Inégalités, populisme et indépendance des banques centrales.

global perspectives

Inégalités, populisme et indépendance des banques centrales.

Salman Ahmed, PhD - Chief Investment Strategist

Salman Ahmed, PhD

Chief Investment Strategist
Charles St-Arnaud - Senior Investment Strategist

Charles St-Arnaud

Senior Investment Strategist

Le populisme progresse, nourri par la montée des inégalités, et continue de façonner les choix politiques dans plusieurs grandes économies. Certains pensent que les choix politiques faits par les banques centrales à la suite de la crise financière mondiale ont fortement contribué à creuser l’écart entre les « nantis » et les « démunis », dans la mesure où la hausse des prix des actifs a été un vecteur clé de la politique monétaire.

 

L’ex-président de la Fed, Ben Bernanke, en particulier a écrit sur ce sujet et, de manière prévisible, il a défendu la ligne politique adoptée il y a 10 ans. Il défend la thèse que les effets sur les inégalités ne sont pas évidents. De même, une étude récente de la BCE concluait que le rachat massif d’actifs a contribué à réduire les inégalités en soutenant la croissance de l’emploi. Néanmoins, ce sujet a été largement débattu, surtout après que la thèse bien argumentée de Thomas Piketty ait montré que, contrairement aux idées reçues, les économies développées ne gravitent pas automatiquement vers des sociétés plus égalitaires.

Un effet collatéral important du populisme croissant et de son attractivité a été, de notre point de vue, la rhétorique agressive adoptée par les gouvernements à propos de la détermination des politiques des banques centrales. Ce phénomène est apparu d’abord dans la zone euro suite à la crise de 2011/12, et semble à présent plus répandu. Le président Trump a récemment critiqué la politique de la Réserve Fédérale, rompant avec les usages de la présidence. Même dans les marchés émergents, l’indépendance des banques centrales est sous pression. En Inde, il y a un conflit sévère entre la Réserve fédérale indienne (RBI) et le gouvernement, et dans des pays comme la Turquie, l’indépendance est un lointain souvenir.

De notre point de vue, la politique monétaire devra être sensible aux facteurs qui attisent le populisme, et accepter que la politique monétaire a un impact sur les inégalités. Même si les décideurs en matière de politique monétaire peuvent à juste titre prétendre que la redistribution de la richesse n’est pas de leur ressort, les conséquences politiques que peut entraîner le populisme, attisé par les inégalités, influent fortement sur le fonctionnement du régime de politique monétaire. L’indépendance des banques centrales a été un thème dominant au cours des 30 dernières années, mais au vu du développement du populisme et du scepticisme croissant envers les institutions dirigées par des experts, nous pensons que le pic d’indépendance des banques centrales en matière de choix politiques dans les pays développés est derrière nous.

Voyez, par exemple, la montée du populisme évidente en Allemagne. Elle conditionne à présent les choix politiques et pourrait influer sur le choix du prochain président de la BCE. Et aux États-Unis, il est tout-à-fait envisageable que les tensions entre le président et la Réserve fédérale s’exaspèrent en cas de ralentissement de l’économie US. Alors qu’un Congrès divisé limite l’ampleur des nouvelles dépenses ou réductions d’impôts de l’exécutif, la pression publique va commencer à s’exercer sur la politique monétaire, en particulier sur le niveau des taux d’intérêt.

D’une manière générale, le populisme continuant à gagner du terrain, et le soutien au multilatéralisme et à la mondialisation faiblissant, nous pensons que les banques centrales doivent remettre en question leur focalisation étroite sur l’inflation, et, dans le cas de la Réserve fédérale, le chômage, en tant que seule raison d’être. Ceci présente des similitudes évidentes avec le mouvement de réévaluation, dans l’industrie de l’investissement, de la manière dont les défis de soutenabilité globale, y compris les inégalités croissantes, affectent la manière de gérer et d’évaluer les actifs.

Télécharger le Global Outlook 2019.

important information.

This communication was prepared by Lombard Odier Asset Management (Europe) Limited. The information contained in this communication does not take into account any individual’s specific circumstances, objectives or needs and does not constitute research or that any investment strategy is suitable or appropriate to individual circumstances or that any investment or strategy constitutes a personal investment advice to any investor. This communication is not intended to substitute any professional advice on investment in financial products. Investors should take care to assess the suitability of such investment to his/her particular risk profile and circumstances and, where necessary, obtain independent professional advice in respect of risks, as well as any legal, regulatory, credit, tax, and accounting consequences. The information and analysis contained herein are based on sources considered reliable. Lombard Odier makes its best efforts to ensure the timeliness, accuracy, and completeness of the information contained in this communication. 

Nevertheless, all information and opinions, as well as the prices, market valuations and calculations indicated herein, may change without notice. Source of the figures: Unless otherwise stated, figures are prepared by Lombard Odier Asset Management (Europe) Limited. The tax treatment depends on the individual circumstances of each client and may be subject to change in the future. Lombard Odier does not provide tax advice and it is up to each investor to consult with its own tax advisors. 

European Union Members: This communication has been approved for issue by Lombard Odier (Europe) S.A. The entity is a credit institution authorized and regulated by the Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) in Luxembourg. Lombard Odier (Europe) S.A. branches are operating in the following territories: France: Lombard Odier (Europe). S.A. Succursale en France, a credit institution under limited supervision in France by the Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) and by the Autorité des marchés financiers(AMF) in respect of its investment services activities; Spain: Lombard Odier (Europe) S.A. Sucursal en España, Lombard Odier Gestión (España) S.G.I.I.C., S.A.U., credit institutions under limited supervision in Spain by the Banco de España and the Comisión Nacional del Mercado de Valores (CNMV). 

United States: Neither this document nor any copy thereof may be sent, taken into, or distributed in the United States or given to any US person. 
This communication may not be reproduced (in whole or in part), transmitted, modified, or used for any public or commercial purpose without the prior written permission of Lombard Odier. 

© 2018 Lombard Odier Investment Managers – all rights reserved.