Carpenters Workshop Gallery et la banque suisse Lombard Odier partenaires à l’occasion de la Biennale de Venise

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Carpenters Workshop Gallery et la banque suisse Lombard Odier partenaires à l’occasion de la Biennale de Venise

Article publié dans FORBES, le 13 mai 2019

La semaine dernière, lors des avants-premières de la Biennale de Venise, une élégante soirée cocktail a eu lieu à la Galleria Giorgio Franchetti à la Ca’ D’Oro. Ce palais de style gothique tardif bordant le Grand Canal détient une importante collection d’art médiéval appartenant au baron Giorgio Franchetti. Dans cet édifice, la Carpenters Workshop Gallery, une galerie d’art et de design internationale implantée à Londres, Paris, New York et San Francisco, a lancé un défi à plusieurs de ses artistes, dont Nacho Carbonell, Random International, Maarten Baas, les jumeaux Verhoeven, Wendell Castle, Michèle Lamy, Virgil, Abloh, Rick Owens, etc. : ajouter leur touche contemporaine en y installant leurs propres créations dans le but de les faire dialoguer entre elles, mais aussi avec les œuvres médiévales et l’architecture ornementée du palais. Si l’exposition Dysfunctional, à visiter jusqu’au 24 novembre, a pu voir le jour, c’est notamment grâce à Lombard Odier, une banque privée familiale suisse fondée en 1796.
 

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Pourquoi donc une banque suisse s’associerait-elle à une grande galerie d’art et design ? De prime abord, un partenariat entre une banque suisse et une galerie d’art et de design peut surprendre. Pour Lombard Odier et la Carpenters Workshop Gallery, c’était une évidence. Il est né suite à des échanges il y a environ trois ans, lors de la Biennale de Venise 2017. « Lorsque Loïc [Le Gaillard, co-fondateur du la Carpenters Workshop Gallery] a suggéré l’idée, présenté sa vision, nous avons tout de suite adhéré au projet et voulu en être. La démarche n’a rien de surprenant : nous avons affaire à de véritables penseurs et notre banque, quant à elle, s’efforce de tout repenser. Or c’est bien la vocation des collections de design artistique » a expliqué Fabio Mancone, Chief Branding Officer chez Lombard Odier, alors que nous étions assis sur une chaise longue signée Owens.

« Lorsque Loïc Le Gaillard a suggéré l’idée, nous avons tout de suite adhéré au projet et voulu en être. La démarche n’a rien de surprenant : nous avons affaire à de véritables penseurs et notre banque, quant à elle, s’efforce de tout repenser. Or c’est bien la vocation des collections de design artistique » a expliqué Fabio Mancone.

Ce partenariat ne saurait toutefois être qualifié de parrainage. Fabio Mancone insiste bien : il ne s’agit pas d’un parrainage. Dans un parrainage, « vous prenez votre nom de marque, vous l’apposez à quelque chose et vous invitez des clients », a-t-il poursuivi. « Or notre intention était vraiment d’unir notre vision et nos valeurs communes, puis de les transmettre aux clients d’une manière intelligible. Nous avons les mêmes clients, notamment des clients fortunés amateurs d’art, qui aiment collectionner. Et nous avons des clients fortunés qui aiment investir. Les motivations sont semblables.  Nous voulions donc créer quelque chose qui résonne chez eux. »

« Notre intention était vraiment d’unir notre vision et nos valeurs communes, puis de les transmettre aux clients d’une manière intelligible », a partagé Fabio Mancone.

La Carpenters Workshop Gallery avait l’opportunité de travailler avec d’autres partenaires, mais ils ont choisi Lombard Odier. « Comme tout bon projet, et comme tous bons partenaires, nous n’avions pas seulement besoin d’argent, nous avions besoin d’argent utilisé intelligemment. Il nous fallait plus qu’un partenaire qui puisse nous aider financièrement : un partenaire qui soit disposé à s’asseoir à la table des discussions, y mettre du sien, soumettre de nouvelles idées et nous remettre en question, pour garantir que cette démarche commune évoluerait et s’améliorerait », explique Loïc Le Gaillard.

