Comment la prochaine révolution économique va changer le visage de l’investissement

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Comment la prochaine révolution économique va changer le visage de l’investissement

Selon Hubert Keller, Associé-gérant de Lombard Odier, la soutenabilité va devenir le principal moteur de rendement des investissements. Tandis qu’elle continue de s’accélérer, la transition vers un modèle économique circulaire, allégé, inclusif et propre distingue de plus en plus clairement les entreprises qui en sortiront gagnantes et celles qui en sortiront perdantes. De la même façon qu’Internet a radicalement changé nos vies, révolutionné les industries et créé certaines des entreprises les plus fortement capitalisées du monde, la Révolution de la Soutenabilité concernera toutes les entreprises, toutes les industries et tous les secteurs. Cette Révolution, affirme Hubert Keller, créera davantage d’opportunités d’investissement que la révolution industrielle, tout en se produisant à la vitesse de la révolution numérique.

 

Lors de l’événement « The Future of Finance » organisé par Bloomberg, Hubert Keller a déclaré, dans son discours consacré au repositionnement du secteur de l’investissement, que concentrer l’investissement sur la soutenabilité était une question d’arithmétique et pas uniquement de morale ou d’éthique.

(...) concentrer l’investissement sur la soutenabilité est une question d’arithmétique et pas uniquement de morale ou d’éthique.

« Nous pensons que la transition vers un modèle économique soutenable est fermement engagée, qu’elle s’accélère et qu’elle modifie fondamentalement notre univers d’investissement », a précisé notre Associé-gérant, qui est également CEO de Lombard Odier Investment Managers (LOIM).

« Comme toutes les autres révolutions industrielles, elle créera un large éventail d’opportunités d’investissement mais aussi d’importants risques. Notre rôle en tant que société d’investissement est d’aider nos clients à gérer ces risques et à tirer parti de ces opportunités. »

Dans son discours « Repositionnement du secteur de l’investissement », Hubert Keller souligne l’importance que revêt la soutenabilité pour l’investissement dans un contexte où la croissance démographique effrénée prive le modèle économique traditionnel de tout avenir. « Ce modèle, qui fonctionnait dans les années 1970, lorsque la population mondiale était de 4 milliards d’êtres humains, atteint clairement ses limites », dit-il.

Comme toutes les autres révolutions industrielles, la Révolution de la Soutenabilité créera un large éventail d’opportunités d’investissement mais aussi d’importants risques.

« Notre modèle de croissance repose essentiellement sur toujours plus de consommation, plus d’extraction de ressources, plus de pollution, plus de déchets et, en fin de compte, sur une polarisation accrue des sociétés avec, d’un côté, ceux qui bénéficient de la croissance et, de l’autre, ceux qui n’en bénéficient pas. Dans un monde qui compte près de 8 milliards de personnes et en comptera bientôt 10 milliards, ce modèle laisse une empreinte négative disproportionnée sur l’environnement et la société – une réalité dont les entreprises prennent de plus en plus conscience », explique Hubert Keller.

« La bonne nouvelle, c’est que la transition vers un modèle économique plus soutenable est déjà amorcée. Ce modèle repose sur le concept du « découplage » et il nous conduira vers une économie circulaire, allégée, inclusive et propre (Circular, Lean, Inclusive and Clean), vers ce que nous appelons l’économie ‘CLIC’ », ajoute Hubert Keller avant de citer quatre catalyseurs puissants de la Révolution de la Soutenabilité qui nous contraignent à repenser en profondeur de nombreuses normes établies : la réglementation, le changement de comportement des consommateurs, l’innovation technologique et les investisseurs.

(...) nous avons amorcé la transition vers un modèle économique plus soutenable. Ce modèle s’appuie sur le concept du « découplage ».

Ces catalyseurs exercent déjà un impact significatif sur le monde des affaires. « Les entreprises doivent par exemple réfléchir à la façon dont elles fonctionneront dans un cadre réglementaire axé sur l’objectif de zéro émission nette. La limitation de la consommation de combustibles fossiles se traduira par des milliers de milliards d’actifs échoués dans les bilans des entreprises », prévient Hubert Keller. « De même, le passage aux voitures électriques implique une réorganisation fondamentale de nombreux secteurs, et toute entreprise impliquée dans la commercialisation d’eau en bouteille ou d’autres biens de consommation utilisant des emballages plastiques devra rapidement établir une stratégie de transition. »

Le monde de l’entreprise se divise déjà en deux types d’entreprises – que nous appelons les Aigles et les Autruches.

