prises récemment ne constituent pas un risque majeur pour l’économie mondiale. La facture pourrait toutefois s’alourdir à l’avenir, par exemple si les taxes que le locataire de la Maison Blanche a menacé d’imposer sur USD 200 mia d’importations chinoises supplémentaires ou des droits de douane généralisés sur les importations d’automobiles venaient à se concrétiser (voir graphique III, page 04).

Pour les marchés financiers toute pression exercée sur les marges des entreprises constituerait une source d’inquiétude, de même que des perturbations plus générales de la marche des affaires – effritement des chaînes d’approvisionnement mondiales par exemple. L’impact pourrait être amplifié par les effets secondaires du bras de fer commercial : détérioration du climat des affaires et des intentions d’investissements productifs, ou possible vague d’aversion au risque qui pèserait à son tour sur l’environnement financier.

Les acteurs du marché relativisent avec des facteurs atténuants tels que l’opposition des milieux des affaires américains (même au sein du Parti républicain) aux mesures protectionnistes et la sensibilité de l’administration Trump aux réactions négatives du marché. A notre sens, le scénario central le plus raisonnable est le suivant : les tensions commerciales devraient rester circonscrites et les intérêts économiques de toutes les parties empêcher l’éclatement d’une guerre commerciale ouverte. Cela dit, au vu des derniers développements et des enjeux, une guerre commerciale est un risque dont les investisseurs devront désormais tenir compte dans leurs analyses de scénarios.

Remarque : sauf indication contraire, les données mentionnées dans cette publication sont basées sur les sources suivantes : Datastream, Bloomberg, calculs Lombard Odier.

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