Il nous fallait plus qu’un partenaire qui puisse nous aider financièrement : un partenaire qui soit disposé à s’asseoir à la table des discussions, y mettre du sien, soumettre de nouvelles idées et nous remettre en question, pour garantir que cette démarche commune évoluerait et s’améliorerait », explique Loïc Le Gaillard.

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Fabio Mancone, Chief Branding Officer, Lombard Odier

Selon Loïc Le Gaillard, la Carpenters Workshop Gallery a intitulé l’exposition Dysfunctional parce que sa vocation était de mettre en lumière des questions de fond : « Qu’est-ce que la fonction ? Qu’est-ce que l’absence de fonction ? Ce qui est dysfonctionnel nous conduit-il à l’essence l’art ? Qu’est-ce qui n’est pas de l’art ? Où l’art commence-t-il ? Où finit-il ? » Pendant la phase d’organisation de Dysfunctional, le marchand d’art n’a eu qu’une seule exigence vis-à-vis de ses artistes et designers : « Eblouissez-moi. » Et ils se sont brillamment exécutés. Lorsque l’on entre dans le palais, on tombe sur un lustre de Carbonell intitulé « Inside a Forest Cloud », un amalgame illuminé de nuages et d’arbres encadré par les colonnes corinthiennes de l’édifice et son magnifique sol carrelé.

A l’étage suivant, des centaines de petits miroirs automatisés au sol entourent les sculptures médiévales de la galerie, suivant le visiteur de l’exposition. « Cette œuvre est née de la volonté d’imiter le comportement humain de la manière la plus minimaliste possible, à l’aide de petites têtes mécaniques qui ne peuvent faire que ce que les têtes humaines peuvent faire », commente Hannes Koch, l’un des membres du collectif de design Random International, qui a créé l’installation.

Une grande partie des œuvres exposées abordent les enjeux environnementaux et sociaux du monde d’aujourd’hui.

Une grande partie des œuvres exposées abordent les enjeux environnementaux et sociaux du monde d’aujourd’hui. Sur un balcon à proximité, l’artiste éclectique Virgil Abloh interroge sur l’avenir de Venise et la montée des eaux à travers une série de chaises, bancs et lampes appelée « Acqua Alta » qui donnent l’impression de couler. Dans une autre pièce, le visiteur pourra admirer « Tide Colour » de Stuart Haygarth, un lustre en forme de sphère composés d’objets plastiques colorés que le designer a trouvés sur les côtes de son Angleterre natale. Les frères Campana ont créé une installation à partir de matériaux durables comme le raphia et les feuilles de palmier séchées des forêts brésiliennes, leur pays d’origine. Michèle Lamy a accroché une série de punching-balls créés par différents artistes et qui poussent à une réflexion sur la vie dans une installation de boxe appelée « What Are We Fighting For ? ».

Au balcon du deuxième niveau, une série de bulles de verre iridescentes a été installée par les Verhoeven Twins. Il leur a fallu sept ans pour mettre au point le processus permettant de réaliser des groupes parfaits de sphères en verre qui évoquent le plaisir enfantin de jouer avec des bulles. « Derrière ce sourire, ce moment de joie, il y a donc beaucoup de science », explique Jeroen Verhoeven. Au rez-de-chaussée, Studio Drift a créé un cadre lumineux ornant le tableau « Saint Sébastien » peint en 1506 par Andrea Mantegna.

« Nous abolissons les frontières parce que je pense que nous sommes en train de redéfinir notre façon d’aborder l’art aujourd’hui », précise Loïc Le Gaillard, qui a laissé entendre avec Fabio Mancone que Dysfunctional pourrait bien être la première d’une série de collaborations entre la Carpenters Workshop Gallery et Lombard Odier.