« Les Aigles sont des entreprises qui ont la clairvoyance et l’agilité nécessaires pour ajuster leurs modèles d’affaires ou en inventer de nouveaux afin de garantir la pérennité de leurs bénéfices et de leurs finances », explique-t-il.

« Pour nous, les Aigles sont des entreprises qui tiennent d’ores et déjà compte de multiples facteurs, et dont la finalité n’est plus uniquement le profit, mais aussi les personnes et la planète. Dans cet environnement, nous croyons fermement que les Aigles vont surperformer le marché. »

Dans cet environnement, nous croyons fermement que les Aigles vont surperformer le marché.

« L’une des caractéristiques proverbiales de l’autruche est qu’elle passe une bonne partie de la journée la tête enfouie dans le sable. Les Autruches sont des entreprises qui soit ignorent cette transition, soit sont dans le déni face aux défis de soutenabilité qui les attendent ou à la rapidité à laquelle elles doivent réagir. Elles voient dans la soutenabilité un simple exercice de cases à cocher ou une question d’image de marque aux implications financières limitées. Elles maintiennent un modèle d’affaires qui sera de plus en plus fortement remis en question et risque d’être perturbé par de nouvelles technologies. De même, leurs produits pourraient être remplacés par des alternatives meilleures et plus propres. Nous voulons éviter les Autruches et investir dans les Aigles », dit Hubert Keller.

Les Autruches ignorent cette transition, ou sont dans le déni face aux défis de soutenabilité qui les attendent ou à la rapidité à laquelle elles doivent réagir. Elles voient dans la soutenabilité un simple exercice de cases à cocher ou une question d’image de marque aux implications financières limitées.

Selon différentes études, plus de 30’000 milliards d’USD d’actifs sont aujourd’hui investis en intégrant une certaine forme de soutenabilité. « Nous manquons de définitions et de normes claires concernant l’intégration de la notion de ‘sustainability’ dans la gestion de portefeuilles. En réalité, ces investissements reposent sur des approches très différentes, et intègrent des accents plus ou moins prononcés sur la soutenabilité », ajoute-t-il.

Selon différentes études, plus de 30’000 milliards d’USD d’actifs sont aujourd’hui investis en intégrant une certaine forme de soutenabilité.

Lombard Odier considère que le monde de l’investissement soutenable comporte deux grandes catégories de stratégies : celles qui intègrent la soutenabilité dans le processus de sélection de titres et celles qui placent la soutenabilité au cœur de la stratégie.

Seule une petite partie du secteur a commencé à investir en faisant de la soutenabilité la conviction fondamentale – c’est-à-dire en faisant de la soutenabilité le principal moteur du risque et du rendement au sein du portefeuille. Dans une certaine mesure, cela s’explique par le fait qu’une telle stratégie exige de s’éloigner des approches passives ou à faible erreur de suivi, notamment en raison des limitations imposées par les indices de référence. « Lorsque la soutenabilité constitue la conviction centrale, il est également important de faire la distinction entre les entreprises qui sont en transition et celles qui apportent des solutions immédiates aux problèmes de développement soutenable. Ces dernières constitueront le terrain de chasse naturel pour l’impact investing, qui se concentre généralement sur des entreprises plus petites des marchés publics et privés », explique Hubert Keller.

Lombard Odier a développé son propre cadre environnemental, social et de gouvernance (ESG) afin d’intégrer la soutenabilité dans l’ensemble de sa gamme de produits. Ce modèle comporte deux dimensions.

« La première dimension est le Comment – nous examinons les informations extra-financières pour évaluer les pratiques commerciales. La deuxième dimension est le Quoi. Elle est tout aussi importante, sinon plus, que la dimension du Comment et s’intéresse à ce que l’entreprise crée ainsi qu’à son modèle économique. Pour le Quoi, nous examinons la nature des activités de l’entreprise en vue d’évaluer si elle est bien positionnée pour la transition vers une économie ‘CLIC’ », explique Hubert Keller. « Pour chaque dimension, nous visons également à identifier les critères déterminants de la santé future de l’entreprise – par exemple les facteurs qui pourraient à terme affecter le compte de résultat, le bilan ou les flux de trésorerie. Nous disposons ainsi d’un cadre complet pour prendre des décisions d’investissement et nous engager auprès des entreprises sur des sujets liés à la soutenabilité. »

« Nous sommes intimement convaincus que la soutenabilité sera le vecteur principal des risques et des rendements à l’avenir », conclut Hubert Keller. « Notre rôle en tant que gérants est d’aider nos clients à maîtriser ces risques et à tirer parti des opportunités offertes par la prochaine révolution économique. »

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