Création de Lombard Odier

choix délibéré ou nécessité ?

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Depuis le Moyen Age, Genève bénéficie de l’atout que lui offre sa position géographique, idéalement située pour le commerce à travers les Alpes. Les importantes foires commerciales attirent des banquiers et commerçants de toute l’Europe. Pour cette raison, au XVe siècle, la fameuse Banque des Médicis ouvre, après Florence et Avignon, une succursale à Genève. Entourée par la Savoie, la France, l’Autriche et la Suisse, la cité lémanique, république indépendante depuis 1535, joue habilement de ses pouvoirs et gagne ainsi une renommée internationale grâce aux foires commerciales, aussi réputées, à cette époque, que celles de Lyon ou de Bruges.

Quand Genève se convertit aux principes de Jean Calvin et devient protestante en 1536, un flux de protestants s’y installe, fuyant les persécutions religieuses dont ils font l’objet. Italiens (dont la famille Lombard), néerlandais et anglais ; ce sont des commerçants et artisans qualifiés qui s’intègrent rapidement à la vie genevoise.  Après la révocation de l’Edit de Nantes  en 1685, une immense vague de réfugiés s’établit à Genève. On dénombre alors quatre mille Huguenots français (dont la famille Odier de Valence).

C’est au cours du XVIIIe siècle que ces Huguenots deviennent la première génération de banquiers genevois. En effet, en ce temps-là, la soif de conquête et de gloire de Louis XIV ruine l’Etat français. Ironie suprême de l’histoire ! Le Roi Soleil, à court de moyens pour remplir les caisses de l’Etat, se tourne vers ces mêmes Huguenots, qu’il avait persécutés sans pitié pour payer ses armées en Italie et dans le Sud de l’Allemagne.  Ces accords permettent la montée en puissance de banquiers tels les Mallet, Lullins et Gallatins – bâtisseurs des magnifiques hôtels particuliers qui dessinent la ville de Genève. Cependant, moins de cent ans plus tard, la Révolution française de 1789 marquera la fin brutale de cette période florissante. Avec tout leur patrimoine investi en prêts à la Monarchie et à l’aristocratie française, les puissants banquiers sont ruinés. Par ailleurs, la Révolution  n’arrête pas là sa course folle, elle met fin aux exportations traditionnelles -  notamment de la soie, des produits de luxe et du coton imprimé - et les potentiels acquéreurs sont décédés, emprisonnés ou exilés.

C’est dans ce contexte difficile , avec la première génération de banquiers en faillite et le commerce traditionnel souffrant d’une crise sans précédent, qu’en 1796, Henri Hentsch crée la banque Hentsch & Cie. Il est rejoint 2 ans plus tard par Jean Gédéon Lombard. La banque est alors renommée Henri Hentsch & Lombard. Est-ce le fruit d’un choix délibéré ou une nécessité pour trouver de nouvelles opportunités d’affaires ?

Choix ou nécessité ? Nous ne le saurons jamais. Ce que nous savons, est que nos fondateurs ont en commun un sens inné du négoce, une habilité à gérer de l’argent et une foi profonde qui prend racine dans la culture protestante. Ils partagent les valeurs fondamentales de travail acharné, de curiosité et d’ouverture d’esprit. En constituant une banque indépendante, dont les revenus proviennent exclusivement des commissions de la clientèle, ils créent l’une des premières innovations de notre longue histoire.

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Alexandre Lombard

Une approche d'investissement prudente fait partie de notre ADN depuis nos origines :
"Le marché de Londres a été secoué par de catastrophiques banqueroutes. […] C’est dans des temps comme ceux que nous vivons que l’on est heureux d’avoir agi avec modération. Pour le bien de tous, je souhaiterais juste que nous ayons agi plus précautionneusement encore."
Alexandre Lombard, journal, 20 septembre 1847.