Pas de passe-droits pour la Suisse avec l'UE

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Pas de passe-droits pour la Suisse avec l'UE

Samy Chaar - Chef économiste

Samy Chaar

Chef économiste

Article publié dans 24 heures, le 17 septembre, 2018, par Samy Chaar

Négociations Samy Chaar, chef économiste de la Banque Lombard Odier & Cie, livre son analyse sur les négociations commerciales avec l'UE.

Engagée dans des négociations commerciales avec l'Union européenne, la Suisse devra vraisemblablement se plier à la volonté de son principal partenaire économique. «A priori, c'est simple. Soit la Suisse accepte, soit elle n'accepte pas. Il n'y aura pas d'entre-deux», affirme à AWP Samy Chaar, chef économiste de la Banque Lombard Odier & Cie.

Les autorités suisses tentent d'arracher un accord institutionnel à leurs homologues européennes, notamment pour le secteur financier. Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a néanmoins averti qu'il n'y aura pas de négociations en étapes ou d'accord «light». 

Je suis contre le saucissonnage, a-t-il expliqué en interview à la RTS la semaine dernière.

Pas à se plaindre

Samy Chaar comprend ce point de vue. L'économiste rappelle que l'Union européenne prend des décisions à plusieurs. «Il est illusoire de penser que la Suisse peut exiger de changer une règle décidée par 28 Etats qui ne lui convient pas.» Les Britanniques l'ont appris à leurs dépens avec le Brexit. Ils vont finir par accepter les règles européennes et rester proches de l'Union, selon M. Chaar.

Le spécialiste estime par ailleurs que notre pays n'a pas trop à se plaindre de ses relations commerciales avec le partenaire européen. «Les Suisses peuvent s'offusquer, mais il est difficile de se passer de l'UE, qui est la plus grande zone commerciale du monde.»

En 2017, 53% des exportations de marchandises suisses (sans or et monnaie) ont pris la destination de l'Union européenne, pour un volume total de 117,07 milliards de francs, selon les chiffres de l'Administration fédérale des douanes. Les importations en provenance des 28 pays membres ont représenté 132,64 milliards (71% de l'ensemble). La Suisse a ainsi bouclé l'année dernière avec un déficit commercial de 15,57 milliards avec l'UE, plus important que celui de 11,53 milliards en 2016.

«Il est illusoire de penser que la Suisse peut exiger de changer une règle décidée par 28 Etats qui ne lui convient pas.» Les Britanniques l'ont appris à leurs dépens avec le Brexit.

 

Taux négatifs encore en 2019

La bonne santé économique de la Suisse repose notamment sur la tendance conjoncturelle favorable chez nos voisins. Pour 2018, la banque genevoise prévoit une croissance en Suisse de 2,1% et une inflation à 1,0%. Un ralentissement est attendu l'année prochaine. La croissance devrait ainsi se fixer à 1,6% pour une inflation à 1,2%. Pour 2020, les prévisions sont respectivement de 1,5% et 1,5%.

Pour Samy Chaar, le renchérissement en Suisse s'est normalisé puisqu'il atteint actuellement 0,5%, la moyenne des 30 dernières années. La valeur juste du franc face l'euro est estimée entre 1,15 et 1,17. Avec un niveau actuel autour de 1,125, la devise helvétique demeure légèrement surévaluée. Le chef économiste relativise cette situation. «Il y a eu les craintes liées à la crise turque ou au budget italien. Cela n'a pas amené le franc sous les 1,10. La Banque nationale suisse doit s'en féliciter. Le franc tient bien.»

Il y a eu les craintes liées à la crise turque ou au budget italien. Cela n'a pas amené le franc sous les 1,10. La Banque nationale suisse doit s'en féliciter. Le franc tient bien.

Lombard Odier prévoit ainsi une remontée des taux par paliers dès septembre 2019, dans le sillage des probables hausses de la Banque centrale européenne. Les taux négatifs resteront toutefois encore de mise toute l'année prochaine en Suisse. L'établissement genevois table sur un taux de 0,25% à fin 2020.

Cette augmentation progressive ne devrait pas causer de choc sur le marché hypothécaire helvétique. «Le taux sont très bas aujourd'hui. Je pense que le système peut supporter 1% en plus», souligne Samy Chaar. Pour ce dernier, la BNS ne pourra pas remonter les taux d'intérêts au-delà de 1% avant que le prochain ralentissement conjoncturel mondial n'intervienne. 

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